L’une des boutiques de Geitaoui où les membres de l’association se sont approvisionnés en articles au bénéfice des moins nantis. Photo Lamia Darouni
Les petits commerces, contraints de fermer leurs portes durant plus d’un mois en raison du confinement pour la lutte contre le coronavirus sans aucune compensation de l’État, subissent de plein fouet la crise économique. Face à une telle détresse, l’association Tartine du matin a décidé de lancer son opération « Keep Working » pour sauver les petits commerces de quartier et leur permettre de poursuivre leur activité.
« Nous ne pouvions pas rester les bras croisés et assister à l’agonie de ces petits commerces sans réagir, lance Lamia Sfeir Darouni, membre fondateur de Tartine du matin. Ces gens souffrent d’une crise économique sans précédent, surtout depuis le début de la pandémie. Ils n’arrivent plus à joindre les deux bouts, ni à écouler leurs marchandises. La plupart sont contraints de fermer boutique, n’ayant plus les moyens de renouveler leur stock. »
L’équipe de Tartine du matin, formée, outre Lamia Darouni, de Théa Makhoul, Maia Kanaan, Rima Ghosn, Youmna Akel et Yasmina Bassil Rizk, décide de réagir. Cela fait deux semaines que ses membres vont à la recherche des petites boutiques dans les quartiers modestes de la capitale, s’entretenant avec les propriétaires de ces magasins et leur achetant tout genre d’articles : vêtements, ustensiles de cuisine, nappes de table, serviettes, électroménagers, chaussures, sacs, … Elles dépensent plus de 4 millions de livres libanaises par boutique.
« Les commerçants ont toujours la même réaction, raconte Yasmina Bassil Rizk, décrivant l’émotion des commerçants lors de la première tournée dans la rue de Geitaoui (Achrafieh, Beyrouth). Certains ont eu les larmes aux yeux, d’autres n’y croyaient plus. Depuis des mois, ils n’avaient plus vendu une seule pièce. Aujourd’hui, ils reprennent espoir. Ils peuvent au moins payer le loyer de leur boutique ! »
Vu l’ampleur de la tâche à accomplir, Tartine du matin a décidé de lancer un appel au public pour élargir l’éventail des personnes qui contribuent à la survie de ces commerces. L’association lance un appel sur les réseaux sociaux. L’idée fait son chemin et suscite de nombreuses réactions. La diaspora répond une fois de plus à l’appel et envoie des fonds pour aider les petits commerces. « Les gens ont compris que n’importe quel achat de ces petites boutiques éloigne le spectre de la faillite », affirme Thea Makhoul, qui rend hommage à la générosité sans cesse renouvelée des Libanais.
Les petits commerces de quartier sont particulièrement touchés par les crises successives. Photo Lamia Darouni
Bazar et bons pour restaurant
Faisant d’une pierre deux coups, l’équipe de Tartine du matin a décidé d’organiser un grand bazar au club des Créneaux qui a mis à la disposition de l’association deux salles les 29, 30 et 31 mars. L’idée sera d’exposer les articles achetés par l’association ainsi que par le public qu’elle a sollicité au bénéfice de personnes à revenus limités. Ce qui donne tout son sens à l’expression « d’une pierre deux coups » puisque les commerçants auront écoulé une partie de leur marchandise et que les populations touchées par les crises successives pourront s’approvisionner gratuitement en articles neufs durant ces trois jours.
« Nous inviterons les familles nécessiteuses, et surtout les employés qui triment toute l’année pour un salaire de misère sans pouvoir joindre les deux bouts, à venir choisir les objets neufs dont ils ont besoin, explique Maia Kanaan. Ces gens n’ont plus les moyens de se payer le moindre luxe. Pour une fois, ils auront l’occasion de le faire. »
Ceux qui veulent contribuer à cette ingénieuse initiative sont invités par l’association à faire le tour des petits commerçants de leur quartier, à acheter des articles divers dans la mesure de leurs moyens et à les déposer du 22 au 27 mars au club des Créneaux à Achrafieh. De jeunes volontaires seront là pour les aider. « Keep Working » n’est peut-être qu’une goutte d’eau dans un océan de misère, mais c’est un petit pas qui permettra à ces commerçants de survivre et même d’aller de l’avant. Et ce n’est pas tout : l’association compte élargir son initiative pour inclure les restaurants, ouverts à partir du 22 mars. Elle va y financer des bons qui seront distribués à des bénéficiaires, principalement de jeunes étudiants qui n’ont plus la possibilité de s’offrir des repas.
Pour toute information, il est possible de contacter Youmna Akel au 03-250025, Lamia Darouni au 03-252636, Yasmina Bassil Rizk au 03-786878, Rima Ghosn au 03-722339, Théa Makhoul au 03-517752 ou Maia Kanaan au 03-241120.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Le peuple libanais a vraiment de l'ingéniosité et de la générosité à revendre. Dommage que le même esprit ne se répande pas chez ses dirigeants!
07 h 42, le 22 mars 2021