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Politique - Gouvernement

Scepticisme après l’ouverture en demi-teinte de Bassil à Hariri

Le Futur accuse le chef du CPL de « jeter de la poudre aux yeux » des Libanais.

Scepticisme après l’ouverture en demi-teinte de Bassil à Hariri

Saad Hariri et Gebran Bassil en Conseil des ministres, le 15 mai 2019. Photo d’archives Dalati et Nohra

Contrairement à ce qu’aurait pu espérer le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil, sa toute dernière ouverture au Premier ministre désigné Saad Hariri n’a pas réussi à combler le fossé opposant les deux camps, qui continuent de s’échanger les accusations de blocage. Le scepticisme quant à la formation du gouvernement dans un avenir proche est donc toujours de mise.

Dans un entretien accordé jeudi dernier au quotidien arabophone an-Nahar, le chef du CPL et gendre du président de la République a pris le soin d’adresser des messages soi-disant positifs au Premier ministre désigné avec qui les rapports sont complètement rompus. C’est surtout en direction d’un Saad Hariri qui envisagerait sérieusement de jeter l’éponge, neuf mois après sa nomination pour former la future équipe, que M. Bassil a fait ses clins d’œil. « Si Saad Hariri se récuse, nous serons les plus grands perdants », a déclaré le député de Batroun. Une façon pour lui de rejeter les accusations lancées contre le camp de la présidence de vouloir se débarrasser de M. Hariri.

Dans une autre interview accordée hier à la revue électronique as-Sahem, Gebran Bassil a réitéré l’attachement de son camp à ce que M. Hariri forme la future équipe ministérielle, insistant qu’il « ne voudrait pas » que le leader du Futur jette l’éponge. Toujours dans le cadre de ses efforts pour répondre à ses détracteurs qui lui reprochent de bloquer les tractations, Gebran Bassil a réitéré le fait que le tandem Baabda-CPL ne désire pas obtenir le tiers de blocage au sein de la future équipe et que le parti qu’il préside ne voudrait pas y participer. Deux points essentiels autour desquels s’articule le bras de fer opposant les deux camps depuis plusieurs mois. En revanche, M. Bassil a soigneusement renvoyé la balle dans le camp de M. Hariri en laissant entendre que le Premier ministre désigné ne voulait pas – ou ne pouvait pas – former une équipe.

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Quoi qu’il en soit, le ton positif du chef du CPL envers Saad Hariri ne semble modifier en rien la position du courant du Futur qui considère que Gebran Bassil et, plus largement, le camp présidentiel bloquent sciemment la formation du gouvernement. « C’est ce que prouvent les neuf mois de tractations ministérielles », souligne à L’Orient-Le Jour Abdessalam Moussa, responsable média au sein du courant haririen. « Une simple déclaration médiatique ne peut pas remplacer tout un mode d’action politique visant à bloquer les efforts de Saad Hariri », ajoute-t-il, accusant Gebran Bassil de « jeter de la poudre aux yeux » des Libanais. Commentant le timing des propos de M. Bassil, à l’heure où les rumeurs quant à une récusation de M. Hariri vont bon train, M. Moussa écarte cette éventualité, du moins à ce stade : « Pour le moment, il n’y a qu’un seul Premier ministre désigné, en l’occurrence Saad Hariri. » Le cadre du courant du Futur précise, en outre, qu’« au cas où Saad Hariri penserait à rendre son tablier, le nom du candidat à sa succession sera le fruit de négociations avec le président de la Chambre Nabih Berry ainsi qu’avec le club des anciens Premiers ministres ».

« Ce n’est pas à nous de nommer un autre PM désigné »

S’il est plus que jamais à couteaux tirés avec le chef du législatif, qui soutient clairement Saad Hariri dans la bataille gouvernemental face au duo Aoun-Bassil, le CPL s’efforce de se montrer conscient de la complexité du tissu politique libanais. Dans une volonté manifeste de ne pas se noyer dans une confrontation inopportune avec M. Berry, mais aussi avec la communauté sunnite dans son ensemble, il évite de s’aventurer dans les dédales de la nomination d’un probable successeur à M. Hariri. « Ce n’est pas à nous de nommer un Premier ministre désigné (si Saad Hariri venait à se récuser). Dans la conjoncture actuelle du pays, le chef du gouvernement devrait bénéficier du soutien de la communauté sunnite qu’il nous importe de préserver », explique à L’OLJ May Khoreiche, vice-présidente du CPL pour les affaires politiques.

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Réitérant que son parti a facilité la tâche à M. Hariri, elle souligne que « c’est dans l’intérêt du pays que le CPL a fait le sacrifice de ne pas participer au prochain gouvernement ». « Mais c’est à Saad Hariri de s’exprimer sur les obstacles qui l’empêchent encore d’accomplir sa tâche », ajoute-t-elle, excluant la possibilité de la mise sur pied d’un nouveau compromis politique avec le leader sunnite. « Pour le moment, cette option n’est pas sur le tapis, la priorité étant ailleurs. Nous voulons un cabinet qui mettrait sur les rails les réformes à même de redresser l’économie nationale. Mais nous insistons aussi pour que les textes constitutionnels soient respectés, notamment pour ce qui est du rôle du chef de l’État en tant que partenaire à part entière dans le processus ministériel », ajoute Mme Khoreiche. Un point qui constitue un différend majeur entre la Maison du Centre et le camp présidentiel. Le blocage est donc là pour durer…

 « Des actions concrètes cruciales » pour plus d’aide, martèlent Grillo et Shea
Les ambassadrices de France et des États-Unis au Liban, Anne Grillo et Dorothy Shea, ont souligné que « des actions concrètes menées par les dirigeants libanais seront cruciales pour obtenir un soutien supplémentaire de la France, des États-Unis et des partenaires régionaux et internationaux ».
Dans un communiqué de presse conjoint diffusé au lendemain de « rencontres trilatérales avec des interlocuteurs en Arabie saoudite pour discuter de la situation au Liban », les deux diplomates ont souligné la nécessité absolue de former un « gouvernement pleinement habilité, engagé et capable de mettre en œuvre des réformes ». Elles ont rappelé que les « gouvernements français et américain, ainsi que d’autres partenaires animés du même esprit, continuent d’apporter une aide d’urgence au peuple libanais, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la sécurité alimentaire ».La visite des deux diplomates en Arabie saoudite s’inscrit « dans le prolongement de la rencontre trilatérale du secrétaire d’État, Antony Blinken, du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et du ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhane al-Saoud, tenue le 29 juin à Matera, en Italie, en marge du sommet du G20 », précise-t-on dans le communiqué. Les trois responsables avaient alors appelé les dirigeants libanais à « agir », en mettant en œuvre des « réformes urgentes pour stabiliser l’économie et soulager la population ».

Contrairement à ce qu’aurait pu espérer le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil, sa toute dernière ouverture au Premier ministre désigné Saad Hariri n’a pas réussi à combler le fossé opposant les deux camps, qui continuent de s’échanger les accusations de blocage. Le scepticisme quant à la formation du gouvernement dans un avenir proche est donc toujours de mise.Dans...

commentaires (4)

L’ouverture lui a été dicté par …. Justement la personne que bassil avait choisis pour arbitre

Bery tus

14 h 18, le 10 juillet 2021

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Commentaires (4)

  • L’ouverture lui a été dicté par …. Justement la personne que bassil avait choisis pour arbitre

    Bery tus

    14 h 18, le 10 juillet 2021

  • Bassil par-ci...Bassil par-là...mais qu'est-il donc pour ainsi oser empêcher tout un pays de vivre, à cause de ses nomreuses lubies et obsessions...en plus de son incapacité totale de faire quoi que ce soit de positif depuis qu'il gesticule sur la scène du théatre minable qu'est devenu le Liban ??? - Irène Saïd

    Irene Said

    10 h 28, le 10 juillet 2021

  • allez y mr hariri, cessez de faire comme fait hassan diab, cessez de vous plaindre..."""que Le CPL ne fait que « jeter de la poudre aux yeux » des Libanais...""" reagissez plus hypocritement que ca.

    Gaby SIOUFI

    09 h 48, le 10 juillet 2021

  • "… Si Saad Hariri se récuse, nous serons les plus grands perdants …" - bien sûr, tu risques de te retrouver en face d’un vrai homme qui te rabattra ton caquet de freluquet…

    Gros Gnon

    09 h 08, le 10 juillet 2021

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