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Nos Lecteurs ont la Parole

La perversion et la corruption ne sont pas des virus

Avant l’arrivée du Covid-19 et ses conséquences, notre pays était infesté. Quand je dis le pays, ce sont en fait les responsables, politiciens et décideurs. Tous les agents de l’État (pouvoir exécutif, pouvoir législatif, l’administration, les militaires…) sont impliqués. Tous, oui, tous sont déviants et complices. Le degré de corruption varie d’une personne à une autre. Le responsable pervers cultive sa malice, détourne la loi pour montrer son intelligence et son savoir-faire, sans aucun scrupule. C’est le mythe du Libanais débrouillard, malin, sachant tirer profit des circonstances en trompant les autres. La personnalité est souvent attrayante, prodiguant des largesses à un entourage profiteur et complice. Il y a un mouvement d’échange entre le « je » et le « nous communautaire ». Le sujet plaisir individuel et sujet jouissance communautaire se confondant.

Le tout aux dépens de la structure de l’État.

Cette perversion est dans le mental des responsables, dans leur structure identitaire. Corruption, abus de pouvoir, profits et gains illicites. C’est un logiciel stable dans leur mental. L’identité du politique est stratifiée (une dose de corruption, une dose toxique de clanisme, une dose de communautarisme), et le tout couvert de confessionnalisme. À noter que l’obstination déviante dans leur fonctionnement les entraîne vers des positions extrémistes inacceptables. Cela aboutit à une dictature viciée. Cette dictature entraîne le pays et tout le peuple vers une dérive mortelle. C’est un suicide collectif imposé et non réfléchi. Le Libanais se dégrade, il est en fait démuni et diminué (à la recherche des besoins matériels les plus élémentaires et, le plus grave, les besoins en médicaments et en oxygène). Le peuple, désorienté, désorganisé, n’arrive plus à réagir. Il est pris de stupeur et se résigne. Submergés par les difficultés, les jeunes sont amputés de leurs rêves. Un avenir bloqué, leur élan d’entrepreneur arrêté. Ils ne pensent qu’à quitter le pays.

Nos responsables pervers n’ont aucune limite. Leur groupe mafieux édicte des lois, contourne les lois à leur avantage, en laissant des miettes à leurs entourage et suiveurs. Qu’ont-ils fait de l’économie du pays, de l’industrie, de l’agriculture ? Qu’ont-ils fait de l’infrastructure du pays (eau, électricité, réseau routier et plan d’avenir pour l’école, l’université, et surtout le système social et hospitalier !) ?

Qu’ont-ils fait pour le système monétaire ?

Nos responsables ont corrompu le peuple en favorisant ses vices. Le peuple s’est laissé berner par certains avantages immédiats (détourner la loi, s’abriter chez le chef, se satisfaire de certains avantages personnels) au détriment du bien public. Tout en étant coupable, le peuple devra réagir, trouver des guides honnêtes pour réagir et déloger les bourreaux.

Les responsables ont volé le pays et dévié tous les rouages de la société. Et avec quelle arrogance face au crime du port de Beyrouth le 4 août 2020, les responsables tentent de détourner la loi pour compliquer le travail de la justice. Le crime du port n’est pas une catastrophe naturelle (tremblement de terre, inondation, éruption volcanique), c’est une action humaine. Après l’effet de surprise, les morts innocents et les destructions, il y a un sentiment d’insécurité, de deuil, de souffrance. Il y a un sentiment de rupture dans l’harmonie de notre être et notre culture. Il nous faut une cause intelligible, une vérité pour rassurer notre vision rationnelle du monde. C’est ce que refusent de faire nos élus. Quelqu’un doit répondre de façon rationnelle pour colmater notre angoisse collective et rassurer l’humain sur l’inconnu de son destin.

Par ailleurs, des groupes prétendument intelligents, roublards et maniganciers négocient la formation d’un gouvernement. La seule qualité recherchée chez les ministrables, c’est leur allégeance mesquine à l’un ou l’autre chef de clan.

Les responsables discutent leur part du gâteau tels des chefs mafieux. Jamais on ne voit un plan de relance, des projets de relèvement du pays, de redressement des secteurs en difficulté. Bref, l’intérêt du peuple, le niveau de vie et la stabilité sociale. Par contre, ce qui est bien organisé, c’est la contrebande, la fuite des produits vers les pays voisins. Tout cela au vu et au su de la prétendue légalité. L’entrée dans le pays de façon illégale de différents biens et produits sans payer de douanes.

Le pays se disloque, nos responsables cultivent « la discorde » et les intérêts claniques. L’administration en miettes est à la merci d’un petit chef dans un style milicien, chacun dans son genre, et son espace légal !

Tous nos responsables, toutes catégories, doivent être jugés pour haute trahison. Comment peuvent-ils accepter la chute du pays, l’explosion du port, les morts, les dégâts et aucune réaction ?

Le Liban peut être sauvé.

Des amis et des organismes internationaux sont prêts à nous aider.

Le Libanais doit soutenir l’État avec l’aide de groupes de travail qui se forment à différents niveaux.

Le Libanais fera confiance à des guides honnêtes et dévoués pour la cause publique.

Le Libanais ne fera pas confiance à ceux qui l’ont trompé, il va restaurer la souveraineté nationale et son libre choix.

Le Libanais rejettera la mainmise extérieure sur le pays.

Le Libanais doit compter sur les magistrats qui doivent corriger les déviants et les pervers.

Le Libanais doit compter sur l’armée et sa direction pour l’ordre et la protection des frontières.

Le Libanais peut et devrait réagir pour guérir de la perversion, de la corruption et de la discorde.

Psychiatre psychanalyst

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Avant l’arrivée du Covid-19 et ses conséquences, notre pays était infesté. Quand je dis le pays, ce sont en fait les responsables, politiciens et décideurs. Tous les agents de l’État (pouvoir exécutif, pouvoir législatif, l’administration, les militaires…) sont impliqués. Tous, oui, tous sont déviants et complices. Le degré de corruption varie d’une personne à une autre. Le...

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