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Moyen-Orient - Éclairage

Israël veut mettre en péril les plans nucléaires iraniens

Téhéran bénéficie d’une marge de manœuvre limitée pour répondre à l’attaque de dimanche attribuée à l’État hébreu sur le complexe nucléaire de Natanz.

Israël veut mettre en péril les plans nucléaires iraniens

L’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz. Maxar Technologies/Handout via Reuters

C’est une nouvelle attaque qui pourrait porter un véritable coup dur aux ambitions nucléaires de l’Iran. Dans un contexte déjà tendu entre la République islamique et Israël sur fond d’attaques maritimes, Téhéran a accusé l’État hébreu d’être derrière l’acte de sabotage dont l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz a fait l’objet dimanche, qualifiant l’opération de « terrorisme antinucléaire ». Bien que les autorités israéliennes soient restées silencieuses à ce sujet, deux officiels américain et israélien cités hier par le New York Times ont indiqué que l’État hébreu avait effectivement joué un rôle dans l’explosion qui aurait complètement détruit le réseau électrique d’alimentation des centrifugeuses d’enrichissement en uranium souterraines. Selon ces mêmes sources, la réhabilitation des capacités de production du site de Natanz pourrait prendre au moins neuf mois.

« La réponse de l’Iran sera la vengeance contre le régime sioniste au moment et à l’endroit opportuns », a promis hier le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, précisant que les centrifugeuses dites de première génération endommagées seraient remplacées par des machines plus avancées. Peu après, le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi, a toutefois insisté que « le centre de distribution d’électricité » de l’usine de Natanz, dans le centre du pays, avait été touché par une « petite explosion » dimanche.

« L’attaque va être vue comme une humiliation par l’Iran qui venait de fêter sa Journée nationale de la technologie nucléaire quelques heures plus tôt et va donner du grain à moudre aux durs du régime qui veulent tirer profit de la situation – sachant que l’Iran va élire un nouveau président en juin », souligne Michael Horowitz, spécialiste du Moyen-Orient à LeBeck International, un think tank basé à Bahreïn. La veille de l’attaque, le président iranien Hassan Rohani avait annoncé au cours d’une cérémonie par visioconférence que l’Iran a mis en service ou commencé à tester plusieurs centaines de centrifugeuses au sein du complexe nucléaire de Natanz, interdites aux termes de l’accord nucléaire iranien de 2015 (JCPOA).

Interactions sérieuses

La marge de manœuvre de la République islamique pour répondre à l’attaque reste cependant limitée. Alors qu’il a essuyé plusieurs attaques ces derniers temps, Téhéran n’a pas répondu jusqu’à maintenant. Cet acte de « sabotage » intervient également dans le sillage du lancement des pourparlers la semaine dernière à Vienne entre Washington et Téhéran, par l’intermédiaire des signataires européens de l’accord, pour raviver le JCPOA et qui doivent reprendre demain. Vendredi, l’Union européenne et les États-Unis ont salué des « échanges productifs » à Vienne tandis que le chef de la délégation iranienne Abbas Araghchi a fait part de la « volonté de l’Iran de poursuivre des interactions sérieuses ».

Le regain d’activité sur la scène diplomatique sur le dossier du nucléaire iranien ne fait pas les affaires de l’État hébreu, fervent partisan de la politique de « pression maximale » de Donald Trump et qui estime qu’un retour au texte de 2015 pourrait constituer une menace pour sa sécurité. « Je n’autoriserai jamais l’Iran à obtenir la capacité nucléaire qui lui permettrait de mener à bien son objectif génocidaire d’éliminer Israël », a déclaré hier le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sans faire référence à l’attaque de dimanche.

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« Le message est clair : Israël se réserve le droit de continuer à saboter le programme nucléaire iranien même pendant les négociations avec les États-Unis », remarque Michael Horowitz. « En prenant pour cible les centrifugeuses – incluant potentiellement celles qui venaient d’être dévoilées la veille –, Israël veut enlever à l’Iran un peu, voire même beaucoup de son pouvoir de négociation et cherche à convaincre Washington que rien ne presse et qu’il ne faut pas revenir à l’accord sous n’importe quelles conditions », souligne-t-il.

Ne pas saper les négociations

Asphyxié sur le plan économique par les différentes salves de sanctions imposées depuis 2018 par Donald Trump après le retrait de Washington de l’accord, Téhéran a intensifié ses activités nucléaires au cours de ces derniers mois dans le but d’accentuer la pression sur l’équipe de Joe Biden – en qui elle voit l’opportunité d’obtenir une levée des sanctions. Vendredi, un officiel du département d’État américain cité par le Washington Post avait précisé que l’administration Biden avait ouvert la porte à une levée des sanctions considérées comme « incompatibles » avec l’accord de 2015, ainsi que celles qui empêchent Téhéran d’accéder à des bénéfices économiques plus larges selon l’accord. Washington conditionne toutefois toute levée de sanctions à un respect complet par Téhéran de ses engagements selon les termes du JCPOA.

Si une attaque sur le site du complexe nucléaire de Natanz avait déjà été attribuée à l’État hébreu l’été dernier, dans le cadre d’une série de mystérieux incidents dans la zone de Téhéran, l’attaque de dimanche met Washington dans une position délicate, car elle a eu lieu en même temps que la rencontre à Tel-Aviv entre le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin et son homologue israélien Benny Gantz. Alors que ce déplacement marque la première visite d’un officiel de l’administration Biden en Israël, l’objectif de cette rencontre était notamment pour Washington de rassurer son principal allié dans la région et de dissuader les responsables israéliens d’entraver les initiatives américaines dans le cadre des pourparlers avec Téhéran. Signe de la volonté de Washington de prendre ses distances avec l’attaque de dimanche, un officiel de l’administration Biden a précisé hier que les États-Unis n’étaient « pas impliqués » dans les dégâts causés au site nucléaire de Natanz.

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L’Union européenne et Moscou, tous deux signataires de l’accord sur le nucléaire de 2015, ont quant à eux insisté hier sur le fait que « l’incident » survenu dimanche ne doit pas miner les négociations en cours à Vienne. « Nous espérons que ce qui s’est passé ne deviendra pas un “cadeau” aux divers opposants de l’accord et ne sapera pas les consultations qui prennent de l’ampleur », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. « L’attaque ne va pas vraiment faire dérailler les pourparlers, mais elle peut agir comme un frein, estime Michael Horowitz. L’Iran et les États-Unis veulent tous les deux revenir à l’accord nucléaire et ont enfin réussi à ouvrir une chaîne officielle de communication, mais la route reste semée d’embûches. »


C’est une nouvelle attaque qui pourrait porter un véritable coup dur aux ambitions nucléaires de l’Iran. Dans un contexte déjà tendu entre la République islamique et Israël sur fond d’attaques maritimes, Téhéran a accusé l’État hébreu d’être derrière l’acte de sabotage dont l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz a fait l’objet dimanche, qualifiant...

commentaires (2)

Si quelqu’un peut nous expliquer l’origine de l’animosité de l’Iran a l’égard d’Israel. Si c’est pour la cause palestinienne alors même les palestiniens sont plus cléments et aspirent à une solution pacifique qui générerait une solution à leur problème puisqu’ils se sont rendus à l’évidence que la violence et les guerres n’ont pas été concluants depuis le temps que ça dure. Alors de quoi se mêlent les perses dans cette région? Ils veulent étendre leur pouvoir alors qu’ils ont du mal à l’installer démocratiquement sur leur territoire et continuent de régner par la terreur sur leur propre peuple. N’empêche il n’y a qu’Israël qui a compris la méthode à utiliser pour arriver à faire entendre raison à ces gens pour négocier autour d’une table.

Sissi zayyat

11 h 38, le 13 avril 2021

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Commentaires (2)

  • Si quelqu’un peut nous expliquer l’origine de l’animosité de l’Iran a l’égard d’Israel. Si c’est pour la cause palestinienne alors même les palestiniens sont plus cléments et aspirent à une solution pacifique qui générerait une solution à leur problème puisqu’ils se sont rendus à l’évidence que la violence et les guerres n’ont pas été concluants depuis le temps que ça dure. Alors de quoi se mêlent les perses dans cette région? Ils veulent étendre leur pouvoir alors qu’ils ont du mal à l’installer démocratiquement sur leur territoire et continuent de régner par la terreur sur leur propre peuple. N’empêche il n’y a qu’Israël qui a compris la méthode à utiliser pour arriver à faire entendre raison à ces gens pour négocier autour d’une table.

    Sissi zayyat

    11 h 38, le 13 avril 2021

  • ET SEMBLE-T-IL DU MOINS DEPUIS QUELQUES ANNEES ET JUSQU,AUJOURD,HUI QU,ISRAEL A LA MAIN HAUTE ET LONGUE CONTRE LES MOLLAHS ET LEUR PROJET NUCLEAIRE ET CONTRE LEURS ACCESSOIRES UN PEU PARTOUT DANS LES PAYS ARABES QU,ILS DESTABILISENT.

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    10 h 55, le 13 avril 2021

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