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Économie - Pénurie de mazout

Mise en garde contre un arrêt des télécoms

Mise en garde contre un arrêt des télécoms

La pénurie de mazout que connaît le Liban risque de mettre en péril le fonctionnement des télécoms. Photo Joseph Eid/AFP

Alors que l’opérateur public en charge des télécoms au Liban, Ogero, avait annoncé lundi l’interruption du réseau internet jusqu’à nouvel ordre à Barouk (Chouf), Halba et Kobeyate (Akkar), dans l’attente que les centrales de cette région soient alimentées en mazout pour faire fonctionner leurs groupes électrogènes, c’est finalement un arrêt total du réseau de téléphonie fixe ou mobile et d’internet qui a eu lieu hier dans de nombreuses zones du Akkar, au nord du pays. Un arrêt rapidement suivi de cette mise en garde par le président de la commission parlementaire des Médias et des Télécoms, le député Hussein Hajj Hassan, contre « un arrêt du réseau de télécoms d’une minute à l’autre ».

Alors que la pénurie de mazout s’aggrave de jour en jour, en l’absence d’une décision effective quant à la levée totale ou partielle des subventions sur le carburant par les autorités, le député a appelé le gouvernement à fournir du mazout au secteur des télécoms, selon des propos rapportés par le site local el-Nashra. À l’issue d’une réunion de la commission, le député a ainsi souligné depuis le Parlement qu’il est « nécessaire de trancher la question de l’ouverture de crédits et de la levée des subventions sur les carburants », demandant également aux responsables à mettre un terme au stockage illégal du mazout.

Par ailleurs, la compagnie aérienne Middle East Airlines (MEA) a également informé hier dans un communiqué, relayé par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), d’un « dysfonctionnement sur le réseau Ogero », forçant l’indisponibilité de son centre d’appels. « Les équipes techniques travaillent à y remédier dans les plus brefs délais », a conclu le texte. Les pannes sont de plus en plus fréquentes, comme l’avait déjà prédit en juin dernier le directeur d’Ogero Imad Kreidié, et constituent une menace sérieuse en raison d’une « forte pression » sur les groupes électrogènes et d’une augmentation de la demande en carburant.

Contactée par L’Orient-Le Jour, une source proche du gestionnaire du réseau des télécoms a indiqué que la crainte pour le secteur « existe », mais au même titre que pour n’importe quel autre secteur. « Tant qu’il y a du mazout, tout va bien », a-t-elle ainsi synthétisé, expliquant que les couacs sur le réseau dans certaines régions dépendent des coupures d’électricité dans certaines centrales. Fin juillet, le ministre sortant des Télécommunications, Talal Hawat, avait affirmé que le réseau internet fixe resterait opérationnel « tant que le mazout est disponible et que les crédits sont ouverts ». Deux conditions difficiles à remplir pour le moment, alors que le Liban s’enfonce dans sa faillite entamée il y a deux ans, symbolisée par l’accumulation des pénuries (électricité, carburants, médicaments, etc.).

Le mazout est ainsi devenu une denrée rare au Liban, à l’instar de l’essence et du gaz. Ces pénuries ont été aggravées après l’annonce par la Banque du Liban d’un arrêt des subventions accordées sur les importations de ces produits. Cette décision n’a toujours pas été appliquée, en raison de l’opposition des dirigeants politiques, ce qui aggrave les problèmes de distribution des stocks. Le mazout est pourtant essentiel dans un Liban où la production de l’électricité publique est quasiment à l’arrêt faute de liquidités pour alimenter les centrales et dépend le plus souvent du courant produit par des générateurs privés.


Alors que l’opérateur public en charge des télécoms au Liban, Ogero, avait annoncé lundi l’interruption du réseau internet jusqu’à nouvel ordre à Barouk (Chouf), Halba et Kobeyate (Akkar), dans l’attente que les centrales de cette région soient alimentées en mazout pour faire fonctionner leurs groupes électrogènes, c’est finalement un arrêt total du réseau de téléphonie...

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