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Santé - Pandémie

La vie après le Covid, un long chemin vers le rétablissement

Selon des études, 10 à 15 % des personnes ayant contracté le SARS-CoV-2 développeront un Covid long.

La vie après le Covid, un long chemin vers le rétablissement

La fatigue chronique est le symptôme le plus fréquent observé dans le Covid long. Ce sont les femmes qui en souffrent plus que les hommes pour des raisons qui restent inconnues. Photo d’illustration Bigstock

Fatigue, essoufflement, anxiété… nombreux sont ceux qui, après avoir « guéri » du Covid-19 (leur test PCR est négatif et ils ne sont plus contagieux, NDLR), peinent à se remettre de la maladie. Ce phénomène, baptisé Covid long, peut s’étaler sur plusieurs semaines, rendant difficile le retour à un quotidien normal.

« Parler du Covid long est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle », affirme d’emblée Mirna Waked, pneumologue-réanimatrice. « Une bonne nouvelle, parce que cela signifie que la communauté scientifique commence à avoir du recul sur la maladie et que des patients ont survécu à cette horrible pandémie, poursuit-elle. Une mauvaise nouvelle, parce que ce virus a fait plus de dégâts que prévu. Au début de la pandémie, il y a plus d’un an, on pensait que seuls 5 % des patients allaient développer une forme sévère de la maladie. Or les chiffres dont nous disposons actuellement font état d’une morbidité (ensemble des effets liés à une maladie, NDLR) qui remet en question cette prévision simpliste. »

La communauté scientifique commence à disposer de chiffres relatifs au Covid long, basés essentiellement sur « l’expérience qui s’enrichit sur le terrain, comme sur certaines études », souligne la Dr Waked. Il en ressort que « 10 à 15 % des personnes ayant contracté le virus développeront un Covid long ». « Il faut toutefois séparer la phase aiguë de celle relative à la convalescence, insiste-t-elle. Les personnes qui ont été hospitalisées auront forcément une longue convalescence ponctuée par des symptômes de la maladie. Le Covid long concerne donc principalement les patients qui n’ont pas été hospitalisés, qui sont guéris, mais qui continuent à sentir certains symptômes de type variable. Ceux-ci peuvent durer quatre, voire douze semaines. Dans certains cas rares, ils peuvent persister jusqu’à six mois. »

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La fatigue chronique reste le symptôme le plus fréquent observé dans le Covid long. Ce sont les femmes qui en souffrent plus que les hommes pour des raisons qui restent inconnues, mais aussi les jeunes universitaires dont l’évolution de l’infection n’a pas nécessité une hospitalisation. « Le syndrome de fatigue chronique serait une conséquence connue de plusieurs infections virales, au nombre desquelles le coronavirus, note la Dr Waked. Il a d’ailleurs été observé avec l’épidémie de SRAS de 2002. Il s’agirait d’un phénomène inflammatoire qui persiste et qui s’apparente à la fibromyalgie. Prendre en charge cette fatigue est un vrai défi, parce qu’elle ne s’améliore pas par une sieste ou le repos. »

Au nombre des symptômes du Covid long également l’essoufflement, une difficulté de concentration, des maux de tête, une perte de l’odorat, des atteintes de type psychiatrique (dépression, anxiété, fourmillement…) et la chute de cheveux.

Défi dans le diagnostic

Dans 50 % des cas, les personnes souffrant du Covid long ont des séquelles organiques, comme des embolies pulmonaires ou des fibroses pulmonaires. Dans les autres cas, aucune séquelle organique n’est détectable. Ce qui pose un défi sérieux. « Certains médecins pourraient sous-estimer l’importance de ces symptômes, entraînant une déstabilisation de la relation de confiance avec leurs patients, constate la Dr Waked. Une réalité qui a d’ailleurs conduit, dans plusieurs pays, à la création sur les réseaux sociaux de groupes des convalescents lents ou de Covid long. »

Pour la pneumologue-réanimatrice, il est important de « pouvoir établir le diagnostic et de ne pas confondre le Covid long avec une réinfection au coronavirus ». « Celle-ci est d’ailleurs rare, constate-t-elle. De plus, les symptômes vont évoluer rapidement, alors que dans le Covid long, l’état de santé du patient s’améliore, mais de manière lente. »

Cette convalescence lente est surtout observée chez les patients qui ont eu des symptômes modérés et sévères. « Il semblerait qu’il existe des associations entre les symptômes observés dans le Covid long et certains aspects de la prise en charge de la maladie, sans que ces associations ne soient pour autant obligatoires, ajoute la Dr Waked. Ainsi, les patients qui ont été mis en position ventrale pour améliorer l’oxygénation développeront, dans le cadre du Covid long, des neuropathies périphériques. En revanche, les diabétiques sentiraient une faiblesse des membres inférieurs et supérieurs, alors que les patients dont l’hospitalisation a été longue feraient une dépression post-traumatique. Quant aux patients admis aux soins intensifs et intubés, ils pourraient avoir des séquelles pulmonaires. »

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De plus, chez 40 % des patients, un essoufflement à l’effort sans qu’une cause organique ne soit retrouvée, accompagné d’une intolérance à l’exercice, persistera deux à trois mois après l’infection. D’où la nécessité de reprendre le sport lentement. Dans les cas sévères, une physiothérapeute fonctionnelle pourrait être envisagée.

Approche multidisciplinaire

Traiter le Covid long consiste en premier lieu à « bâtir une confiance entre le médecin et son patient et être à son écoute, insiste la Dr Waked. Évidemment, des investigations poussées doivent être effectuées. Au cas où des séquelles organiques sont détectées, les patients doivent être référés aux spécialistes. Dans le cas contraire, un traitement aux antidépresseurs pourrait être envisagé dans certains cas avec un suivi rapproché à trois mois, puis à six mois. Dans la prise en charge du Covid long, l’approche multidisciplinaire est vivement conseillée, plusieurs opinions et expertises peuvent s’avérer être nécessaires ».

« On observe que 30 à 50 % des symptômes du Covid long disparaissent après la première dose du vaccin à ARN messager, pour des raisons toujours non identifiées », note la Dr Waked, qui conclut : « Le Covid-19 restera dans la mémoire. La vie après cette maladie est une longue route vers le rétablissement. »

Fatigue, essoufflement, anxiété… nombreux sont ceux qui, après avoir « guéri » du Covid-19 (leur test PCR est négatif et ils ne sont plus contagieux, NDLR), peinent à se remettre de la maladie. Ce phénomène, baptisé Covid long, peut s’étaler sur plusieurs semaines, rendant difficile le retour à un quotidien normal.« Parler du Covid long est à la fois une bonne et...
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