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Société - Double explosion au port

Le juge Khoury donne son aval pour la libération d’employés subalternes

Les familles des dix sapeurs-pompiers réitèrent leur demande d’une enquête efficace.

Le juge Khoury donne son aval pour la libération d’employés subalternes

La double déflagration au port de Beyrouth, le 4 août 2020, a dévasté des pans entiers de la capitale. Photo d’archives AFP/STR

Le procureur général près la Cour de justice, Ghassan Khoury, a statué hier sur les demandes de libération qui lui avaient été déférées la veille au soir par le juge Tarek Bitar, chargé de l’enquête sur la double explosion meurtrière du 4 août 2020 au port de Beyrouth. Il a donné son accord pour la remise en liberté d’ouvriers et d’employés subalternes du port – dont le nombre n’a pas été précisé –, mais refusé celle de hauts fonctionnaires. L’avis du magistrat Khoury est uniquement consultatif, c’est-à-dire qu’il reviendra au juge Bitar d’adopter la décision finale concernant ces libérations. En tout, vingt-cinq personnes ont été arrêtées depuis août 2020 pour leur implication présumée dans la double explosion qui a fait plus de 200 morts et détruit des quartiers entiers de la capitale libanaise. Six d’entre elles avaient été libérées mi-avril, principalement des employés du port et des officiers subalternes. Restent incarcérés plusieurs hauts fonctionnaires, comme le directeur général des Douanes, Badri Daher, des responsables portuaires et sécuritaires ou des prestataires de services extérieurs, notamment des ouvriers en charge de travaux de réparation du hangar 12 où se trouvaient les matières qui ont explosé.

« Pour distraire l’opinion publique »

Plus de dix mois après la déflagration, l’enquête n’a encore donné aucun résultat, sur fond d’interférences politiques, au grand dam des familles des victimes. Les parents des dix sapeurs-pompiers tués lors de la catastrophe ont réitéré hier leur impatience, voire leur désespoir de connaître la vérité. « Nous n’avons malheureusement vu aucun résultat et les promesses n’ont pas été réalisées », ont-ils indiqué dans un communiqué, en allusion aux promesses d’une enquête rapide formulées par le juge Bitar lors de l’accession à son poste en février dernier. « La provenance du nitrate d’ammonium ainsi que l’État qui l’a importé sont connus », ajoute-t-on dans le document. « Nous sommes quasi persuadés que les arrestations de petits employés et gestionnaires ne sont effectuées que pour distraire l’opinion publique. Nous nous sommes tus pendant des mois, mais nous ne nous tairons plus », ont averti les proches des pompiers. Et de marteler : « La période de grâce est terminée. Nous ne permettrons pas que nos martyrs soient assassinés une seconde fois. »

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Plusieurs responsables, notamment le Premier ministre sortant Hassane Diab et les ex-ministres et députés Youssef Fenianos et Ali Hassan Khalil, avaient été inculpés pour négligence par l’ancien juge d’instruction près la Cour de justice Fadi Sawan, qui avait alors été écarté de l’enquête puis remplacé par le juge Bitar. Face à ce qu’elles ont dénoncé comme étant des ingérences et aux « failles » de l’instruction locale, des dizaines d’organisations ainsi que des survivants et proches de victimes avaient envoyé mi-juin une lettre au Conseil des droits de l’homme de l’ONU afin de réclamer qu’il se saisisse de l’enquête, dénonçant la « culture d’impunité » dont jouissent les dirigeants libanais. À des représentants de proches de victimes qui se sont rendus auprès d’elle, la ministre sortante de la Justice, Marie-Claude Najm, a fait part d’« une coopération judiciaire avec des États étrangers, notamment avec la France qui a ouvert une enquête sur la catastrophe dont ont été également victimes des ressortissants français ». Les familles lui ont fait part de leurs appréhensions quant à l’état de la justice locale et leur souhait de la formation d’une commission d’enquête internationale. Mme Najm a en outre assuré que son ministère, tout en se conformant à la séparation des pouvoirs et à l’indépendance de la justice, « offre dans le cadre de ses moyens et de ses prérogatives tout ce qui aide à accélérer sans hâter l’enquête nationale, en vue de parvenir à la justice ».


Le procureur général près la Cour de justice, Ghassan Khoury, a statué hier sur les demandes de libération qui lui avaient été déférées la veille au soir par le juge Tarek Bitar, chargé de l’enquête sur la double explosion meurtrière du 4 août 2020 au port de Beyrouth. Il a donné son accord pour la remise en liberté d’ouvriers et d’employés subalternes du port – dont le...

commentaires (2)

LE JUGE KHOURY ET CHAQUE AUTRE JUGE FERAIT BIEN DE REVELER APRES TOUT CE TEMPS LE NOM DU VRAI PROPRIETAIRE ET UTILISATEUR DU NITRATE. EST-CE ABOU ABDO OU ABOU HASSAN ?

ABOLIR LA CENSURE = REABONNEMENT ET SOUTIEN.

15 h 36, le 24 juin 2021

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Commentaires (2)

  • LE JUGE KHOURY ET CHAQUE AUTRE JUGE FERAIT BIEN DE REVELER APRES TOUT CE TEMPS LE NOM DU VRAI PROPRIETAIRE ET UTILISATEUR DU NITRATE. EST-CE ABOU ABDO OU ABOU HASSAN ?

    ABOLIR LA CENSURE = REABONNEMENT ET SOUTIEN.

    15 h 36, le 24 juin 2021

  • "« La provenance du nitrate d’ammonium ainsi que l’État qui l’a importé sont connus », ajoute-t-on dans le document." Tout ce qu'on raconte là n'a pas d'importance! Ce qui est important, c'est de savoir sur quoi s'est basé le juge Jad Maalouf pour émettre sa décision No. 426/2014 en date du 27/6/2014, décision qui a ordonné le déchargement de la cargaison de nitrate d'ammonium SANS PERMIS ISSU PAR LE CONSEIL DES MINISTRES!!! Tant que le juge Bitar ne procède pas à l'interrogation du juge Maalouf, et à son arrestation, on continuera à tourner en rond!

    Georges MELKI

    10 h 44, le 24 juin 2021

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