« Underdown », le long-métrage non fiction de Sarah Kaskas sélectionné au festival de Gênes. Photos DR
« Le nouveau cinéma libanais a été pour nous l’une des découvertes les plus importantes lors du processus de sélection », affirme d’emblée Alexandre Balagura, directeur artistique de Flight/Mostra Internazionale del Cinema di Genova, un mois avant l’ouverture de la seconde édition du festival situé dans la ville de Gênes.
« En effet, poursuit-il, nous avons choisi pour la sélection officielle de Flight cinq œuvres libanaises : Underdown de Sarah Kaskas (long-métrage non fiction), (Re)Garde-moi de Davina Maria (langage innovatif), Winter Ballad (long-métrage de fiction), et Free Waves (long-métrage non fiction) de May Kassem ainsi que le film d’animation How my grandmother became a chair de Nicolas Fattouh. » Pour le directeur artistique du festival, ces films « partagent un fort caractère d’auteur et sont tous totalement sincères et étonnamment libres. Leur langage cinématographique est très raffiné. Ces caractéristiques correspondent parfaitement à l’esprit et aux objectifs de notre festival. Et cette agréable découverte nous a conduits à penser, pour l’année prochaine, une autre présentation dédiée au cinéma libanais ».
À l’origine de Flight, deux artistes visuels/cinéastes : Alexandre « Sasha » Balagura, un réalisateur né à Kiev et vivant en Italie depuis 1995, et Cesare Bedogné, photographe et cinéaste.
Dans le manifeste qui explique les objectifs de ce festival innovant, une citation du réalisateur russe Andrej Tarkovsky est mise en exergue :
« L’image n’est pas un certain sens, exprimé par le réalisateur, mais le monde entier reflété dans une goutte d’eau, juste une goutte d’eau. » Cette phrase résume la vision de ce festival qui tente de rassembler des réflexions, parfois éphémères, perdues, pour les sauver de l’oubli général. « En ce sens, nous avons l’intention, dit le directeur du festival Andrea Rocco, contacté par L’OLJ, d’inaugurer un festival du film qui pourrait devenir, au fil des ans, un point de référence pour tous les amoureux du cinéma en tant qu’art.
C’est un festival dédié à “l’essence” du cinéma, quelle que soit la viabilité commerciale des films projetés, leur durée, leurs thèmes, leurs genres. Nous sommes un petit festival, mais la première édition, soutenue par la ville de Gênes et la Chambre de commerce locale, a obtenu une grande couverture médiatique autant locale que nationale et internationale, c’est pourquoi nous nous lançons dans une seconde édition prometteuse, car elle devrait être en présentiel. »
L’affiche du festival Flight.
Redonner au 7e art ses lettres de noblesse
Avec 314 soumissions de films au compteur (longs-métrages, courts-métrages, animation, langages innovants, art vidéo) de 45 pays, le festival a un caractère compétitif. Il y a ainsi sept catégories pour cette compétition (long-métrage fiction et non fiction, court-métrage fiction et non fiction, animation, langages innovants, vidéo-art) et un Grand Prix qui sera décerné à l’un des films en compétition de n’importe quelle catégorie. Les œuvres soumises ont été examinées par un groupe de sélection dirigé par Alexandre Balagura. 69 films ont été sélectionnés pour les projections officielles au festival, 49 pour la compétition et 20 hors compétition.
« Nous avons reçu huit soumissions du Liban via la plate-forme internationale en ligne que nous utilisons, poursuit Andrea Rocco. Ils n’ont pas été sollicités, nous n’en connaissions pas les auteurs. Mais ce qui est vraiment extraordinaire, c’est que le comité de sélection très strict a constaté que 5 de ces 8 œuvres avaient la qualité artistique requise pour figurer dans la compétition (les 3 autres ont été sérieusement pris en considération jusqu’à la dernière minute). Aucun autre pays au monde n’avait un “taux de réussite” aussi élevé ! À noter également que quatre des cinq œuvres libanaises en compétition sont des films réalisés par des femmes. Nous avons été vraiment impressionnés par la qualité globale des films libanais. Si la Fondation Liban Cinéma n’a pas été directement impliquée dans ce choix, qui était totalement indépendant, je soupçonne personnellement que l’excellent travail accompli par la fondation au fil des ans pour promouvoir et développer les talents libanais (en particulier les femmes) a beaucoup à voir avec ce petit “miracle”. »
Le directeur du festival, décidément séduit par le 7e art libanais, indique en conclusion que « nous sommes également en contact avec un autre cinéaste/artiste libanais, Hicham Bizri, avec qui nous prévoyons une sorte de collaboration ». L’aventure libanaise à Gênes ne fait donc que commencer...
« En effet, poursuit-il, nous avons choisi pour la sélection officielle de Flight cinq œuvres libanaises : Underdown de Sarah Kaskas (long-métrage non fiction), (Re)Garde-moi de Davina Maria (langage innovatif), Winter Ballad (long-métrage de fiction), et Free Waves (long-métrage non fiction) de May Kassem ainsi que le film d’animation How my grandmother became a chair de Nicolas Fattouh. » Pour le directeur artistique du festival, ces films « partagent un fort...



