Le président ukrainien a dénoncé hier le gazoduc russo-allemand Nord Stream 2, « dangereuse arme géopolitique du Kremlin », rejetant les assurances d’Angela Merkel qui a imposé la réalisation du projet malgré les objections de son allié ukrainien. Ce tuyau quasiment achevé et passant sous la mer Baltique reliera directement la Russie et l’Allemagne, privant l’Ukraine d’au moins 1,5 milliard de dollars par an qu’elle touche actuellement pour le transit du gaz russe par son territoire et d’un levier face à son adversaire russe. Sans surprise, Nord Stream 2 a dominé les discussions entre Volodymyr Zelensky et la chancelière, qui avait à cœur une dernière fois de tenter de rassurer Kiev avant de quitter ses fonctions cet automne. « Nous examinons ce projet uniquement dans l’optique de sécurité et le considérons comme une dangereuse arme géopolitique du Kremlin », a cependant remarqué Volodymyr Zelensky lors de la conférence de presse commune. Outre les pertes financières, Kiev craint que l’arrêt du transit puisse faciliter une éventuelle invasion, car la Russie n’aura plus à se soucier de l’infrastructure gazière ukrainienne pour alimenter ses principaux clients européens en gaz. Moscou a déjà fait monter la pression au printemps en massant des dizaines de milliers de soldats à la frontière. « Nous sommes d’accord avec les Américains que le gaz ne doit pas être utilisé comme une arme géopolitique », a répondu Mme Merkel, assurant comprendre « les grandes inquiétudes » de Kiev. Selon elle, le compromis germano-américain permettra « des sanctions » en cas de politique gazière belliqueuse de la Russie à l’égard de l’Ukraine.
Monde - Diplomatie
Merkel peine à rassurer l’Ukraine sur le gaz russe
OLJ / le 23 août 2021 à 00h00


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