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Économie - Conjoncture

Le PIB libanais s’est contracté de 7,2 % en 2019, selon l’ACS

Le PIB libanais s’est contracté de 7,2 % en 2019, selon l’ACS

L’année 2019, durant laquelle la crise a commencé à être ressentie par une grande partie de la population, a bel et bien connu une grande baisse d’activité économique. L’Administration centrale de la statistique (ACS) a estimé que le PIB nominal de 2019 tombera à 80 736 milliards de livres, en baisse comparé à celui de 2018 estimé à 83 239 milliards de livres, soit une contraction réelle (en retirant l’effet de l’inflation) de 7,2 % en 2019, contre -1,7 % en 2018. Des chiffres qui ne surprennent pas vraiment puisqu’en février 2020, l’ACS avait estimé que le PIB s’était contracté de 4 % au premier semestre 2019, avant le début des restrictions bancaires sur les retraits et les transferts depuis les comptes en devises dans les banques libanaises (depuis la fin de l’été 2019) et la dépréciation de la livre dans le même temps. Le taux de change dollar/livre est en effet passé de 1 507,5 livres pour un dollar à près de 2 000 livres à la fin de l’année. Le deuxième trimestre de l’année fut également accompagné d’une instabilité politique, marquée par la « thaoura », un mouvement de contestation contre la classe politique jugée corrompue, qui a poussé le gouvernement de Saad Hariri à démissionner fin octobre 2019. L’ACS ayant considéré un taux de change à 1 507,5 livres, le PIB a atteint 53,6 milliards de dollars en 2019 contre 55,3 milliards de dollars en 2018.

L’estimation de l’ACS est d’ailleurs pire que celle du Fonds monétaire international (-6,9 %) et celle de la Banque mondiale (-6,7 %). Les deux institutions internationales, au contraire de l’administration libanaise, se sont également prononcées concernant la contraction du PIB libanais en 2020, qui devrait être plus forte qu’en 2019, soit de -25 % pour la première et -19,2 % pour la seconde. De fait, le pays a vu sa monnaie s’effondrer encore plus, stagnant autour des 9 000 livres pour un dollar en fin d’année. Une économie nationale également bousculée par la fermeture de nombreux commerces en raison de la crise sanitaire, l’explosion meurtrière au port de Beyrouth le 4 août dernier, le défaut de paiement des eurobonds (la dette publique libellée en devises) et la démission du gouvernement de Hassane Diab, qui n’a toujours pas été remplacé, créant une vacance depuis plus de 7 mois.

Immobilier en hausse de 3 %

Dans le détail, la consommation des ménages a baissé de 6 % en glissement annuel, alors que celle du gouvernement a augmenté de 6 %, contractant la consommation totale de 6 %. La formation brute de capital fixe, terme utilisé dans les comptes nationaux pour désigner l’investissement, a baissé de près de 32 %, le secteur privé ayant diminué ses dépenses d’investissement de 33 % et les administrations publiques de 27 %. Le commerce avec l’étranger a également décliné : les exportations ont diminué de 3 %, malgré une hausse des exportations des biens de 27 % et une baisse de 17 % de celle des services. Les importations ont quant à elles baissé de 13 %, soit -16 % pour les biens et -5 % pour les services.

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Comme en 2018, c’est l’immobilier qui représente la plus grande part du PIB en 2019 (16 %), suivi par l’administration publique (12 %), le commerce (11 %), les services financiers (9 %) et l’éducation (8 %). Les autres activités productives, comme l’industrie, la production d’électricité ou encore la santé ont chacune représenté moins de 4 % du PIB il y a deux ans. Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration ne constitue par exemple que 3 % du PIB en 2019, et ce depuis 2012. Avant cette date, ce secteur ne représentait que 2 % de l’activité économique.

La pêche et l’élevage (16 %), l’immobilier (+3 %) et l’éducation (+1 %) sont les rares secteurs à avoir connu une hausse de leur activité en 2019. Concernant le premier secteur, le président du syndicat des éleveurs de volailles, Moussa Freiji, a indiqué à L’Orient-Le Jour que la demande est restée constante cette année-là, sans expliquer cette hausse. Il a d’ailleurs mis en doute la véracité de ces chiffres, qui ne sont pas « précis » selon lui. Le second secteur a, lui, été utilisé comme moyen pour contourner les restrictions bancaires. Les administrations publiques sont, quant à elles, les seules à avoir eu une activité constante en 2019, alors que tous les autres secteurs ont subi une baisse, avec en tête les carrières (-32 %), suivies par la construction (-29 %), les industries non métallurgiques (-27 %), les services administratifs (-24 %) et les industries métallurgiques (-17 %). Le commerce, lui, a vu son activité diminuer de 12 %, l’industrie agro-alimentaire et le transport de -11 %, les services financiers, ainsi que les hôtels et restaurants, de -10 % et l’agriculture de -1 %.


L’année 2019, durant laquelle la crise a commencé à être ressentie par une grande partie de la population, a bel et bien connu une grande baisse d’activité économique. L’Administration centrale de la statistique (ACS) a estimé que le PIB nominal de 2019 tombera à 80 736 milliards de livres, en baisse comparé à celui de 2018 estimé à 83 239 milliards de livres, soit...

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