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Culture - Initiative

La Villa al-Qamar, une nouvelle fenêtre du Liban vers la scène artistique francophone

L’Institut français du Liban à Deir el-Qamar inaugure au mois d’avril la première édition de son programme international de résidences, avec quatre artistes, libanais et français. Détails avec son initiatrice et responsable, Zara Fournier. 

La Villa al-Qamar, une nouvelle fenêtre du Liban vers la scène artistique francophone

Zara Fournier, directrice déléguée de l’Institut français du Liban à Deir el-Qamar. Photo DR

Laurence Yared, designer franco-libanaise, Fabrice Henry, metteur en scène français, ainsi que le tandem Maria Harfouche et Simon Thierrée, vidéaste libanaise et musicien français, bénéficieront à partir du mois d’avril d’un séjour allant d’un à trois mois chacun, dans le cadre inspirant de la cité des Émirs, au cœur du Chouf, pour développer leurs projets d’art en lien avec ce territoire.


La Villa al-Qamar, entre les murs du caravansérail de Deir el-Qamar et de l’ancienne synagogue attenante. Photo DR

Lauréats de la toute première édition de la Villa al-Qamar, programme international de résidences lancé en octobre 2020 par l’Institut français du Liban à Deir el-Qamar, leurs trois projets ont été retenus (le 20 janvier 2021) sur les 47 candidatures reçues. La commission de sélection – composée de sept représentants d’institutions culturelles libanaises et françaises – ayant trouvé leurs intentions en adéquation avec la ligne directrice de la proposition de résidence, à savoir : la mise en perspective du lien entre création et enjeu local et territorial.


Laurence Yared, designer d’objets, scénographe et graphiste d’intérieur franco-libanaise. Photo DR

Rester et créer en lien avec le territoire

« Ces trois projets ont en commun le fait de s’appuyer sur des rencontres et des entretiens avec les habitants, ainsi que sur des dispositifs de médiation avec la société civile et les publics des territoires où ils sont développés. Et cela correspond à l’objectif global que nous poursuivons », signale Zara Fournier, directrice déléguée de l’Institut français du Liban à Deir el-Qamar et initiatrice de ce programme international de résidences artistiques.

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« Renforcer la coopération artistique entre la France et le Liban, c’est ouvrir une fenêtre du Liban vers la scène artistique francophone. C’est dans ce cadre-là que s’inscrit Villa al-Qamar », soutient la jeune femme, qui ne s’est pas laissé freiner par la situation sanitaire, économique, sociale et politique que vit le pays du Cèdre. Bien au contraire !


Fabrice Henry, le comédien et metteur en scène français à l’ambitieux spectacle « 202X ». Photo Patrice Fabre

« L’intérêt d’un tel programme de résidences au Liban aujourd’hui réside dans le soutien qu’il apporte à la scène artistique locale victime d’une situation particulièrement critique. De nombreux artistes manifestent une volonté de départ – que l’on peut comprendre –, et à travers cette initiative, nous leur proposons une possibilité de rester et de créer au Liban. Tout comme il répond, par ailleurs, à une forte volonté de décentralisation de la culture, laquelle s’exprime particulièrement dans la région du Chouf », explique-t-elle.


Maria Harfouche, une vidéaste libanaise issue de l’univers du théâtre. Photo DR

Dans le sillon des villas Médicis et Kujoyama ?

« Cela fait plusieurs années que l’Institut français du Liban à Beyrouth et son antenne du Chouf (à Deir el-Qamar) proposent des espaces et des temps de création à destination d’artistes français et libanais (Beit el-Raqs de danse contemporaine, par exemple, en partenariat avec Maqamat) », rappelle Zara Fournier. « Sauf que ces résidences ont, jusque-là, toujours été des moments ponctuels. L’ambition du programme de la Villa al-Qamar, qui bénéficie du soutien de l’Institut français de Paris, est de les inscrire dans la durée, afin qu’elles aient lieu systématiquement chaque année. Et qu’elles s’inscrivent dans le réseau des résidences internationales de l’Institut français et des services culturels des ambassades de France dans le monde, dont les plus connues sont la villa Médicis à Rome, la Casa Velasquez à Madrid ou encore la villa Kujoyama à Kyoto (Japon) », signale la responsable de cette initiative.


Simon Thierré, musicien français qui composera la bande-son de « Tempo fragile », le film-concert qu’il prépare avec Maria Harfouche. Photo DR

Trois séduisantes propositions...

En attendant d’atteindre le prestige de ces célèbres résidences, la Villa al-Qamar, située au sein de l’antenne de l’Institut français du Liban à Deir el-Qamar, pourra certainement offrir aux quatre artistes lauréats un espace d’expérimentations propice à la création. Qu’il s’agisse du caravansérail historique de Deir el-Qamar, de l’ancienne synagogue attenante où ils pourront installer leurs ateliers et présenter leurs œuvres, ou encore de la nature verdoyante environnante, lieu favorable à l’inspiration. Aussi favorable d’ailleurs aux Résurgences, le titre prometteur « du projet de création design et d’installation artistique autour de l’ornement et de la trace architecturale disparue » de la designer, scénographe et graphiste d’intérieur Laurence Yared, qui sera l’artiste invitée durant les mois d’avril et mai, qu’au Tempo fragile, film-concert autour des histoires, des images, des chants, des traditions du Chouf libanais que comptent réaliser, entre mi-juillet et mi-août, la vidéaste issue de l’univers du théâtre Maria Harfouche et le violoniste, pianiste et compositeur Simon Thierré.

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Quant à l’ambitieux spectacle 202X qu’a conçu en solo le comédien et metteur en scène Fabrice Henry, il lui faudra de septembre à décembre 2021 pour le réaliser. Le temps de le nourrir d’un mélange hétéroclite de documentaires, de carnet de voyage et de journal d’anticipation racontant le Liban, depuis la révolution d’octobre 2019 jusqu’à celui rêvé de demain. Et le temps d’en réunir les chroniqueurs-interprètes. À savoir des Libanais de tous horizons qui en livreront chacun une vision personnelle sous forme de texte libre, poème, manifeste, chanson, musique, photo, vidéo, œuvre plastique, enregistrement audio, mouvement de danse, souvenir…

Des projets et des artistes sur lesquels nous reviendrons lors de leurs créations, bien évidemment.


Laurence Yared, designer franco-libanaise, Fabrice Henry, metteur en scène français, ainsi que le tandem Maria Harfouche et Simon Thierrée, vidéaste libanaise et musicien français, bénéficieront à partir du mois d’avril d’un séjour allant d’un à trois mois chacun, dans le cadre inspirant de la cité des Émirs, au cœur du Chouf, pour développer leurs projets d’art en lien...

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