Les silos à grain détruits sur le port de Beyrouth sont devenus l’un des symboles les plus marquants de la catastrophe du 4 août. Photo João Sousa
Suivant la première commémoration de la tragédie du 4 août au port de Beyrouth et dans ses quartiers environnants, l’entreprise allemande Hamburg Port Consulting (HPC) et ses partenaires ont présenté, dans un communiqué, le lancement d’une plateforme de discussion concernant la reconstruction du port et de ses alentours ainsi que de leur développement. Intitulé « Beirut PortCity Dialogue », ce forum a pour but de rassembler autant les organisations prenant part à ce projet que les particuliers souhaitant également participer à la « revitalisation » de la cité en toute « transparence », indique ainsi le communiqué.
Cette initiative fait suite au plan commun de reconstruction, de modernisation et d’expansion du port présenté en avril dernier par les entreprises allemandes HPC, Colliers, Fraunhofer IMW et LBGC (Lebanese German Business Council). Une proposition faisant d’une « réurbanisation autofinancée » son cheval de bataille, arguant que « cela éviterait d’ajouter des dettes au Liban » embourbé dans une crise économique et financière sans précédent depuis deux ans et ayant fait défaut sur sa dette en mars 2020. « Nous avons mis une solution tangible sur la table et elle peut maintenant être discutée avec toutes les parties prenantes du Liban », a ainsi informé le directeur gestionnaire de HPC, Suheil Mahayni, dans ce communiqué.
Cette offre allemande, se basant sur un avant-projet réalisé avec les sociétés Roland Berger et Fraunhofer IMW, est sans doute celle qui a fait le plus de bruit à Beyrouth. En effet, elle se distingue par son approche globale (reconstruction et aménagement des espaces urbains de la zone) et son exécution sur le long terme (25 ans et un investissement de 30 milliards de dollars, divisé en plusieurs phases très détaillées). Le président de LGBC, Élias Philippe Assouad, a d’ailleurs qualifié, dans le communiqué, ce projet comme « défiant quelques-uns aujourd’hui mais qui permettra à de nombreux autres de reconstruire une vie dans la dignité ».
Depuis la catastrophe, de nombreux acteurs internationaux se sont présentés aux autorités libanaises pour participer à la reconstruction du port de la capitale. Ainsi se sont manifestés : une délégation de la direction du port de Rotterdam (Pays-Bas), la société française CMA CGM, ainsi que le Koweït via son ambassade au Liban (exclusivement pour la reconstruction des silos à grain détruits par la seconde détonation le 4 août 2020). Au niveau national, un groupement d’entrepreneurs libanais réunissant le président du syndicat des entrepreneurs de travaux publics, Maroun Hélou, et l’ancien président de l’opérateur du terminal conteneurs de Tripoli, Antoine E. Amatoury, ont également fait part de leur intérêt.
Parmi les autres manifestations plus confidentielles figurent celles du bureau d’étude de l’architecte Charbel Abou Jaoudé et de China Harbor Engineering Company. Début juillet, une délégation de la « Task force ville durable » du Mouvement des entreprises de France à l’international (Medef international) s’est aussi rendue au Liban pour promouvoir son approche visant à transformer la capitale en « ville portuaire durable ».



YAlla,Allemagne! take all Lebanon, please.
09 h 09, le 07 août 2021