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Nos Lecteurs ont la Parole

Cortège pour un courage

Cortège pour un courage

À la mémoire des victimes du Covid-19, après un an de pandémie.

Ils sont partis, tout doucement,

Loin du foyer des cœurs aimants,

Dans la moiteur hospitalière,

Après une lutte dernière.

Ils sont partis dans le brouillard,

Se dérobant à nos regards.

Ils étaient, en ces temps terribles,

Comme leur bourreau : invisibles.

Ils sont partis, pour la plupart,

Sans un adieu de notre part,

Sans pompeuse cérémonie,

Dans des obsèques démunies.

À court de brise, ils sont partis

Tout en se faisant tout petits.

Ils sont partis, partout, dans l’ombre,

De peur que leur mal nous encombre.

Ils ont emporté le virus ;

Ils ont fait leur devoir, et plus,

Durant un an de pandémie

Auprès de la souffrance amie.

Ils sont partis, longeant les murs,

Dans un geste stoïque et mûr.

Ils sont partis dans le silence,

Mais aussi dans la résilience :

De la pâleur à la blancheur

De la rose, et dans sa fraîcheur.

Au pied de la muraille blême

Ils ont laissé un bel emblème.

Ils ont servi une leçon

De survie, et donné le ton ;

Ils ont montré nos défaillances

Et nous ont mis sous surveillance.

Ils sont partis, mais revenus

Pour mettre notre monde à nu,

Pour le revêtir de droiture

Et des couleurs de la nature.

Et voici qu’avant de partir,

En victimes ou en martyrs,

Ils ont livré une bataille

Pour se sortir, vainqueurs, des mailles.

Cloués sur leur lit d’hôpital,

Affrontant seuls un sort fatal,

Ils se sont armés de courage

Pour libérer leur âme otage :

Ils ont incisé le plafond

Et ils ont respiré à fond.

L’ultime bouffée d’oxygène

Leur a fait sentir notre peine

Et notre présence alentour

Trempée de larmes et d’amour.

Puis ils ont élargi l’entaille

Au toit, et fendu la grisaille

Et il a plu des rayons d’or

Et d’air… un souffle court s’endort,

Un autre, profond, se réveille,

S’offre à l’infirmière qui veille,

S’ouvre à la vie, au ciel ouvert

Qui dévoile ses univers.

Les mains mourantes, renaissantes,

Se détachent des mains soignantes,

Leur font une salutation

De gratitude et d’affection,

Puis saisissent la sainte échelle

Qui mène à la vie éternelle.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


À la mémoire des victimes du Covid-19, après un an de pandémie.Ils sont partis, tout doucement,
Loin du foyer des cœurs aimants,
Dans la moiteur hospitalière,
Après une lutte dernière.
Ils sont partis dans le brouillard,
Se dérobant à nos regards.
Ils étaient, en ces temps terribles,
Comme leur bourreau : invisibles.
Ils sont partis, pour la plupart,
Sans un adieu de...

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