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Société - Liban

1.104 cas en 24h, les autorités craignent un pic en août

Le ministère de la Santé autorise la production expérimentale du vaccin Spoutnik V au Liban.

Une infirmière dans un couloir de l'Hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, le 23 juillet 2021. Photo AFP

Alors que le Liban est à nouveau dans la phase de transmission communautaire du coronavirus, une réalité qui inquiète les autorités dans un pays en grave crise socio-économique, 1.104 nouveaux cas de contamination et trois décès ont été signalés en 24h selon le bilan quotidien publié jeudi en soirée par le ministère de la Santé. Neuf de ces nouveaux cas ont été détectés parmi des voyageurs arrivés à Beyrouth de l'étranger. Ces chiffres portent à 559.473 le nombre de cas cumulés depuis février 2020, date de l'apparition de la pandémie dans le pays. Parmi ces cas, on dénombre un total de 7.900 décès et 536.805 guérisons. Sur les cas toujours actifs, 242 sont hospitalisés dont 96 en soins intensifs. Le taux de positivité au virus par rapport au nombre de tests effectués poursuit également sa hausse et passe à 5,5 %. Enfin, 25,3 % des personnes éligibles à la vaccination ont déjà reçu une première dose du vaccin et 18 % les deux doses nécessaires.

Pic en août
Alors que le rythme de la vaccination, débutée en février au Liban, reste lent - 25,3 % des personnes éligibles ont déjà reçu une première dose et 18 % les deux doses nécessaires  -, il  a fallu moins d’un mois pour que le Liban passe de la phase 1 de l’épidémie, dans le cadre de laquelle les foyers de Covid-19 sont bien identifiés, à la phase 3, caractérisée par une transmission communautaire. Commentant cet état des lieux, le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, a estimé jeudi que cela constitue "une véritable menace à la situation endémique au Liban".
Dans une déclaration radiodiffusée, M. Hassan a indiqué que les Libanais émigrés qui se trouvent au Liban sont inclus dans la campagne de vaccination contre le virus menée par le ministère de la Santé, les appelant à prendre les mesures préventives pour éviter de répandre le virus. Il a constaté que la quarantaine dans les hôtels à l'arrivée à Beyrouth n'est pas vraiment respectée. "Les résidents et les émigrés doivent assumer leur responsabilité car un nouveau pic de la pandémie est attendu en août", a prévenu le ministre sortant.

Dans le cadre de la lutte contre la pandémie, le ministère de la Santé a autorisé jeudi à l'industrie pharmaceutique libanaise Arwan la production expérimentale du vaccin russe anti-Covid Spoutnik V. Selon un communiqué publié par le ministère, M. Hassan a permis à cette compagnie d'"importer les matières premières nécessaires pour produire trois vaccins d'essai pour chacune des deux doses de Spoutnik V afin de s'assurer qu'elles sont conformes aux conditions techniques requises par la compagnie russe". A la lumière des résultats, l'industrie Arwan pourrait être habilitée à produire ce vaccin. 

Au début du mois de juin, le président de l'entreprise pharmaceutique Arwan avait relevé les "retombées économiques positives" de cette initiative et les opportunités d'emploi qu'elle pourrait créer. Il avait toutefois indiqué que pour commencer la production, un "soutien" financier de 20 millions de dollars est demandé à l'exécutif.

L'avertissement du Dr Abiad
La situation de la pandémie au Liban est d'autant plus  inquiétante que la crise financière, doublée de la pénurie du mazout et des médicaments et l’exode massif du corps infirmier, pèse lourd sur le secteur hospitalier qui risque de ne pas pouvoir faire face à une nouvelle pression au cas où les hospitalisations augmentaient. C'est ce qui ressort d'une série de tweets publiés jeudi par le Dr Firas Abiad, directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri à Beyrouth.

"Les cas de coronavirus augmentent rapidement et leur nombre double de façon presque hebdomadaire. Les hôpitaux qui avaient fermé leurs départements Covid-19 les rouvrent", écrit le docteur Abiad, précisant que "cette fois-ci, le secteur hospitalier est moins prêt (à répondre à l'explosion des cas de contamination), dans la mesure où il souffre de pénuries d'eau, de carburants, de médicaments, et de matériel médical, et que de nombreux soignants ont quitté le pays". "Même une petite vague de contaminations, moins intense que celle de janvier dernier, pourrait paralyser notre système sanitaire déjà épuisé", a prévenu le médecin. "Cette fois-ci, sans eau, ni électricité, ni Internet, ni argent, les gens n'accepteront pas une fermeture totale du pays. Et les quantités limitées de vaccins empêcheront l'accélération de la campagne. Il sera difficile de contenir le variant Delta", prédit-il.


Alors que le Liban est à nouveau dans la phase de transmission communautaire du coronavirus, une réalité qui inquiète les autorités dans un pays en grave crise socio-économique, 1.104 nouveaux cas de contamination et trois décès ont été signalés en 24h selon le bilan quotidien publié jeudi en soirée par le ministère de la Santé. Neuf de ces nouveaux cas ont été détectés parmi...

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