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Nos Lecteurs ont la Parole

Le paradoxe du vendredi saint

Les événements du vendredi saint sont à la fois abominables et immensément lumineux. Tout ce que le Christ va exprimer par son corps, par sa voix, par son sang, relève à la fois de l’horreur et de la lumière. La preuve du pouvoir indépassable de l’amour, de l’amour concret, de l’amour évident.

Quand Jésus était cloué sur la croix, où a-t-il puisé le courage d’aimer avec cette démesure, presque inadmissible ? Bien sûr, dans son être profond, uni au Père céleste. Bien évidemment, il a puisé cette force dans la certitude qu’il accomplissait la volonté divine en mourant comme le dernier des derniers, pour que le dernier des hommes, le moins aimable, le plus tordu, passe dans la vie éternelle.

Mais cette puissance d’amour, il l’a puisée chez Marie, sa mère, qui se tient droite comme une armée rangée en bataille. La dignité de sa mère, immergée par la souffrance, l’aide à tenir au milieu des atrocités. Si sa nature humaine a tremblé devant la mort, elle a été consolée par des éléments tout humains, à commencer par sa mère. C’est en croisant son regard chargé de peine mais aussi d’intrépidité qu’il parvient à garder son âme enfoncée dans les abîmes de l’amour.

Si Jésus résiste sous le poids des péchés sur les épaules, et sous une intensité de douleur qu’aucun être humain n’aurait pu supporter, c’est évidemment parce qu’il est Dieu et qu’il veut aller au bout de sa mission de rédempteur, mais c’est aussi parce que, humainement, au pied de la croix il y a Marie et, près d’elle, deux autres êtres munis d’amour et de courage, Marie-Madeleine et saint Jean, autrement dit, la pécheresse pardonnée et le jeune disciple bien-aimé. À trois, au pied de la croix, même s’ils ont les jambes qui tremblent, même si la poussière du chemin leur recouvre le visage et même si leurs habits sont froissés par la mauvaise nuit qu’ils viennent de passer à Jérusalem, ils forment un noyau d’affection qui enserre le Christ, qui renvoie sur le monde les rayons de la splendeur de l’amour de Dieu.

Dans nos vies, l’humain et le divin doivent se mélanger pour nous aider à marcher au-devant de la mort avec courage !

Soyons clairvoyants, si nous avons vécu des joies et que d’autres joies se profilent à l’horizon, il y a aussi des souffrances qui sont venues et qui viendront encore blesser nos années de vie. Cela est inévitable.

En songeant à cette vérité, veillons à notre noyau, profitons de nos amitiés, construisons cet écrin sans lequel il est difficile de supporter les affres de la vie. Surtout, sous l’obscurité, plutôt la lumière de la Croix, redistribuons nos cartes, repensons notre écrin de façon à ce que personne ne soit rayé de la carte du bonheur.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Les événements du vendredi saint sont à la fois abominables et immensément lumineux. Tout ce que le Christ va exprimer par son corps, par sa voix, par son sang, relève à la fois de l’horreur et de la lumière. La preuve du pouvoir indépassable de l’amour, de l’amour concret, de l’amour évident.
Quand Jésus était cloué sur la croix, où a-t-il puisé le courage d’aimer avec...

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