Rechercher
Rechercher

Économie - Pénurie d'électricité

Importation de gaz égyptien : la Syrie, l’Égypte et la Jordanie s'entendent pour aider le Liban

Le ministre Ghajar espère que ce carburant permettra la production de 450 MW de courant supplémentaire.

Importation de gaz égyptien : la Syrie, l’Égypte et la Jordanie s'entendent pour aider le Liban

Un quartier de Beyrouth entièrement plongé dans le noir en raison de la crise de l'électricité, en août 2021. Photo JOAO SOUSA

Les ministres de l'Energie jordanien, égyptien, syrien et libanais se sont entendus mercredi sur une feuille de route pour acheminer du gaz égyptien vers le Liban via la Syrie et la Jordanie, lors d'une réunion à Amman. Les quatre ministres se sont ainsi mis d'accord sur un "plan de travail" concernant la préparation des infrastructures nécessaires à ce projet et la révision d'accords nécessaires à sa mise en place. Cette réunion fait suite à une rencontre organisée samedi à Damas entre les responsables syriens et libanais, et devrait être suivie de nouveaux entretiens concernant les aspects techniques de cette initiative et notamment la remise en état du réseau syrien, lourdement endommagé ces dix dernières années. 

Avec le feu vert exceptionnel des Etats-Unis, le Liban essaie d'obtenir - via les infrastructures syriennes - du gaz égyptien et de l'électricité venue de Jordanie, malgré les sanctions américaines imposées au régime de Bachar el-Assad. L'annonce selon laquelle Washington parraine cette initiative et négocie avec la Banque mondiale pour sécuriser les financements nécessaires avait été faite mi-août par l'ambassadrice américaine à Beyrouth, Dorothy Shea, quelques heures à peine après des déclarations faites par le Hezbollah concernant l'importation de carburant iranien à partir de l'Iran, bête noire des Etats-Unis.

Lors d'une conférence de presse à l'issue de cette réunion quadripartite, la ministre jordanienne de l'Energie et des ressources minérales, Hala Zawati, a souligné, selon des propos rapportés par les sites d'informations jordaniens Roya News et al-Ghad, que l'objectif de la réunion était de discuter de la "réinjection" de gaz naturel égyptien au Liban "après une interruption de dix ans". "Les quatre parties présentes ont mis sur pied un plan de travail concernant les infrastructures nécessaires" à ce projet et les préparatifs relatifs à cette question devraient prendre trois semaines, a-t-elle ajouté. Les infrastructures "sont quasiment prêtes, mais il y a des réparations" à prévoir, a-t-elle assuré, ajoutant par ailleurs que "la réhabilitation des lignes électriques endommagées (en Syrie) nécessiter(ait) plusieurs mois". Elle a annoncé que de nouvelles réunions quadripartites seront organisées "prochainement" pour préparer des accords nécessaires à l'approvisionnement du Liban en électricité provenant de Jordanie. "Tous les efforts sont déployés pour aider le Liban à faire face aux défis que connaît actuellement le secteur de l'énergie, a-t-elle assuré, soulignant que cette volonté de venir en aide au pays du Cèdre émanait directement du roi Abdallah. 

450 mégaWatts
Le ministre libanais Raymond Ghajar a déclaré pour sa part que des secteurs essentiels au Liban, "et surtout celui de l'électricité" avait "urgemment besoin" de soutien. "Une seule centrale est équipée pour fonctionner au gaz", a-t-il rappelé, estimant que l'importation de gaz naturel pourrait permettre de produire "près de 450 mégaWatts" de courant, ce qui nécessiterait selon lui 600 millions de mètres cubes de gaz. Il a précisé que le Liban "travaille avec la Banque mondiale pour assurer les ressources financières nécessaires pour couvrir les frais des importations énergétiques de l'Egypte".

Son homologue syrien Bassam Tohmé a assuré que "la ligne de gaz arabe" reliant la Syrie à la Jordanie était "prête (...) malgré le fait qu'elle ait été prise pour cible" par des rebelles opposés au pouvoir de Damas. Il a ajouté que les infrastructures qui "ont été endommagées par des actes terroristes" nécessitaient d'être "inspectées" afin de pouvoir être remises en état de fonctionnement. La "ligne de gaz arabe" - un gazoduc - ainsi que la ligne électrique reliant l'Egypte, la Jordanie et la Syrie ont été sérieusement endommagées par le conflit syrien déclenché en 2011. En août 2020, une explosion, qualifiée d'"acte terroriste" par Damas, avait visé le gazoduc.

De son côté, le ministre égyptien du Pétrole et des Ressources minières, Tarek el-Molla, a souligné, selon des propos cités par Al-Mamlaka TV, que les parties s'étaient "mises d'accord" pour préparer les infrastructures nécessaires à l'arrivée du gaz égyptien au Liban. "Certains articles du contrat établi précédemment" à ce sujet "doivent être passés en revue", a-t-il poursuivi, affirmant que tout devrait être arrangé d'ici "les prochaines semaines" afin que les importations de gaz puissent commencer "le plus tôt possible".

Lire aussi

Visite ministérielle en Syrie : Damas « accepte d’aider le Liban »

Samedi, une délégation officielle libanaise avait effectué une visite en Syrie, la première du genre depuis dix ans, alors que la normalisation des relations entre Beyrouth et le régime Assad continue de diviser la classe politique, surtout depuis le début de la guerre en Syrie en 2011. Le gouvernement syrien a affirmé à cette délégation qu'il allait aider le Liban en crise en autorisant le transit sur son territoire de ses importations en gaz et en électricité. Raymond Ghajar avait dans ce cadre annoncé que la réunion quadripartite prévue à ce sujet à Amman aurait notamment pour but d'établir un plan de travail et un calendrier pour cette initiative. Plusieurs questions d'ordre logistique devront en effet être résolues pour que ce projet voit le jour. Dans une Syrie aux infrastructures ravagées par le conflit déclenché en 2011, des travaux seront nécessaires pour permettre l'acheminement des importations énergétiques, depuis la Jordanie voisine et en passant par la mer Rouge pour le gaz égyptien.

Le Liban souffre de sévères pénuries, notamment en carburants, qui paralysent ses secteurs vitaux, et continue de s'enliser dans la pire crise économique et financière de son histoire contemporaine. De longues heures de rationnement du courant électrique sont imposées tandis que les responsables semblent incapables de résoudre la crise.

Les ministres de l'Energie jordanien, égyptien, syrien et libanais se sont entendus mercredi sur une feuille de route pour acheminer du gaz égyptien vers le Liban via la Syrie et la Jordanie, lors d'une réunion à Amman. Les quatre ministres se sont ainsi mis d'accord sur un "plan de travail" concernant la préparation des infrastructures nécessaires à ce projet et la révision d'accords...
commentaires (4)

Le problème n’a jamais été d’obtenir du haz ni du pétrole, mais de le payer… donc le problème reste toujours entier, sauf que maintenant on lui a greffé un autre problème inédit, celui de l’acheminer vers le Liban à travers les installations en ruines de l’ennemi Syrien…

Gros Gnon

20 h 28, le 08 septembre 2021

Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • Le problème n’a jamais été d’obtenir du haz ni du pétrole, mais de le payer… donc le problème reste toujours entier, sauf que maintenant on lui a greffé un autre problème inédit, celui de l’acheminer vers le Liban à travers les installations en ruines de l’ennemi Syrien…

    Gros Gnon

    20 h 28, le 08 septembre 2021

  • ET SI ON OUBLIAIT POUR UN INSTANT LA CAUSE PALESTINIENNE ET ON DEMANDAIT A ISRAEL UN PEU D'ELECTRICITE, CELA SERA SUREMENT PLUS FACILE QUE DE REPARER LES INFRASTRUCTURE DE LA SYRIE POUR ACHEMINER LE GAZ DEPUIS L'EGYPTE LA VERITE: UN JOUR OU L'AUTRE LE LIBAN DEVRA SUIVRE LES EMIRATS ARABES ( L'EGYPT, LA JORDANIE LE MAROC LE SOUDAN ET BAHREIN ET EN FINIR AVEC CETTE GUERRE ABSURDE QUE NOUS IMPOSE NASRALLAH . LE PLUS VITE LE MIEUX POUR LE LIBAN ET TOUS LES LIBANAIS

    LA VERITE

    17 h 03, le 08 septembre 2021

  • Très prometteur... mais pour quand, puisque les infrastructures nécessitent des réparations? D'ici là, que se passera-t-il? Noirceur absolue au sens propre et au sens figuré (communications par nos dirigeants)

    Christian Samman

    14 h 31, le 08 septembre 2021

  • mW avec “m” minuscule, c’est plutôt milli-Watts. Faudra plutôt écrire MW.

    Adel Chehade

    13 h 44, le 08 septembre 2021

Retour en haut