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Économie - Électricité

Ghajar agite à nouveau le spectre du black-out total à fin mars

Ghajar agite à nouveau le spectre du black-out total à fin mars

C’est une obscurité totale qui attend le Liban à la fin du mois. Photo Patrick BAZ/Getty Images/AFP

Cela fait deux semaines que le ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar, joue les Cassandre : le Liban se dirige vers une coupure d’électricité totale à la fin du mois si les fonds nécessaires pour l’achat de fuel par le fournisseur public Électricité du Liban (EDL) ne sont pas assurés de toute urgence. Après l’avoir déclaré à l’agence Reuters fin février et répété dans une émission télévisée lundi soir, le ministre s’est cette fois rendu hier au palais de Baabda, pour mettre en garde le chef de l’État Michel Aoun des conséquences nationales et internationales évidentes qu’encourt « un pays du XXIe siècle » face à un tel danger et de la « pression » qui repose sur son ministère pour l’éviter.

« Imaginez-vous des hôpitaux sans électricité ? » s’est interrogé le ministre sortant lors d’une conférence de presse à l’issue de cette réunion, alors que la pandémie de Covid-19 sévit toujours fortement dans le pays. Pour contrer son mauvais augure, Raymond Ghajar a soutenu la proposition des députés du Courant patriotique libre, auquel le ministre appartient, de passer une loi revêtue du caractère de double urgence afin d’accorder un prêt de 1 500 milliards de livres libanaises (environ 1 milliard de dollars américains au taux officiel de 1 507,5 livres le dollar) pour cet achat. Une demande dont il avait déjà fait part à Michel Aoun, au Premier ministre sortant Hassane Diab et au président du Parlement Nabih Berry fin février. Ce dernier doit d’ailleurs réunir les députés aujourd’hui au palais de l’Unesco, excluant toutefois de faire figurer la question d’EDL à l’ordre du jour.

Situation « surréaliste »

EDL avait prévu fin février de financer ses dépenses à partir des montants alloués dans le budget 2020, alors que celui de cette année n’a toujours pas été adopté. En conséquence, « il faut que le montant (du prêt d’urgence) soit à titre de participation et non de crédit, car EDL ne peut pas le rembourser au ministère des Finances », a prévenu le ministre sortant, ajoutant avoir épuisé tous les moyens de son ministère. « La solution est entre les mains des députés », a-t-il insisté, faisant part de sa conviction que ceux-ci « n’accepteront pas d’être les témoins » d’un Liban plongé dans le noir et des retombées « catastrophiques » d’un tel échec. Rappelant également que les générateurs ne peuvent pas fonctionner sans arrêt pour combler le déficit d’EDL, Raymond Ghajar a qualifié cette situation de « surréaliste ».

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Ne produisant pas suffisamment d’électricité pour satisfaire l’ensemble de la demande en temps normal, le fournisseur public a dû baisser sa production de près de 20 % en 2020 pour des raisons financières, obscurcissant le pays à plusieurs reprises, alors que le Liban sombre déjà dans une crise économique et financière depuis la fin de l’été 2019. Fin 2020, les contrats des fournisseurs algérien et koweïtien de carburant au Liban, les compagnies Sonatrach et Kuwait Petroleum Corporation (KPC), sont arrivés à terme sans qu’aucun remplaçant n’ait été trouvé au préalable.

Appels d’offres

Dans l’attente de nouveaux fournisseurs, la Direction des adjudications (DDA) a annoncé mercredi la publication des cahiers des charges correspondant aux appels d’offres pour l’importation de fuel-oil de grades A (480 000 tonnes), B (410 000 tonnes) et de gasoil (605 000 tonnes) à destination d’EDL, afin d’approvisionner les centrales électriques du pays. Avec des échéances respectivement fixées aux 19, 20 et 21 avril prochains, ces appels d’offres portent sur la durée restante de 2021 et seront renouvelables chaque année. Ces cahiers des charges avaient par ailleurs fait l’objet d’une polémique entre la DDA et la direction générale du pétrole, qui relève du ministère de l’Énergie, avant l’expiration des contrats existants en décembre dernier avec Sonatrach et KPC.

Depuis, et pour éviter une grave pénurie de fuel, le ministère a eu recours à des appels d’offres de type spot-cargo, réservés aux commandes ponctuelles. Cela n’aura toutefois pas évité un rationnement extrême de l’électricité dans le pays en février dernier suite au retard d’ouverture des lignes de crédit par le gouvernement. En l’absence de solution pérenne pour s’approvisionner en carburant, le Liban a récemment annoncé un accord avec l’Irak qui devrait couvrir le quart des besoins d’EDL. Les caractéristiques du fuel irakien ne correspondent pas toutefois aux spécifications des centrales libanaises, selon plusieurs experts interrogés courant février par Le Commerce du Levant.

Cela fait deux semaines que le ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar, joue les Cassandre : le Liban se dirige vers une coupure d’électricité totale à la fin du mois si les fonds nécessaires pour l’achat de fuel par le fournisseur public Électricité du Liban (EDL) ne sont pas assurés de toute urgence. Après l’avoir déclaré à l’agence Reuters fin...
commentaires (4)

Bon...Tonton-Ghajar-ministre-sortant-de-l'Energie-et-de-l'Eau...à part pleurnicher devant les écrans de Télé et nous annoncer le noir total pour la fin de ce mois...qu'a-t-il fait de positif depuis qu'il est ministre ? Espère-t-il peut-être que c'est nous, les simples citoyens, qui avons les capacités de résoudre cette crise d'Energie...??? - Irène Saïd

Irene Said

17 h 50, le 12 mars 2021

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Commentaires (4)

  • Bon...Tonton-Ghajar-ministre-sortant-de-l'Energie-et-de-l'Eau...à part pleurnicher devant les écrans de Télé et nous annoncer le noir total pour la fin de ce mois...qu'a-t-il fait de positif depuis qu'il est ministre ? Espère-t-il peut-être que c'est nous, les simples citoyens, qui avons les capacités de résoudre cette crise d'Energie...??? - Irène Saïd

    Irene Said

    17 h 50, le 12 mars 2021

  • AUJOURD,HUI JUSQU,A CETTE HEURE TROIS DE MES COMMENTAIRES DANS DIFFERENTS ARTICLES ET OU IL N,Y A AUCUNE INSULTE ONT ETE CENSURES PAR LES DEMOCRATES ET DEFENSEURS DE LA LIBRE EXPRESSION DE L,OLJ. PRIERE DE PUBLIER.

    LA LIBRE EXPRESSION

    12 h 44, le 12 mars 2021

  • Si seulement ils pouvaient la boucler et vaquer à leur travail qui est justement d’éviter toutes ces catastrophes qu’ils nous annoncent. Ils s’attendent à quoi en relatant leur incompétence? Qu’on s’apitoie sur leur sort de ministres incapables qui touchent leurs salaires pour annoncer des catastrophes? Ils se plaignent tous et il n’y a pas un, pas un seul qui vient annoncer de se retirer pour cause d’incompétence et laisser sa place à quelqu’un qui se dévouerait pour sauver le pays. Des tartuffes déguisés en politiciens fiers de porter le titre et d’enfoncer le pays. Dégager tous qu’on puisse remettre ce pays sur pieds. Vous êtes tous des moins que rien, des vendus et des incompétents. La solution existe et aucun de vous ne veut la prendre. Elle est collégiale et peut sauver le pays. Encore faut il avoir un brin de patriotisme pour s’unir et démissionner mettant ainsi Aoun devant le fait accompli avec ses alliés. Députés , ministres et hauts fonctionnaires, déclarez donc votre impuissance face à la machine infernale et quittez vos postes pour que ce pays puisse sortir de ce marasme.

    Sissi zayyat

    12 h 36, le 12 mars 2021

  • Le Président de la république avait déclaré qu’on se dirige vers l’enfer. Le ministre de l’électricité rachitique déclare qu’on se dirige vers le black out total. Le ministre de dedans déclare qu’on se dirige vers une situation de chaos total. Le technocrate de la santé et de la dabkeh nous assure qu’on se dirige vers une situation de catastrophe sanitaire. De grâce, accordez vos violons pour que l’on sache comment s’habiller pour acclamer le régime fort élu depuis 2016 qui a effectué d’aussi extraordinaires réalisations.

    Lecteur excédé par la censure

    12 h 12, le 12 mars 2021

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