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Nos Lecteurs ont la Parole

Pour que Beyrouth se réveille de son long sommeil

Chers expatriés,

Les mots peuvent difficilement transmettre le vécu réel, vous a-t-on dit, alors vous êtes venus ! Malgré la situation explosive du pays, vous avez accouru de tous côtés.

Vous êtes arrivés les valises pleines à craquer de médicaments ou de denrées alimentaires devenues luxe inouï chez nous.

Grâce à vous, nous avons pu retrouver, le temps d’une parenthèse, notre sourire et un semblant de notre vie d’avant. Vous nous avez rendu, l’espace d’un séjour, notre dignité et notre condition humaine quand nous n’étions plus que simple poussière aux yeux de nos dirigeants.

Vous êtes venus, mais l’environnement ne vous est plus familier. Vous ne reconnaissez plus ces visages sombres, ces regards douloureux, consumés par la souffrance et l’incertitude des lendemains. Beyrouth, la ville aux mille feux, la ville qui ne dormait jamais, gît, inanimée, inerte dans les ténèbres… La fumée des pneus qu’on brûle chaque soir avec rage et désespoir la recouvre d’un linceul noir sinistre.

Vous êtes venus et un mot jaillit spontanément de mon cœur : « MERCI ! »

Vous êtes venus et vous avez vu.

Vous avez vu et vous avez entendu des choses effroyables. Des histoires incroyables, des atrocités qui resteront à jamais gravées dans vos mémoires : des vieillards qui fouillent dans les poubelles pour manger, des pères de famille qui se sont suicidés par désespoir, des mères obligées de remplacer le lait de leurs enfants par de l’eau et du sucre… des bébés morts faute de pouvoir être soignés, des malades obligés de mendier leurs médicaments, des enfants qui s’endorment chaque soir à même le sol, le ventre brûlant de faim.

Alors allez et soyez nos témoins ! Répandez ces images d’horreur et de honte d’un peuple volé sans scrupules par ses dirigeants. D’un pays vivant sans électricité et sans eau au XXIe siècle. D’un peuple dont le nécessaire est devenu superflu. De toute une culture pleine de richesses, froidement foulée du pied, et d’une nation entière pour laquelle on a ouvert les portes de l’enfer.

Racontez, parlez de tout sans rien omettre. Parlez, parlez, parlez mais aussi revenez ! Revenez souvent, porteurs d’amour, d’humanité et d’espoir. Faites revivre de nouveau le pays…

Et surtout et ce qui est le plus important : revenez pour les élections. Alors et seulement alors, Beyrouth, endormie, empoisonnée comme Blanche-Neige, se réveillera de son long sommeil, les nuages noirs se dissiperont et la lune dansera à travers les arbres.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Chers expatriés,Les mots peuvent difficilement transmettre le vécu réel, vous a-t-on dit, alors vous êtes venus ! Malgré la situation explosive du pays, vous avez accouru de tous côtés.Vous êtes arrivés les valises pleines à craquer de médicaments ou de denrées alimentaires devenues luxe inouï chez nous.Grâce à vous, nous avons pu retrouver, le temps d’une parenthèse, notre...

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