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Nos Lecteurs ont la Parole

Fuir ou rester ? Telle est la question...

Le Liban a bel et bien été un paradis sur terre. Chanté et loué par les chanteurs et les poètes du monde entier au fil des siècles, il n’est désormais qu’un paradis perdu. Alors que la terre entière est en plein combat contre un virus mortel, le Libanais se déchire entre divers problèmes, autres que les complications sanitaires. Une dégradation à tous les niveaux ravage le pays. Le Liban souffre non seulement du virus mondial mais de multiples pandémies fatales. Passant d’une crise à une autre, les Libanais ont survécu, et survivent encore, à l’ombre des crises sociales, économiques et politiques, et surtout des maux physiques et psychologiques causés par la troisième plus grande explosion du monde. Cerise sur le gâteau : certains pays s’amusent à mettre le doigt sur la plaie, en usant des biens et des richesses humaines et naturelles du pays.Tourmenté par toutes ces crises, tout habitant se déchire entre deux décisions cruciales. Le dilemme libanais se construit alors à la manière du dilemme shakespearien : « Fuir ou Rester ? Telle est la question. » Dans ce qui suit, nous dénoncerons les vrais coupables et nous tâcherons de donner des solutions.

La naissance du Grand Liban, il y a déjà cent ans, était la naissance d’une patrie, tant attendue par le peuple libanais. Ce Grand Liban, suite à son indépendance (partielle), s’est transformé au fil du temps en un monstre à caractère narcissique. Le choix du terme est évident puisque cette patrie est manipulatrice et dominatrice. Ainsi, pour assouvir les besoins de suprématie, de richesse et de pouvoir, le Grand Liban use de l’amour de ses citoyens qui ne baissent jamais les bras. De qui est formée cette patrie? Elle est constituée de gouverneurs et de politiciens, ayant presque « cent ans » d’expérience sur l’échiquier libanais. Ils sont des joueurs implacables mais surtout ils sont tous « innocents ». Rien ne les accuse. Nos chers joueurs ressemblent à un enfant gâté, le genre qui casse le jeu de construction de ses camarades de classe. Lors de l’interrogatoire, il pleurnichera en montrant les autres du doigt, évitant ainsi toute punition. C’est donc le même scénario qui se répète : chaque parti fait porter le chapeau à d’autres partis. De même, le discours hypnotisant est toujours en marche : « On voulait faire ceci, on voulait faire cela, et malheureusement on nous a empiété le pas. » Mais qui se cache derrière ce « on » exclusif, donnant une image si angélique à tout politicien ? Une quête interminable et vaine qui s’avère être un véritable casse-tête.

Pour cela, il ne reste plus qu’à accuser le peuple libanais pour éviter de se perdre dans le dédale des gouverneurs. Au lieu de combattre le Minotaure du labyrinthe, le Libanais tente de s’enfuir, non pas à la manière de Thésée, grâce au fil d’Ariane, mais à la manière de Dédale et son fils Icare en se construisant des ailes. Cette évasion aérienne n’a justement pas été bénéfique aux deux héros mythiques. Elle n’est qu’un marécage de tristesse, de culpabilité et de grandes pertes. De ce fait, si la fuite se présente comme la seule et unique solution, le spectre de la patrie hantera les esprits fuyants pour toujours. Loin de la famille, loin des amis, il est inévitable de ressentir une grande culpabilité lors des instants les plus douloureux. Cette échappatoire est presque un acte égoïste qui consiste à écrire un nouveau chapitre en solo. En vérité, l’exil forcé n’a jamais été la solution mais plutôt un problème éminent qui crée d’autres problèmes identitaires liés à l’attachement au pays. De plus, prendre l’avion n’est pas une solution plausible pour la majorité des Libanais.

Il faut alors regarder les problèmes en face et tenter de changer nos habitudes et nos manières de penser. Le changement commence par la non-dépendance d’un autre plus puissant que nous. Cela peut se faire à travers l’articulation d’un « non » radical aux pots-de-vin. Le changement se déclenche aussi avec un refus catégorique de l’achat des produits importés afin d’encourager l’achat des produits locaux. Ce qui mène au développement de deux secteurs importants : le secteur agricole et le secteur industriel. De plus, le changement s’entame avec l’intégration d’une pédagogie nouvelle au sein des établissements scolaires. Il faut alors pousser la nouvelle génération à l’acceptation de l’autre et à l’ouverture vers divers métiers propices au développement du pays. Cette métamorphose vitale peut se faire tant au niveau global qu’au niveau personnel sans l’intervention d’une force ultime. De ce fait, la multiplication de ces petites initiatives personnelles peut ouvrir une autre issue à divers problèmes économiques, financiers et sociaux. Cette chaîne sera alors la plus grande révolution de l’histoire du Liban.

Finalement, il est crucial de combattre le monstre du dédale libanais par la ruse. Il faut donc arrêter de blâmer et commencer à agir. Pour cela, il est essentiel de regarder les problèmes en face. La fuite n’est pas LA solution. C’est le changement de la mentalité libanaise qui se présente alors comme l’unique issue salvatrice. Cette transformation peut se faire au niveau comportemental de tout Libanais. C’est une permutation capable de faire renaître les fleurs de l’espoir dans tous les secteurs blasés par les crises interminables. C’est une véritable sortie vers un futur prospère. Seulement, faudrait-il croire que tout Libanais est digne de ce changement, digne d’avoir une terre sur laquelle il se sent roi et non pas esclave.

Université libanaise-Master 2

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Le Liban a bel et bien été un paradis sur terre. Chanté et loué par les chanteurs et les poètes du monde entier au fil des siècles, il n’est désormais qu’un paradis perdu. Alors que la terre entière est en plein combat contre un virus mortel, le Libanais se déchire entre divers problèmes, autres que les complications sanitaires. Une dégradation à tous les niveaux ravage le pays....

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