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Lifestyle - Mode

Salam : obsession paix

Salam : obsession paix

La collection Salam. Photo DR

Il s’appelle Ricardo Zgheib, il est ingénieur. Durant ses études à Montréal, il n’avait qu’un rêve, revenir au Liban pour aider ses compatriotes dans les moments difficiles qu’ils traversent. Il rentre en juin 2020 et tient la promesse qu’il s’est faite avec une idée simple : obsédé par l’apaisement des relations entre les gens, mais aussi par la sérénité intérieure, il fabrique des t-shirts surdimensionnés frappés du mot Salam, paix en arabe, et en reverse les bénéfices à des familles défavorisées de Bourj Hammoud et de Beyrouth. « Entre pandémie et corruption, j’ai senti le besoin de soutenir mon peuple et d’œuvrer à recréer la paix dans les murs de ma ville », affirme le jeune homme qui, fort du succès de sa première édition de t-shirts épuisée aussitôt produite, va non seulement en produire une nouvelle fournée, mais développer de nouveaux modèles qui vont au final justifier la fondation d’une marque en bonne et due forme. Le nom choisi pour ce label sera, sans surprise, Salam.

À mesure que son projet se développe, Zgheib étend le domaine – et le vocabulaire – de sa lutte. Aux t-shirts vont s’ajouter des modèles plus complexes, des chemises, des pantalons, des abayas et même des robes. Le logo Salam, redessiné par la graphiste Nour Hadwan, se fait plus sophistiqué. Il ressemblerait en fait à celui d’une compagnie aérienne vintage avec les globes terrestres et les continents qui les entourent, et l’on ne saurait mieux illustrer le vœu pieux d’une paix globale. De nouvelles calligraphies se font jour, toujours en arabe, parce que rien n’exprime mieux l’amour que ces lettres qui s’enroulent et s’entrelacent : confiance, sécurité, pardon. Bientôt vont monter à bord d’autres créatifs comme les photographes Bachar Srour et Charbel Hasbani. « Des gens formidables », souligne l’heureux entrepreneur. Entre humour et ironie, surplus disponibles et matériel de récupération, la collection qui s’ensuit a tout de l’uniforme militaire, mais autrement. Rien de plus décalé que cette invasion du vocabulaire de la paix sur les éléments d’un treillis, gilet à poches ou pantalon cargo. Des éléments métalliques, tombés d’un futur dystopique, vont jouer les ornements : « En tant qu’ingénieur, j’intègre cet aspect de ma vie dans la mode. J’utilise des métaux et des chaînes recyclés que je trouve dans l’entrepôt de mon père pour créer les bretelles et les sacs qui complètent les tenues. La collection a une touche futuriste qui peut être perçue comme une esthétique de la dystopie dans laquelle nous vivons en ce moment », explique Zgheib.

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Dans un Liban qui vit en état d’alerte permanent et où la pandémie, souci international, vient s’ajouter à de gigantesques problèmes locaux qui l’éclipsent, l’ingénieur/créateur entend comme presque tout le monde cette question qui fuse à la moindre alerte, assombrit l’heure du café et change le ton des conversations : « Rah te3la’? » (y aura-t-il bientôt une guerre ?). Comme une manière d’exorciser l’angoisse, Zgheib baptise sa nouvelle collection War or peace, guerre ou paix. Dans ce « ou », un pied de nez, quand même, au déterminisme de Tolstoï : on peut éviter la fatalité. À sa manière, ce créateur improvisé qui réussit à séduire sa génération avec un message simple et percutant y participe.

Il continue à créer pour continuer à aider. « Évidemment, avec chaque collection que je fais, j’organise la distribution des bénéfices à des familles dans le besoin à Beyrouth. Je ne dis pas cela pour m’en vanter, mais parce que je pense que toutes les marques devraient le faire. Parce que l’unité et la solidarité sont les seules choses qui peuvent nous rapprocher et nous réconcilier avec notre pays », affirme Zgheib qui, dans la foulée, a fixé son dollar à 4 000 LL, soit au tiers du marché parallèle.

Instagram : @elsalam

Site web : www.elsalam.store


Il s’appelle Ricardo Zgheib, il est ingénieur. Durant ses études à Montréal, il n’avait qu’un rêve, revenir au Liban pour aider ses compatriotes dans les moments difficiles qu’ils traversent. Il rentre en juin 2020 et tient la promesse qu’il s’est faite avec une idée simple : obsédé par l’apaisement des relations entre les gens, mais aussi par la sérénité...

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