Le ministre sortant de l’Intérieur, Mohammad Fahmi, a affirmé hier qu’il se conformait aux lois en vigueur dans le cadre de son suivi de l’enquête sur la double explosion au port de Beyrouth, justifiant ainsi sa décision de refuser la demande de comparution du directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, devant le juge d’instruction près la Cour de justice Tarek Bitar, chargé de l’enquête.
« Je me conforme à la loi », s’est justifié M. Fahmi, lors d’un entretien avec le mufti de la République, le cheikh Abdelatif Deriane, à Dar el-Fatwa. « Passer outre la loi ne sert pas la justice et il est calomnieux de dire le contraire », a-t-il affirmé. « L’enquête sur l’explosion de Beyrouth concerne tous les Libanais », a-t-il estimé, soulignant « coopérer avec les familles des victimes dans le cadre de ce que stipulent les lois en vigueur (...) qui préservent les droits de tous les Libanais ».
De son côté, le procureur général par intérim, Ghassan Khoury, étudie depuis hier les documents qu’il avait demandés au juge d’instruction près la Cour de justice, Tarek Bitar, pour statuer sur le recours présenté par ce dernier en vue de casser la décision du ministère de l’Intérieur et d’obtenir ainsi l’autorisation de poursuivre Abbas Ibrahim et de l’interroger dans le cadre de son enquête. M. Khoury dispose d’un délai de deux semaines pour répondre à la demande.
La loi confère au procureur le pouvoir de statuer en dernier ressort sur la demande d’autorisation de poursuite du responsable sécuritaire. M. Bitar avait adressé la même requête au ministre sortant de l’Intérieur, Mohammad Fahmi, qui l’avait rejetée vendredi dernier. Il s’était alors adressé au procureur de cassation par intérim, à qui revient la prérogative soit d’infirmer la décision de M. Fahmi, soit de l’entériner. S’il ne répond pas dans le délai de deux semaines qui lui est imparti, il sera alors considéré qu’il a donné son aval pour engager les poursuites contre M. Ibrahim.


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