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Nos Lecteurs ont la Parole

La guerre, fruit de l’obstination

Son absurdité me crève les yeux.

Ces gouverneurs, passés maîtres dans la déshumanisation, sont derrière les rideaux de ce spectacle macabre.

Ils vous font croire que la violence est sainte et que les hommes dans leur nature sont fauves.

Ils vous font croire que l’homme est destiné à se battre et que c’est un devoir, un honneur de donner sa vie pour elle, l’alliée de la faucheuse.

Quand ils déclarent la guerre, eux, qui arpentent maladivement les allées du pouvoir, dans un dédale de couloirs interminables, ils ouvrent les portes de l’enfer.

Et dans l’antre de leurs pensées, seul le mal règne.

Animés d’un semblant de caprice d’enfant, celui d’insuffler la vie à une armée de soldats de plomb, ils donnent lieu à un festin onéreux de sang et d’ossements.

Et ils commandent les autres qui se livrent à mourir, oui, les autres, qui sont réduits à des pions au service du damier de la mort.

Tels des pantins, à peine conscients de leurs actes, exécutent, les ordres et les hommes.

De l’aurore au couchant, du crépuscule à l’aube, vous assisterez à des affrontements sordides.

Sous une pluie de projectiles, vous verrez des hommes tantôt au sol, agonisant, attendant de sombrer dans le sommeil éternel, tantôt debout invoquant les cieux, priant de se délester du fardeau d’une vie menée ainsi.

Et face à ce ballet frénétique, face à cette furie décuplée, face à cette adrénaline couplée aux sueurs froides, je me demande souvent pourquoi…

Un silence s’impose et interrompt brusquement le flux de mes pensées scandées par la rage, la révolte et l’incompréhension.

Et je trouve aussitôt ma réponse dans l’absence de mots.

Pour rien. La guerre est le fruit de l’obstination. Du sang, versé au nom de la religion ou de la patrie, coule au pied des églises, des mosquées, imprègne de sa couleur les drapeaux ou plutôt ce qu’il en reste.

Des coups de poing, des cris étouffés, un défilé de cadavres, et dire que ces atrocités sont devenues une part du quotidien.

La guerre sape l’humanité de l’esprit.

Il suffit de les regarder se battre pour s’en rendre compte ; on a l’impression qu’ils ne savent même pas pourquoi ils sont là et ce qu’ils font.

Et machinalement, ils s’entretuent, le révolver dans une main, la peur dans l’autre.

Mais le pire, c’est l’indifférence.

Ils voient les grenades RGD-33 et les fusils Nagant 95, je vois la démoralisation croissante et l’humiliation de la conscience.

Ils voient la gloire de Rommel et de Hannibal, je vois les bougies qui fleurissent au pied des tombes.

Ils voient le patriotisme et la conquête de terres, je vois les larmes d’une mère pleurant la mort de son fils et celles d’un homme portant sur ses épaules la dépouille de son frère.

Ils voient des sous et des victoires, je vois, dans la brume des discours de déclaration de guerre, un vif besoin d’extérioriser une haine, travesti par des motifs économiques ou politiques.

La vie n’a plus aucune valeur, aucun sens, sinon celui de la donner au nom de slogans creux.

L’odeur âpre du sang s’engouffre dans les poumons et l’amer venin de la guerre serre les cœurs.

À croire que les mortels ont volé le nectar d’Arès parce qu’il semblerait qu’il a déchaîné sa colère sur eux.

Le monde n’a jamais vécu en paix, il n’a eu droit d’exister que dans l’entre-deux-guerres.

S’il faut donner son sang, qu’ils aillent donner le leur.

S’ils doivent régler leurs comptes, qu’ils le fassent avec les mots et les concessions, pas avec le sang innocent.

Le commerce des âmes doit cesser.

Rien ne justifiera la guerre, jamais.

Ce texte n’ira peut-être pas loin, mais moi, je veux juste vous dire ces quelques mots :

Que se taisent les armes.

Que se scelle la paix.

Et que s’arrêtent les tirs, les obus, les grenades.

Rendez vos uniformes.

Lâchez vos munitions.

Militez pour la paix.

Et allez déserter.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Son absurdité me crève les yeux.
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