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Nos Lecteurs ont la Parole

J’ai mal à t’aimer

Je t’aime à en avoir mal et j’ai mal à t’aimer.

Meurtrie, violée et entièrement brisée, c’est une souffrance dans l’âme que j’ai à te regarder.

Où sont-ils, ceux qui t’aiment ? Qui avaient promis de ne jamais te lâcher ?

Est-ce que c’est tes rues vides et dépeuplées, ou c’est le souvenir accablant de tes vitres éclatées ?

Est-ce qu’ils fuient ta chute, ton délabrement ou la puanteur de la misère qui règne ici à présent ?

Où sont-ils, ceux qui t’aiment ? Qui avaient promis de ne jamais te lâcher ?

Est-ce que c’est la faim de pain et la soif de liberté ? Ou est-ce que ce n’est rien d’autre qu’une envie de vivre avec dignité ?

Je t’aime à en avoir mal et j’ai mal à t’aimer.

Sale, battue et profondément changée, c’est enfouir la lame dans la plaie et mourir mille fois encore de te voir victime et ensanglantée.

Où sont-ils, ceux qui, avant, criaient ton nom en jurant de te sauver ?

Étaient-ils abrutis, sots et complètement arriérés ? Ou au contraire conscients et par la bassesse de l’argent aveuglés ?

Lorsque leurs choix déraisonnables ont ramené ceux qui te jalousent et te haïssent et qui aux forces étrangères t’on prostitué ?

Je t’aime à en avoir mal et j’ai mal à t’aimer.

Et t’aimer est une souffrance que je me réjouis d’éprouver. Mais mon corps est affaibli et mes yeux fatigués de toutes les larmes que je pleure et qu’il me reste à verser. Est-ce qu’il y a lumière au bout du tunnel, ou au moins une lueur d’espoir qui brille toujours ? Ou est-ce que je dois me faire à l’idée qu’ici ne prospèrent que l’obscurantisme et la pestilence de l’avidité ? Est-ce que ça en vaut la peine, ou est-ce que c’est insensé ? Et est-ce que je mérite de souffrir à vivre ici, est-ce que je dois renoncer à rêver ?

Peut-être qu’ils ont raison, ceux qui n’ont pas tenu leur promesse. Peut-être qu’il faut que je quitte Beyrouth comme eux pour ne pas te haïr.

Cette souffrance dans l’âme me brise et m’empêche d’avancer, car Beyrouth je t’aime à en avoir mal et j’ai mal à t’aimer.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Je t’aime à en avoir mal et j’ai mal à t’aimer.
Meurtrie, violée et entièrement brisée, c’est une souffrance dans l’âme que j’ai à te regarder.
Où sont-ils, ceux qui t’aiment ? Qui avaient promis de ne jamais te lâcher ?
Est-ce que c’est tes rues vides et dépeuplées, ou c’est le souvenir accablant de tes vitres éclatées ?
Est-ce qu’ils fuient ta chute,...

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