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Moyen-Orient - ÉCLAIRAGE

Entre Israël et l’Iran, la guerre maritime se poursuit

L’État hébreu est soupçonné d’être à l’origine de l’explosion survenue mardi à bord du navire iranien Saviz, croisant en mer Rouge, alors qu’une nouvelle session de pourparlers sur le nucléaire débute aujourd’hui.

Entre Israël et l’Iran, la guerre maritime se poursuit

Vue du port de Hodeida, ville côtière du port de la mer Rouge au Yémen, à environ 140 kilomètres à l’ouest de la capitale Sanaa, le 20 mars 2021. Photo AFP

Les tensions vont crescendo entre Israël et l’Iran dans la guerre maritime que se livrent ces derniers depuis 2019. Mercredi, les autorités de Téhéran ont annoncé qu’un de leurs navires commerciaux déployé depuis des années en mer Rouge et dans le golfe d’Aden avait été endommagé la veille par une explosion d’origine inconnue. Pour les médias proches des gardiens de la révolution (CGRI), mais aussi pour certains médias arabes, il s’agit bel et bien d’une agression menée par leurs ennemis israéliens. L’attaque aurait été causée par des explosifs placés sur la coque du Saviz, selon les propos tenus mardi par l’agence de presse semi-officielle iranienne Tasnim, porte-voix du CGRI, alors que les pourparlers indirects entre Washington et Téhéran sur le nucléaire débutaient le jour même à Vienne. « Les Israéliens agissent délibérément pour aggraver les tensions, saper la diplomatie américaine et faire avancer les choses vers une guerre », estime Trita Parsi, spécialiste de la politique étrangère iranienne au Quincy Institute.

Farouchement opposé au rétablissement de l’accord international sur le nucléaire iranien, l’État hébreu souhaite préserver la politique de « pression maximale » imposée à l’Iran par l’administration Trump dès 2018. « Je dis aussi à nos amis les plus proches : un accord avec l’Iran qui menace de nous détruire ne nous engagera à rien. Nous n’avons qu’un seul engagement : empêcher ceux qui souhaitent nous détruire d’exécuter leurs plans », a réitéré mercredi soir le Premier ministre israélien dans un discours prononcé lors de la cérémonie du Jour du souvenir de la Shoah à Jérusalem, semblant adresser un message aux Américains.

Pour mémoire

Israël soupçonné d’être derrière l’explosion sur un navire iranien

Israël pourrait alors avoir conduit cette attaque pour signifier à l’administration Biden qu’il conserve son pouvoir de dissuasion dans le contexte des discussions sur le nucléaire, qui reprennent aujourd’hui après avoir été initiées mardi. Mercredi soir, le média israélien Channel 13 a rapporté que le directeur du Mossad, Yossi Cohen, devrait se rendre à Washington dans les prochains jours pour rencontrer de hauts responsables de la Maison-Blanche et des services du renseignements américains. Le chef des renseignements israéliens devrait présenter des « preuves formelles des mensonges de l’Iran » qui « dissimule des éléments importants sur son programme nucléaire », a précisé la chaîne. « Si l’attaque du Saviz s’est déroulée dans le contexte des discussions nucléaires indirectes, il est encore tôt pour parler de causalité plutôt que de corrélation entre ces événements avec les informations dont nous disposons », nuance cependant Naysan Rafati, analyste principal sur l’Iran à l’International Crisis Group. L’État hébreu a également été accusé par le régime de Damas d’être à l’origine d’une attaque aux abords de la capitale syrienne, dans la nuit de mercredi à jeudi, ayant blessé quatre soldats.

« L’explosion à bord du Saviz est très dangereuse. Soit les États-Unis ne font pas pression sur les Israéliens pour qu’ils arrêtent leurs actions, soit ils sont incapables de faire pression sur eux », poursuit Trita Parsi, pour qui les deux situations sont alarmantes. Selon le New York Times citant une source officielle américaine, les Israéliens auraient cependant « prévenu les États-Unis que leurs forces avaient frappé le (Saviz mardi) à environ 7h30, heure locale » en « représailles à des frappes antérieures de l’Iran contre des navires israéliens ». L’attaque aurait été retardée pour permettre au Dwight D. Eisenhower, un porte-avions américain se trouvant dans la région, de s’éloigner du Saviz, selon la même source, qui affirme que l’Eisenhower était à environ 200 milles marins lorsque le navire iranien a été touché. « Au cours des administrations américaines successives, Israël a eu une liberté d’action considérable dans le cadre de ce qu’il considère comme étant ses intérêts stratégiques clés », nuance Naysan Rafati. « Je ne suis pas sûr que l’administration Biden veuille dire à Israël de ne pas mener ces actions, et si elle le fait, Israël agira probablement quand même », ajoute-t-il.

Base secrète

Comme à son habitude, Tel-Aviv n’a pas revendiqué l’attaque. « Israël doit continuer à se défendre. Là où nous trouvons un défi opérationnel et là où c’est nécessaire, nous persisterons à agir », a cependant déclaré mercredi le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, sans commenter le cas du Saviz. Cette nouvelle escalade intervient alors que l’Iran et Israël se sont mutuellement accusés ces dernières semaines d’attaques visant leurs navires respectifs. L’explosion du Saviz n’est autre que la quatrième agression de ce type depuis le 25 février, après deux attaques imputées à Téhéran dans le golfe d’Oman et en mer d’Arabie, et une attaque imputée à l’État hébreu en Méditerranée orientale. Si l’objectif habituel d’Israël est de saboter l’approvisionnement en pétrole de l’Iran vers la Syrie, contre l’achat d’armes pour le Hezbollah, l’agression à bord du Saviz pourrait avoir une portée plus importante alors que le navire est considéré, selon plusieurs observateurs, comme une base secrète militaire des gardiens de la révolution. Du côté de Téhéran, on affirme cependant que le bateau participe à la lutte contre la piraterie en mer Rouge.

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« En ce qui concerne la réponse iranienne, il y aura très probablement des représailles contre les navires israéliens chaque fois que l’Iran en aura l’occasion », observe Trita Parsi, qui estime que si les négociations nucléaires échouent, « la retenue dont les Iraniens ont fait preuve jusqu’à présent sera considérablement affaiblie et il y aura peut-être une réponse iranienne beaucoup plus énergique ». Si les deux parties ont l’habitude de riposter dans le cadre de leur lutte menée sur plusieurs fronts – sabotage en mer, cyberattaques, frappes en Syrie –, « aucune des deux puissances n’est intéressée par une escalade significative au point d’un conflit ouvert et d’un affrontement militaire majeur », précise Naysan Rafati.


Les tensions vont crescendo entre Israël et l’Iran dans la guerre maritime que se livrent ces derniers depuis 2019. Mercredi, les autorités de Téhéran ont annoncé qu’un de leurs navires commerciaux déployé depuis des années en mer Rouge et dans le golfe d’Aden avait été endommagé la veille par une explosion d’origine inconnue. Pour les médias proches des gardiens de la...

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GUERRE TOUS AZIMUTS ENTRE CES DEUX EXTREMISTES MAIS ISRAEL L,EMPORTE SUR LES MOLLAHS ARCHAIQUES.

SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

13 h 44, le 09 avril 2021

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Commentaires (1)

  • GUERRE TOUS AZIMUTS ENTRE CES DEUX EXTREMISTES MAIS ISRAEL L,EMPORTE SUR LES MOLLAHS ARCHAIQUES.

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    13 h 44, le 09 avril 2021

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