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Lifestyle - Liban Pop

Lukas Abdul : « ÉlectrOriental »

Le chanteur franco-libanais, ancien candidat de « The Voice France » en 2016, présente un univers musical des plus éclectiques. Son nouveau single, intitulé « Beyrouth », réunit ses deux amours : la derbaké et la capitale libanaise.

Lukas Abdul : « ÉlectrOriental »

Lukas Abdul chante et danse sa ville Beyrouth. Photo Anthony Passant/Spider Fashion

Le plus libanais des chanteurs français, c’est bien lui, Lukas Abdul. Du haut de ses 27 ans, le jeune homme aux 100 000 volts ne manque jamais une occasion de crier haut et fort ses origines. Sur les plateaux radio et télé à Paris, il débarque souvent avec son « hommos fait maison, assaisonné à l’ail », et Habibi Ya Nour el-Ein, titre incontournable de la tracklist de ses concerts et qui fait immanquablement danser les foules. Ce qui le ravit au plus haut point. C’est d’ailleurs en plein concert-beach party à Marbella, en Espagne, qu’il prend une pause sous les palmiers pour se confier (virtuellement) à L’Orient-Le Jour, des colliers autour du cou, un « rhum-gingembre dans une main », son téléphone dans l’autre.

« Ce que j’aime ? Faire danser les gens, les faire pleurer, les enlacer, tout faire avec les gens ! » lance-t-il avec humour. De ses origines libanaises, cet artiste né et élevé à Paris assure avoir appris la générosité, et garde du Liban une certaine nostalgie indélébile. « Ma mère, qui ne parlait pas le français, est venue vivre en France après son mariage, explique Lukas. Elle a tout fait pour que mes frères et moi recevions une éducation typiquement libanaise, avec son lot de valeurs, notamment la culture du travail et de l’effort. De Nabatiyé, ma ville natale, je me souviens surtout de mes grands-parents et des yeux de Yasmine, ma grand-mère. La personne qui me laissait le plus chanter, quand elle me déposait aal tawlé tout près d’elle pour fredonner quelques notes. »

Mais très vite, le jeune Lukas se voit confronté à la volonté de ses parents qui ne voulaient pas entendre parler de musique comme choix de carrière. En bon élève, il intègre l’hôpital universitaire de la Pitié-Salpêtrière à Paris et débute des études en médecine, voulant rendre fier ce père qui a fui le Liban pendant la guerre. « Au fond de moi, je n’étais pas heureux, confie-t-il. À chaque fois que j’obtenais une bonne note, je sentais que je m’éloignais un peu plus de mes rêves. On ne peut pas réaliser ses propres rêves si l’on doit suivre ceux des autres. » Quand il laisse tomber ses études et intègre le casting de la saison 5 du télé-crochet The Voice France, en 2016, c’est un vrai déchirement pour ce garçon très attaché à sa famille. Lors de son troisième et dernier passage à l’antenne, sentant son élimination imminente, il demande à ses parents d’assister à sa performance, « au moins une fois ». « Ils étaient là, ils m’ont soutenu, raconte le chanteur. Depuis, ce sont mes premiers fans. J’ai perdu à The Voice ce jour-là, mais j’ai gagné ma famille. » S’il ne ressent « aucun regret » de son aventure télévisée, Lukas affirme que le programme a été sa « première école de musique ». « C’est là que j’ai découvert le métier à 21 ans ; j’en retiens la formation que j’ai pu acquérir et la chance d’avoir fait partie de ce télé-crochet. »


Lukas Abdul chante et danse sa ville Beyrouth. Photo Lucrèce Hamon

Toute une histoire

Fier de ses origines, Lukas utilise la musique, « sa raison de vivre », pour promouvoir son identité personnelle et professionnelle. Le Liban s’invite donc tout naturellement dans son univers artistique. Ce qui l’inspire ? « L’émotion d’abord, la souffrance. » « Ça part toujours d’une douleur. Puis j’y rajoute le son de la derbaké et je vois ce que ça donne. Elle est toujours présente pour le côté oriental et le piano pour le côté occidental. » Un genre nouveau qu’il baptise électrOriental, et qu’il défend malgré les réticences de son label qui l’a repéré après son passage dans l’émission. « J’ai collaboré avec cette maison de disques pendant un an seulement, car on ne m’a pas donné le temps de savoir ce que je voulais, déplore Lukas. Je ne veux pas chanter pour chanter. Je veux être un artiste avant tout, pas juste un produit, alors que les producteurs voulaient quelque chose de très commercial. Mais c’était aussi une école. Depuis, je me suis dit : plus jamais de producteur ! Je suis un artiste libre. »

En 2020, Lukas sort son premier titre Les maux bleus, un clin d’œil à son audition à l’aveugle où il avait revisité Les mots bleus de Christophe et séduit Zazie et Florent Pagny. L’histoire d’une rupture mise en scène dans un clip torride, sous la pluie.

Suivra le single Beyrouth, écrit il y a plus de 4 ans mais remis au goût du jour après la révolution du 17 octobre 2019 et la tragédie du 4 août 2020, et dans lequel il chante ses origines. Mettant en scène une danseuse orientale, le clip se veut envoûtant. « Après la double explosion, je voulais descendre dans les rues pour déblayer les débris, faire quelque chose, assure Lukas. Beyrouth est ma ville, et sur ce titre, je m’adresse à elle comme si c’était une femme. C’est la mère, la sœur, la bien-aimée. Au Liban, la femme est la “reine des lieux”. On la surnomme d’ailleurs très justement sett el-beit. Et parce que Beyrouth est une femme, elle encourage ses femmes à être aussi fortes. »

Une philosophie

Très attaché à sa capitale libanaise, ce grand idéaliste qui exprime sa joie de vivre sur les réseaux sociaux rêve de se faire connaître du grand public et de percer dans le métier, même s’il est conscient que la route est longue pour un artiste indépendant. « Non pas pour faire fortune, mais pour venir en aide aux plus défavorisés. » Son grand projet ? Un orphelinat pour enfants libanais, syriens et palestiniens, dans le but de « créer une nouvelle génération qui ne connaisse pas les frontières ». Aujourd’hui, il travaille en tant que volontaire à l’Institut Curie auprès d’enfants malades. Ayant lui-même survécu à une tumeur il y a plus de 2 ans, Lukas est certainement bien placé pour comprendre leur douleur.

« Souvent, on se dit qu’on est trop jeune pour mériter tout cela, dit-il. Cette idée m’a traversé moi-même l’esprit, mais au final, ce n’est pas grave d’être malade. La seule chose vraiment grave, c’est de manquer d’amour, et je n’en manque pas. Lorsque j’étais hospitalisé, je ne pouvais m’empêcher de danser tout le temps, ce qui rendait fous les infirmiers ! » « En fait, je n’arrête pas de danser », plaisante Lukas, avant de rejoindre la fête sur la plage ensoleillée de Marbella. Son prochain clip, tourné dans le sud de la France, incarne en tout cas cette philosophie. Intitulé J’envoie balader, ce titre en allusion à son ex-coach Zazie et son titre J’envoie valser est un hit estival franco-oriental haut en couleur, à l’image de notre Lukas national. L’été pour lui, à Paris où il réside, risque d’être riche en hommos !


Le plus libanais des chanteurs français, c’est bien lui, Lukas Abdul. Du haut de ses 27 ans, le jeune homme aux 100 000 volts ne manque jamais une occasion de crier haut et fort ses origines. Sur les plateaux radio et télé à Paris, il débarque souvent avec son « hommos fait maison, assaisonné à l’ail », et Habibi Ya Nour el-Ein, titre incontournable de la tracklist de...

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