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Politique - Gouvernement

Entre Aoun et Hariri, rien n’est (encore) réglé

Baabda attend « les réponses essentielles » qu’est censé donner le Premier ministre désigné lundi ; la Maison du Centre accuse le président de rester attaché au tiers de blocage. 

Entre Aoun et Hariri, rien n’est (encore) réglé

Saad Hariri à la Maison du Centre, le 14 février 2021. Photo d’archives Dalati et Nohra

Faut-il réellement s’attendre à une percée significative au niveau de la formation du gouvernement à partir de lundi ? Pour le moment, rien ne prête à croire que cette « opportunité à saisir » dont a parlé Saad Hariri jeudi aboutira à un déblocage, en dépit de la double pression locale et internationale qui a pris une nouvelle dimension ces derniers jours.

À 48 heures de la très attendue 18e réunion entre le président de la République, Michel Aoun, et le Premier ministre désigné, Saad Hariri, la prudence est de mise dans les deux camps, chacun attendant des concessions de la part de l’autre. Sauf que cette option semble exclue, du moins à ce stade. Baabda affirme attendre une mouture complète de la part du Premier ministre désigné, avant de se lancer dans une nouvelle phase de tractations politiques. En face, la Maison du Centre persiste et signe : Saad Hariri a accompli son devoir, mais le camp du président continue de bloquer le processus en s’attachant au fameux tiers de blocage.

L'éditorial de Issa Goraieb

Pas si divine, la comédie

Un proche de Saad Hariri révèle d’ailleurs à L’Orient-Le Jour que lors de leur réunion jeudi, le Premier ministre désigné aurait proposé au chef de l’État un entretien vendredi (hier) au lieu de lundi. Mais M. Aoun a préféré lundi, selon le proche de M. Hariri, ce qui laisse entendre que le président mènerait des contacts politiques avant de dire son dernier mot. En attendant lundi, le proche de Saad Hariri confie que, loin du climat d’optimisme relatif distillé jeudi à l’issue de la réunion Aoun-Hariri après plusieurs semaines de froid, le camp présidentiel insiste toujours pour obtenir le tiers de blocage. Et de faire savoir que Baabda n’exclut pas encore l’élargissement du cabinet à 20 ministres, afin d’y intégrer un représentant de Talal Arslane, allié de longue date du Hezbollah et principal adversaire du leader du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, sur la scène druze. Une option que Saad Hariri continue de refuser catégoriquement. « Nous sommes attachés aux piliers de l’initiative française en faveur du Liban, à savoir la mise en place d’un cabinet restreint de 18 ministres, spécialistes et non affiliés aux protagonistes politiques, au sein duquel aucun camp ne détiendrait le tiers de blocage », assure le proche du Premier ministre désigné, affirmant qu’il n’est pas question pour Saad Hariri de former un cabinet dit techno-politique, c’est-à-dire mêlant spécialistes et figures politiques. Il s’agit là d’une réponse implicite au secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a « recommandé », lors d’un discours jeudi soir, au Premier ministre désigné de « former un cabinet techno-politique au sein duquel toutes les parties seraient représentées à visage découvert (…) ».

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Pour le vice-président du courant du Futur, Moustapha Allouche, ces propos sont loin d’être un simple conseil adressé à M. Hariri. Ce sont des bâtons dans les roues du chef du gouvernement désigné. « Le discours de Hassan Nasrallah a douché les espoirs en un prochain déblocage », déplore M. Allouche dans une déclaration à L’OLJ, estimant que « cela encouragera (le chef du Courant patriotique libre) Gebran Bassil à persister dans ses demandes ». Pour les milieux du Futur, le courant aouniste plaide pour un gouvernement techno-politique pour pouvoir en contrôler l’action dans la prochaine phase. Une façon d’accuser le CPL et son chef de se lancer dans des calculs politiques et présidentiels prématurés.

Les lignes rouges de Baabda

Des accusations que le tandem Baabda-CPL rejette catégoriquement. Une source proche de Baabda contactée par L’OLJ rappelle que la présidence « n’a pas demandé de tiers de blocage ». Cité par le quotidien al-Anbaa – gravitant dans l’orbite joumblattiste –, Mario Aoun, député CPL du Chouf, a déclaré que son camp a fait l’impasse sur le tiers de blocage.

Quoi qu’il en soit, la présidence évite de se lancer dans des spéculations concernant la rencontre de lundi et affirme ne pas vouloir se noyer dans un procès d’intentions contre Saad Hariri. Elle préfère attendre « les réponses essentielles » que le Premier ministre devrait présenter au chef de l’État dans deux jours.

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Il n’en demeure pas moins que Michel Aoun s’en tient à ce qu’il perçoit comme des lignes rouges. « Ce qui nous importe le plus, c’est le respect du principe de la conformité au pacte national et du rôle du président en tant que partenaire à part entière dans le processus ministériel », commente un proche du chef de l’État, faisant savoir que c’est autour de ces deux points que s’est articulée la discussion lors de l’entretien de M. Aoun avec M. Hariri jeudi dernier.

Dévoilant un peu plus de détails sur cette réunion, ce proche de Baabda précise : « Pour le moment, rien n’est acquis, et le principe du gouvernement de 18 n’est pas encore consacré. Avant de discuter du partage des portefeuilles, le président de la République a demandé au Premier ministre désigné de revenir muni d’une mouture complète dans laquelle serait clairement définie la répartition des portefeuilles entre les communautés religieuses et précisé quelle partie nommera quel ministre, avant de passer aux noms. Il s’agit d’une façon pour le président Aoun de consacrer son droit de regard sur tous les membres de la future équipe, d’autant que c’est à lui d’assurer la couverture chrétienne au cabinet, en l’absence du CPL et des Forces libanaises. » Ces propos interviennent alors que selon des sources concordantes, la mouture mise sur la table de Baabda jeudi ne contenait pas les noms des ministres chiites.

Mais dans les milieux haririens, on rappelle que le Premier ministre a déjà remis à Michel Aoun une mouture complète, en décembre dernier. « Il n’a donc qu’à se prononcer à son sujet », lance un proche de M. Hariri.


Faut-il réellement s’attendre à une percée significative au niveau de la formation du gouvernement à partir de lundi ? Pour le moment, rien ne prête à croire que cette « opportunité à saisir » dont a parlé Saad Hariri jeudi aboutira à un déblocage, en dépit de la double pression locale et internationale qui a pris une nouvelle dimension ces derniers jours.
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commentaires (9)

LE CHOIX - POEME/CONSEIL DEDIE AU PRESIDENT AOUN. - LORSQUE DU TEMPS LE POIDS A COURBE VOS EPAULES, ET L,AGE, EN GALOPANT, A BLANCHI VOS CHEVEUX, IL EST VAIN DE VOULOIR VOUS PARER D,AUREOLES. QUAND DECHU, L,AIGLE MEME, A DESERTE LES CIEUX. - LE FLEUVE DE LA VIE, EN SON BRUSQUE PASSAGE, CHARRIE, AVEC VOS VOEUX VOS REVES VANITEUX. SON COURS EST INFLECHI PAR LE SILLON DE L,AGE. IL CASCADE EN AVAL DANS UN CIEL ORAGEUX. - VOS MEMBRES AFFAIBLIS PLOIENT SOUS VOTRE DEMARCHE. VOTRE ESPRIT EST BOURRE DE BEVUES ET DE TROUS. ET L,IMPLACABLE ARCHANGE APPROCHE AVEC SA HACHE. - VOUS REVEZ DE BATIR POUR D,AUTRE L,AVENIR. VOS REVES SONT HIDEUX COMME D,AFFREUX HIBOUX, AUX YEUX PLEINS D,ILLUSIONS AU LIEU DU REPENTIR. - CAR LA RAISON VOUS DICTE, AU JOUR DU DEVENIR, DE VOUS MEME CHOISIR QU,IL FAUT ENFIN PARTIR.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

16 h 40, le 20 mars 2021

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Commentaires (9)

  • LE CHOIX - POEME/CONSEIL DEDIE AU PRESIDENT AOUN. - LORSQUE DU TEMPS LE POIDS A COURBE VOS EPAULES, ET L,AGE, EN GALOPANT, A BLANCHI VOS CHEVEUX, IL EST VAIN DE VOULOIR VOUS PARER D,AUREOLES. QUAND DECHU, L,AIGLE MEME, A DESERTE LES CIEUX. - LE FLEUVE DE LA VIE, EN SON BRUSQUE PASSAGE, CHARRIE, AVEC VOS VOEUX VOS REVES VANITEUX. SON COURS EST INFLECHI PAR LE SILLON DE L,AGE. IL CASCADE EN AVAL DANS UN CIEL ORAGEUX. - VOS MEMBRES AFFAIBLIS PLOIENT SOUS VOTRE DEMARCHE. VOTRE ESPRIT EST BOURRE DE BEVUES ET DE TROUS. ET L,IMPLACABLE ARCHANGE APPROCHE AVEC SA HACHE. - VOUS REVEZ DE BATIR POUR D,AUTRE L,AVENIR. VOS REVES SONT HIDEUX COMME D,AFFREUX HIBOUX, AUX YEUX PLEINS D,ILLUSIONS AU LIEU DU REPENTIR. - CAR LA RAISON VOUS DICTE, AU JOUR DU DEVENIR, DE VOUS MEME CHOISIR QU,IL FAUT ENFIN PARTIR.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    16 h 40, le 20 mars 2021

  • L,AMABILITE Y MANQUANT MON COMMENTAIRE CAD MA LIBRE EXPRESSION A ETE CENSUREE DONC ETOUFFEE. POUR QUEL INTERET OU QUELLE CAUSE ? QUI VOUS A DONNE LE DROIT DE NOUS FAIRE TAIRE ET POURQUOI ?

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 53, le 20 mars 2021

  • Hariri à enfin compris le jeu politique et utilise les mêmes méthodes que le rival de notre pays. Il ne l’affronte pas frontalement mais se sert de sa légitimité pour lui bloquer la route en tenant tête à ses alliés de toujours. On ne peut qu’applaudir. Ces vendus ne doivent en aucun cas avoir le dernier mot. Plus maintenant le vent est derrière nous et nous pousse à sortir de cette misérable situation qui devient intenable. Alors ne faut pas lâcher la pression ni abandonner nous sommes dans nos droits et ils ne sont que des mercenaires.

    Sissi zayyat

    13 h 49, le 20 mars 2021

  • POURQUOI ME CENSURER ? MON COMMENTAIRE REPETE DES NOMS ET DES QUALIFICATIFS, PAS D,INSULTES, TANT DE FOIS ECRITS DANS DES DIZAINES DE COMMENTAIRES DES INTERNAUTES ET PUBLIES. JE NE DIS RIEN DE NOUVEAU. AYEZ L,AMABILITE DE PUBLIER.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    10 h 46, le 20 mars 2021

  • "La réponse essentielle " de la part de S. Hariri pour Baabda = "OK excellence, je fais comme vous l'exigez, vous, votre beau-fils et le Hezbollah ! " - Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 19, le 20 mars 2021

  • Ces deux messieurs avec le titre de "responsables" qui voguent là-haut sur leurs nuages gonflés d'orgueil et d'entêtement...qui va les obliger de regarder vers le bas, là où se débat le petit peuple dans la misère et le désespoir...causés par ces deux inconscients apparemment incurables ? - Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 00, le 20 mars 2021

  • "Le discours de Hassan Nasrallah a douché les espoirs (...) cela encouragera (...) Gebran Bassil à persister dans ses demandes ". Et alors? Nasrallah et Bassil peuvent bien réclamer ce qu'ils veulent, en quoi cela concerne-t-il Hariri? De quoi se mêlent-ils, ces deux-là? La formation du gouvernement est le rôle exclusif des deux présidents, de la République et du Conseil. Par ailleurs depuis 7 mois, on nous resasse les oreilles avec le problème de la "répartition des portefeuilles" dans un gouvernement censé être indépendant des partis! Hariri pourrait-il nous expliquer le sens de cette contradiction?

    Yves Prevost

    07 h 16, le 20 mars 2021

  • Je propose quelque chose de très simple à l'OLJ : ne plus parler de tous ces enfoirés nuls et incompétents qui donnent au monde entier l'image la plus néfaste qui soit de notre pays, mais mettre plutôt en avant les potentiels ministrables experts et indépendants afin de les faire connaître de tous. Les journalistes les connaissent certainement puisque des listes ont circulé, alors qu'ils aillent vers eux et les interviewent. Quant aux crétins, c'est-à-dire l'ensemble de l'exécutif, le gouvernement sortant, les députés, les chefs de tribus et les mercenaires, ils ne méritent pas plus que la rubrique Faits Divers, et encore !...

    Robert Malek

    02 h 27, le 20 mars 2021

  • C'était le temps des fleurs...

    Esber

    00 h 48, le 20 mars 2021

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