Rechercher
Rechercher

Société - Coronavirus au Liban

Un bilan toujours élevé avec 52 décès et 3.469 cas en 24h

La FICR souligne qu'aucun de ses observateurs déployés au Parlement n'a été vacciné.

Un bilan toujours élevé avec 52 décès et 3.469 cas en 24h

Une femme administrant le vaccin contre le coronavirus à un homme à la LAU, le 16 février 2021 à Beyrouth. Photo Marc Fayad

Après un bilan journalier à la hausse enregistré la veille, le Liban a enregistré 52 décès et 3.469 nouveaux cas de contamination au Covid-19 au cours des dernières 24h, selon le dernier bilan du ministère de la Santé publié jeudi soir. Le taux de propagation par rapport au nombre de tests effectués au cours des 14 derniers jours est de 18%, un chiffre très élevé et en légère hausse par rapport à la veille. Au total, 366.302 personnes ont contracté le virus depuis février 2020, parmi lesquelles 4.560 sont décédées, alors que 281.194 ont été guéries. Parmi les cas toujours actifs, 2.168 personnes sont hospitalisées, dont 913 en soins intensifs.

Pour tenter de freiner la propagation du virus, le Liban a lancé le 15 février sa campagne de vaccination, au moyen de quelque 60.000 doses du sérum développé par Pfizer/BioNTech, qui sont arrivées au cours des dernières semaines. D'autres cargaisons de ce vaccin doivent continuer à arriver progressivement au cours des prochains mois, parallèlement à celles du vaccin AstraZeneca/Oxford, achetées directement auprès du groupe pharmaceutique et via la plateforme Covax. Des doses du sérum russe Spoutnik V devraient également être réceptionnées dans les prochaines semaines et le ministère de la Santé a commencé à étudier le dossier du vaccin chinois.

Mais à peine une dizaine de jours après le lancement de la campagne, une grave polémique a secoué le pays, suite à l'annonce de la vaccination de plusieurs députés et responsables parlementaires en violation des règles en place qui a fait couler beaucoup d'encre, ainsi que de celle du président Michel Aoun et de son entourage proche. A ce sujet, et réagissant indirectement à des informations selon lesquelles la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) n'avait pas été tenue au courant de la vaccination au palais de Baabda, le député et président de la commission parlementaire de la Santé Assem Araji a souligné qu'elle avait pourtant "eu lieu sous le regard attentif des observateurs de la FICR" et que la Banque mondiale en avait été préalablement avertie. La veille, une porte-parole de cette organisation avait démenti être au courant de la vaccination à Baabda.

La FICR a par ailleurs souligné qu'aucun de ses observateurs déployés au Parlement n'avait été vacciné, alors que le vice-président de la Chambre Élie Ferzli avait annoncé mercredi que des doses en excédent après leur administration aux députés et fonctionnaires avaient été utilisées pour vacciner des membres de la Croix-Rouge.

Lire aussi

Hamad Hassan : Ce qui s’est passé au Parlement n’est pas une « violation »

Dans un pays en crise et rongé par la corruption et le clientélisme, la BM et la FICR ont signé le 12 février un accord de partenariat, qui court jusqu'en décembre 2021, afin de superviser de manière indépendante la campagne de vaccination au Liban. Selon ces mesures, toute personne désirant se faire vacciner doit s'inscrire sur la plateforme ad hoc du ministère et attendre un rendez-vous. Actuellement, dans le cadre de la première phase de vaccination, seuls les personnes âgées de plus de 75 ans et le corps médical reçoivent leur injection contre le Covid-19. La campagne de vaccination n'est qu'à sa deuxième semaine, et le pays a jusque-là réceptionné environ 60.000 doses au total. La BM, qui finance l'achat de doses de vaccins au Liban, avait dénoncé mardi ce qu'elle a jugé être un "passe droit" en faveur des responsables politiques et le directeur régional Saroj Kumar Jha de l'institution au Moyen-Orient avait menacé de suspendre le financement de cette campagne. De son côté, le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, avait affirmé avoir pris la décision de vacciner des députés "de manière souveraine", afin notamment de les remercier pour les "efforts fournis" qui avaient permis d'adopter en quelques jours la loi nécessaire au déploiement d'urgence des vaccins au Liban. 

Implication du secteur privé

De son côté, le directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth a évoqué, sur son compte Twitter, la vaccination de manière générale, sans s'arrêter sur le scandale des derniers jours, estimant que l'implication du secteur privé pourrait améliorer le déploiement du vaccin. "Dans le monde entier, le Covid-19 recule. De nombreux pays ont réussi à déployer le vaccin sans scandale et les résultats sont très prometteurs", a-t-il écrit. Rappelant que les personnes vaccinées risquent moins de développer des formes sévères de la maladie et que "les données suggèrent que les vaccins sont également efficaces pour réduire la transmission" du virus, il a affirmé que la vaccination permettait "non seulement de sauver des vies mais également de restaurer l'économie". "Plus les vaccins seront disponibles dans le monde entier, plus les infections vont reculer et le Liban aura accès à plus de vaccins, a-t-il souligné, estimant que l'implication du secteur privé permettra "d'améliorer le déploiement".

Dans l'attente de résultats tangibles de la campagne de vaccination, le Liban poursuit son déconfinement progressif, entamé depuis le 8 février. Le couvre-feu total reste en vigueur, mais certains secteurs ont pu rouvrir leurs portes au cours des dernières semaines, comme les magasins d'alimentation, les banques ou les garages. Des autorisations de sortie restent obligatoires pour circuler sur le territoire, mais les contrôles de police semblent moins nombreux que lors des semaines précédentes. 

Dans ce contexte, le ministre sortant de l'Économie Raoul Nehmé a rappelé dans une circulaire que différents types de commerces pourront rouvrir "par étapes" à partir du 1er mars, soulignant que les horaires et conditions de cette réouverture seront précisés avant cette date par la cellule nationale de gestion des catastrophes au Liban.


Après un bilan journalier à la hausse enregistré la veille, le Liban a enregistré 52 décès et 3.469 nouveaux cas de contamination au Covid-19 au cours des dernières 24h, selon le dernier bilan du ministère de la Santé publié jeudi soir. Le taux de propagation par rapport au nombre de tests effectués au cours des 14 derniers jours est de 18%, un chiffre très élevé et en légère...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut