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Nos Lecteurs ont la Parole

La vie avant la mort

Assise sur la petite terrasse, devant la maison, je fixe le ciel bleu de mon village.

Ici, la vie est simple et tranquille. Mes pensées vagabondent. Combien de temps nous reste-t-il dans ce monde ? Une minute, une journée, des années ? Je m’étais souvent demandé dans le passé s’il y avait une vie après la mort. Aujourd’hui la question est tout autre, y a-t-il une vie avant la mort ?

Tant de choses se sont produites et continuent à se produire dans notre vie au Liban. À peine avions-nous réussi à atteindre une « pseudo »-stabilité que le tapis a été de nouveau impitoyablement balayé sous nos pieds. C’est comme un sort qui s’acharne. On cherche désespérément quelque chose à saisir, on espère, on attend, mais les problèmes se cumulent. L’instant magique est passé et le futur semble bien fragile. On devient nostalgique du temps passé, on l’idéalise même. Une espèce de mélancolie s’empare de nous et les jours se succèdent avec leur lot de misère. Les jeunes s’en vont. Le vent glacial de l’exil souffle sur le pays. Les familles saignent, les attaches se distendent et finissent par éclater. C’est la grisaille au quotidien. Certains s’accrochent aux souvenirs d’antan, souvenirs heureux comme appartenant à un autre monde. Un miracle est-il encore possible ? La résignation nous submerge. La solitude nous enveloppe, lourde, implacable, insupportable. Vivre devient épuisant. Les photos de la capitale Beyrouth, dans ce qu’elle a de plus beau, ne sont plus à nos yeux que mensonges. La vérité est tout autre. Notre conte de fées n’aura été qu’une illusion.

Tout a basculé dans le cauchemar. Un cauchemar qui nous ronge jusqu’aux os, qui nous paralyse...

Tristes, rejetés de tout le monde, nous nous sentons solitaires, enfermés dans notre douleur. Abus, trahisons, escroqueries, humiliations quotidiennes, ignorance ont sapé notre confiance et miné notre estime de soi. Ce sont les mêmes images qui reviennent, quoi qu’on fasse et quoi qu’on tente.

Se lever le matin et pourquoi donc ? Pour ressentir jusqu’au fond de nos entrailles dégoût, lassitude et désespoir ? La journée nous semble insurmontable et on attend la nuit impatiemment. Là, bien à l’abri dans le cocon du sommeil, nous redevenons des êtres humains, des êtres vivants avec leurs espoirs, leurs amours, leurs projets et leurs rêves. La vie circule alors à nouveau dans nos veines et le monde nous appartient !


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Assise sur la petite terrasse, devant la maison, je fixe le ciel bleu de mon village.Ici, la vie est simple et tranquille. Mes pensées vagabondent. Combien de temps nous reste-t-il dans ce monde ? Une minute, une journée, des années ? Je m’étais souvent demandé dans le passé s’il y avait une vie après la mort. Aujourd’hui la question est tout autre, y a-t-il une vie avant la mort ?...

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