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Économie - Electricité au Liban

Karpowership menace de suspendre la production des navires-centrales

L'entreprise turque dit ne pas avoir été payée par l'Etat libanais depuis 18 mois.

Karpowership menace de suspendre la production des navires-centrales

Le Orhan Bey, le navire-centrale posté à Jiyé, au sud de Beyrouth. Photo Sébastien Bruvier

Alors qu'Electricité du Liban a mis en garde en fin de semaine contre un rationnement généralisé du courant, après la suspension d'une avance pour payer son approvisionnement en carburant, c'est l'entreprise turque Karpowership, qui loue à l'Etat deux navires-centrales depuis 2013, qui a menacé de suspendre la production de courant sur ces deux infrastructures. Les deux centrales flottantes turques, amarrées à Jiyé et Zouk Mosbeh, respectivement au sud et nord de Beyrouth, déploient une capacité de 370 mégawatts, soit près d’un quart des capacités totales disponibles dans le pays.

Cette mise en garde a été lancée par Karpowership au gouvernement libanais sur fond d'accusations de corruption et de retards de paiement, rapporte l'agence Bloomberg, qui cite un porte-parole de l'entreprise. Cette dernière a exhorté le gouvernement de Hassane Diab, uniquement chargé de l'exécution des affaires courantes depuis sa démission en août dernier, à lancer des négociations concernant le versement des arriérés de paiement et émis un "dernier avertissement" avant que les centrales ne soient mises à l'arrêt. "Nous avons toujours agi en toute bonne foi et avons continué à fournir de l'électricité alors que nous n'avons reçu aucun paiement au cours des 18 derniers mois", a déploré Karpowership via ce porte-parole. 

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L’État libanais, en défaut de paiement sur ses obligations en devises (eurobonds) depuis mars 2020, doit plusieurs dizaines de millions de dollars à plusieurs prestataires d’EDL, notamment Karpowership dont le contrat se termine vers la fin de l’année, après avoir été prolongé à plusieurs reprises depuis 2013.

Par ailleurs, le procureur général financier Ali Ibrahim avait interdit en fin de semaine dernière à la société énergétique turque de faire sortir du territoire ses deux navires-centrales afin de garantir que la filiale de l’opérateur turc Karadeniz ne se dérobe pas à son obligation de payer 25 millions de dollars à l’État libanais dans le cas où la justice confirmerait sa participation à des "transactions financières et opérations de courtage litigieuses", comme l’impose une disposition prévue dans le contrat liant la société à Électricité du Liban (EDL). Karpowership est dans le collimateur de la justice depuis mars suite au déclenchement d’enquêtes par le juge d’instruction de Beyrouth pour faits de "corruption" et de "blanchiment d’argent". La procédure a conduit à l’arrestation mi-mars de plusieurs personnes, dont Ralph Fayçal, représentant de Karpowership, et les intermédiaires Fadel Raad et Hassan Ahmad. L'entreprise a toujours démenti toute malversation. 

La location de ces barges avait été présentée comme une solution temporaire pour combler le déficit de production d’EDL, le temps que le pays construise des centrales permanentes. Un chantier qui n’a finalement jamais été mené, en raison des conflits d’intérêts des différents partis au pouvoir, ne laissant d’autres choix au pays que de continuer à compter sur Karpowership. Le dossier de l’électricité en général, et celui des barges en particulier, est au centre de tensions politiques majeures entre plusieurs partis au pouvoir. 

Une suspension de l'activité de l'Orhan Bey et du Fatmagül Sultan risquerait de plonger toujours plus le Liban dans le blackout, alors qu'EDL avait annoncé jeudi une diminution de 200 mégawatts de sa production de courant, de 1.250 à 1.050 mégawatts, à la suite de la suspension des effets de la loi n° 215/2021, qui devait permettre de débloquer une avance de 300 milliards de livres (200 millions de dollars au taux officiel de 1.507,5 livres pour un dollar) pour payer une partie des tankers commandés par le fournisseur de courant. En conséquence, l'approvisionnement en courant, dans l'ensemble du pays, sera réduit, jusqu'à l'arrêt totale des centrales électriques, d'ici le 22 juin.

Le Conseil constitutionnel avait suspendu mardi dernier les effets de cette loi adoptée fin mars, après l’introduction d’un recours de la part des députés des Forces libanaises, refusant que des fonds soient versés à EDL sans une réforme préalable et qu'ils soient, en outre, prélevés des réserves obligatoires en devises des banques auprès de la banque centrale qui ne peuvent en principe pas être employées.


Alors qu'Electricité du Liban a mis en garde en fin de semaine contre un rationnement généralisé du courant, après la suspension d'une avance pour payer son approvisionnement en carburant, c'est l'entreprise turque Karpowership, qui loue à l'Etat deux navires-centrales depuis 2013, qui a menacé de suspendre la production de courant sur ces deux infrastructures. Les deux centrales...

commentaires (2)

Moi je suis tranquille. Je suis sûr que Gebran va nous sortir de là. Lol.

Gros Gnon

21 h 15, le 09 mai 2021

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Commentaires (2)

  • Moi je suis tranquille. Je suis sûr que Gebran va nous sortir de là. Lol.

    Gros Gnon

    21 h 15, le 09 mai 2021

  • Combien pouvons-nous encore prendre sur nous, nous le peuple que nos politiciens ont saigne a blanc? Et ils ne sont toujours pas repus. La honte!

    CW

    19 h 37, le 09 mai 2021

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