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Nos Lecteurs ont la Parole

La sagesse des animaux

Par un après-midi de mai,

Le zèbre invita ses alliés

À le retrouver

Sous un olivier,

Pour échanger

Suggestions et idées,

Sur ce qui se passait

Dans la jungle désemparée.

« Mes amis, à vous dire vrai

J’ignore par où débuter,

Sidéré que je suis,

Par toute l’infamie,

Que nous devons supporter,

Tout au long de nos journées,

Sans pour autant oublier

Ces longues et mornes nuits

Éclairées de maigres bougies. »

« Ne t’en fais point »,

Répondit le porcin.

« À les écouter

Déblatérer

Tout va très bien.

On mange à notre faim,

La santé bat son plein,

Les greniers sont garnis,

Et l’avenir garanti.

Ce n’est donc pas la peine

D’en rajouter. »

« Mais quel tintouin »,

Renchérit le lapin.

« L’on m’avait prévenu,

Que tous ces malotrus,

Sans même sourciller,

Toujours nous surprendraient,

Par leur futilité.

Mais je reconnais

Qu’ils se sont dépassés

Pour en arriver

À un tel degré,

De médiocrité. »

Le singe répliqua :

« Futilité n’est pas

Le terme adéquat.

Le macaque que je suis,

Ne juge pas fortuit,

Tout ce charivari,

Sciemment orchestré.

Une mise en œuvre,

Pour nous déboussoler,

Et nous faire oublier,

Toutes les couleuvres,

Que l’on doit avaler. »

« Je soutiens totalement

Ces propos très pertinents »,

Intervint le beau faisan.

« À chaque jour suffit sa peine,

Nous rappelle le vieil adage,

Mais fort de mon plumage,

Je m’adresse à la hyène,

Qui semble endormie,

Sourde à nos soucis,

Et de lui rappeler,

Que l’histoire la jugera,

Pour le mal qu’elle nous causa. »

« Mais tu perds ton temps »,

Soupira le toucan.

« Au royaume des aveugles,

Les borgnes sont rois,

Et je pense ma foi,

Qu’entre le putois,

La hyène et le matois,

Nous n’avons guère le choix :

Un trio infernal,

Qui nous a enfoncés

Dans un trou abyssal,

Dont nous sommes prisonniers. »

« Je vois au loin le gorille »,

S’alarma la p’tite équille,

Qui de sa queue frétilla,

Et dans l’étang replongea.

Mais le zèbre les rassura :

« Ne vous en faites surtout pas,

Les mimiques de ce gros bras,

Ne m’impressionnent pas.

Justice n’est point tartuferie,

Et toute cette escobarderie,

Un feu de paille qu’elle est,

Aux gémonies, vouée. »

Du haut de son bambou,

Ajouta le gros sajou :

« Pour mieux enfoncer le clou,

Ils ont de suite conspiré,

Pour encore nous accabler,

D’un minable écervelé,

Chargé d’antagoniser

Par sa grande débilité,

Les amis qui nous restaient,

Et qui semblent déranger,

Cette clique de malfaiteurs,

Dépourvue de tout honneur,

Mettant ainsi en danger,

Notre jungle déconcertée. »

On récolte bien ce que l’on sème.

Cette jungle en est l’évidence même.

Tant que l’on n’aura pas saisi,

Que toute liberté a un prix,

En rond nous tournerons,

À la satisfaction,

De tous ces vils morpions.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Par un après-midi de mai,
Le zèbre invita ses alliés
À le retrouver
Sous un olivier,
Pour échanger
Suggestions et idées,
Sur ce qui se passait
Dans la jungle désemparée.« Mes amis, à vous dire vrai
J’ignore par où débuter,
Sidéré que je suis,
Par toute l’infamie,
Que nous devons supporter,
Tout au long de nos journées,
Sans pour autant oublier
Ces longues...

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