Depuis l’annonce des résultats de l’élection présidentielle en Syrie, le Liban officiel, mais aussi certaines parties politiques, se sont empressés d’adresser des messages de félicitations au président réélu pour un quatrième mandat qui devrait se terminer en 2028.
Les réactions libanaises d’aujourd’hui sont différentes de celles qui avaient été enregistrées lors de la précédente élection présidentielle en 2014, en pleine guerre syrienne. À ce moment-là, bien peu de parties, libanaises et autres, pensaient que Bachar el-Assad pourrait terminer son mandat.
Aujourd’hui, et bien qu’il n’y ait encore rien d’officiel, il existe le sentiment, chez certains, au Liban et ailleurs, que cette élection marque concrètement la fin de la guerre en Syrie qui a duré une décennie et qu’elle pourrait signifier le retour de ce pays au sein de la communauté internationale en commençant par la Ligue arabe. Certes, il y a encore des zones conflictuelles, notamment dans le nord-est du pays, où les enjeux régionaux (et internationaux, avec la présence de soldats russes et américains) restent présents et où l’avenir est encore incertain. Aujourd’hui, la capitale syrienne grouille de rumeurs sur de prochaines visites de délégations arabes, notamment d’émirats du Golfe, pour féliciter le président réélu et rétablir les relations diplomatiques rompues avec la Syrie pendant les longues années de guerre.
Ce climat nouveau, qui toutefois attend encore de se concrétiser, est attentivement suivi au Liban, où différentes parties politiques sont en train de revoir leurs rapports avec le régime syrien. Un grand nombre d’entre elles, qui étaient considérées proches de l’autorité dite de tutelle, avaient clairement pris leurs distances avec le régime depuis le début de la guerre en 2011. Certaines avaient clairement pris parti avec les groupes de l’opposition contre le régime accusé d’être tyrannique et violent, et d’autres avaient préféré se tenir à l’écart, ce qui a pu être considéré par le régime syrien comme un lâchage. D’ailleurs, selon des sources proches de la Syrie au Liban, des responsables syriens auraient déclaré à leurs visiteurs libanais, avec une amertume à peine dissimulée, que « ceux que nous avons aidés lorsque nos soldats étaient au Liban nous ont abandonnés et ceux que nous avons combattus se sont tenus à nos côtés ». Selon ces mêmes sources, dans le premier cas, il s’agit d’une allusion à certaines parties du mouvement du 14 Mars et même à certaines figures du mouvement du 8 Mars, alors que dans le second cas, il est essentiellement question du CPL et du Hezbollah. Pour rappel, l’armée syrienne avait liquidé 13 combattants du Hezbollah en 1987 dans la caserne Fathallah à Basta (Beyrouth) et, un peu plus tard, lorsque le pays a été quasiment placé sous tutelle syrienne à partir de 1991, l’armée syrienne combattait les groupes de ce qu’on appelait « la résistance islamique ».
Par contre, lorsque la guerre a éclaté en Syrie, le Hezbollah prônait, au cours des premiers mois, le dialogue entre le pouvoir et l’opposition. À partir de 2012, il a pris clairement position en faveur du régime et il a participé aux combats, d’abord pour protéger les Libanais dans les villages limitrophes de la Syrie, puis pour aider le régime à rester en place pour des raisons stratégiques. De son côté, le chef de l’État Michel Aoun n’a cessé depuis son élection à la présidence le 31 octobre 2016 de prôner un dialogue avec Damas au sujet du retour des déplacés syriens dans leur pays. En vain. Ces dernières années, et sur base d’un plan établi par la Sûreté générale, près de 300 000 déplacés syriens ont pu retourner chez eux, à travers des initiatives personnelles, sans obtenir l’aval de la communauté internationale. Aujourd’hui, sous l’impulsion de la Russie, un congrès pourrait se tenir à Beyrouth pour programmer le retour des déplacés syriens dans les régions devenues sûres... Mais cela suppose un retour à des relations normales entre les deux pays voisins.
Toutefois, pour l’instant, ce sujet est loin de faire l’unanimité des Libanais. Certaines parties, qui ont pris au cours de la dernière décennie des positions hostiles au régime syrien, brandissent désormais le spectre du retour de l’ingérence syrienne dans les affaires libanaises. D’autres, au contraire, s’empressent d’envoyer des messages aux autorités de Damas, maintenant qu’elles sont sûres de leur maintien au pouvoir... Dans ce contexte, des informations circulent au Liban sur le fait que les ententes internationales qui se profilent à l’horizon, notamment entre les États-Unis, d’une part, l’Iran et peut-être la Russie, de l’autre, pourraient placer de nouveau le Liban sous tutelle irano-syrienne. Mais aussi bien les milieux proches du Hezbollah que ceux proches du CPL rejettent totalement cette possibilité, assurant que ces deux camps n’accepteront jamais une nouvelle tutelle sur le pays, quelle qu’elle soit. De toute façon, selon ces mêmes milieux, ni l’Iran ni la Syrie ne veulent exercer une tutelle sur le Liban. Cette époque est révolue, assurent ces milieux, et c’est aux Libanais de cesser de solliciter une protection étrangère, car la solution reste dans leur entente et dans leur cohésion. De plus, certains visiteurs libanais de retour de Damas affirment que les autorités de ce pays ont clairement déclaré qu’elles « n’ont pas l’intention d’intervenir dans les affaires intérieures libanaises » et qu’elles ont « pleine confiance dans le chef de l’État et dans le leader du Hezbollah ».
Toutefois, le climat de crise sociale, économique et politique qui règne actuellement au Liban ravive l’angoisse des Libanais au sujet de leur avenir et prépare le terrain à une nouvelle polémique interne...




Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Je n’ai pas compris le sens de ce « déchiffrage »! Suis-je bête !( apparemment oui) hihi
17 h 44, le 01 juin 2021