Lors de la conférence de presse du ministre sortant de l’Éducation, Tarek Majzoub. Photo ministère de l’Éducation
« La force du Liban réside dans son éducation. Et la décision de reprendre les cours en présentiel a été prise, car il y va de l’avenir des élèves », a souligné M. Majzoub dans son allocution, en réponse à ses détracteurs qui le critiquent vertement, invoquant les risques de contaminations au Covid-19, l’impact de la pénurie de carburant ou d’autres considérations politiciennes. Le ministre n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler « le succès » des récentes épreuves du baccalauréat, qui a redonné aux élèves « espoir et joie ». L’occasion pour lui de saluer les efforts des élèves, des enseignants et des chefs d’établissement du secteur public. Il a aussi regretté que le secteur éducatif ne bénéficie pas du soutien de l’État. « Le système politique au Liban n’a jamais accordé la priorité à l’éducation et à l’enseignement supérieur, ni même l’attention qu’ils méritent », a-t-il déploré, rappelant les deux années de fermeture totale du secteur pour cause de pandémie, alors que d’autres secteurs moins prioritaires étaient, eux, soutenus par l’État.
Mesures sanitaires et tests PCR
« Il est interdit de fermer les écoles », a martelé Tarek Majzoub, dans une mise en garde contre toute décision d’empêcher la rentrée scolaire en présentiel. Une rentrée également valable pour les universités et les instituts techniques. Partant de cet impératif, l’enseignement au public et au privé sera délivré « sur base des programmes préparés par le CRDP » (Centre de recherche et de développement pédagogiques), avec pour objectif d’accomplir « au minimum 18 semaines d’enseignement », a expliqué le ministre. Soit la moitié d’une année scolaire normale en France. Force est de prendre en considération « les conditions exceptionnelles du pays ». Autrement dit la crise politique, la pénurie de carburant... Dans ce cadre, les cours seront donnés en présentiel « quatre jours par semaine ». Quant au cinquième jour, il sera consacré au « rattrapage en distancié, car nombre d’élèves ont accumulé des lacunes au cours des deux années précédentes ». Une façon aussi pour l’Éducation nationale d’assurer un horaire complet à ses enseignants contractuels.
Cela dit, Tarek Majzoub a énoncé une série de mesures pour un « bon » déroulement de l’année scolaire, alors que le Liban se noie dans la crise et qu’une résurgence de la pandémie n’est pas à écarter. « Le ministère de l’Éducation a fait son devoir envers la famille éducative qui subit la crise, parents d’élèves, enseignants, fonctionnaires et institutions », a-t-il assuré à ce propos. Des mesures sanitaires seront donc prises en coordination avec la Croix-Rouge libanaise et le ministère de la Santé, pour prévenir contre le Covid-19 et agir en cas de transmission, comme l’adoption d’une plateforme électronique et d’une ligne verte, et la mise à disposition de tests PCR. Des mesures économiques aussi, comme la distribution gratuite de fournitures aux élèves de l’école publique de base (primaire et complémentaire), de manuels scolaires à tous les élèves du public, sans oublier une version électronique qui sera accessible à tous les élèves du privé et du public. « Des donations commencent à nous parvenir parmi lesquelles 60 000 tablettes électroniques destinées aux écoles publiques. Prochainement, nous recevrons 8 000 ordinateurs portables destinés au secondaire », a-t-il promis.
60 établissements publics sont désormais inclusifs
Au passage, le ministre a annoncé la rénovation de 70 bâtiments scolaires publics et la pose de panneaux d’énergie solaire dans 122 institutions éducatives publiques sur l’ensemble du territoire libanais. « Nous coopérons avec les pays donateurs pour équiper de la sorte toutes les écoles (publiques) du pays, dans un objectif d’économiser le fuel », a-t-il indiqué. Selon M. Majzoub, les besoins opérationnels de l’école publique sont assurés pour l’année en cours. De même que les fonds nécessaires pour connecter ces institutions à l’internet. Les élèves à besoins spécifiques ne seront pas en reste. « Nous avons augmenté le nombre d’établissements scolaires inclusifs à 60 au lieu de 30 », a-t-il affirmé, promettant l’équipement prochain de 200 bâtiments dans ce sens.
Mais les problèmes sont immenses et nombre d’entre eux attendent toujours une résolution. Comme la nécessité de soutenir les enseignants dont le salaire ne vaut plus rien vu l’effondrement de la monnaie nationale, ou les familles pauvres qui peinent à envoyer leurs enfants même à l’école publique, faute de moyens. Sans oublier les élèves du secteur privé dont les familles souffrent au même titre de la crise. « Nous œuvrons à la gratuité du manuel scolaire pour les élèves de l’école privée », a observé le ministre, sans plus de précision.
La liste est longue. La cherté de vie, le coût des transports scolaires, les repas, toutes ces difficultés passées en revue par le ministre restent pour l’instant sans réponse. Car, estime-t-il, certaines parties n’ont pas accompli leur devoir. Comme d’ailleurs la question que tout parent ne peut s’empêcher de se poser aujourd’hui, alors que des files d’attente dantesques s’étirent depuis plusieurs jours devant les stations-service : « Comment assurer le transport scolaire si la pénurie de carburant persiste ? »


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Quelle tristesse..être tombé si bas... Avant d' annoncer une date de rentrée scolaire, il fallait planifier, penser comment gérer les problèmes d' essence, d' électricité... Paroles, paroles ...ou sont les actions concrètes...la situation générale n' est pas assez catastrophique, lamentable..
07 h 25, le 22 septembre 2021