Photo d'illustration ANI
Selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), le prix des 20 litres d’essence 95 octane, fixé par le ministère de l’Énergie et de l’Eau, a augmenté de 1 600 livres libanaises et s’établit désormais à 31 200 livres. Le galon de super (98 octane) a, lui, pris 1 700 livres, pour culminer à 32 200 livres. Ces variations sont deux à trois fois plus élevées que celles habituellement enregistrées. En un mois, le prix de l’essence a ainsi augmenté de 10 % selon nos calculs basés sur les tarifs au 20 janvier (respectivement 28 100 et 29 000 livres pour l’ordinaire et le super). Le prix des 20 litres de mazout a, lui, enregistré une hausse moins spectaculaire, mais de tout de même 800 livres, pour atteindre 21 400 livres. Le prix de la bonbonne de gaz reste lui inchangé, à 24 400 livres.
L’augmentation du prix de l’essence n’est cependant pas un phénomène exclusivement libanais, les prix de l’essence ayant également augmenté à l’étranger. À l’origine de cette hausse, la vague de froid glacial aux États-Unis, qui en plus de provoquer une pression sur la demande d’hydrocarbures, bride l’offre. En effet, le site d’information américain CNBC indiquait par exemple lundi que les puits de pétrole de l’État du Texas, plus grand producteur d’or noir du pays, avaient été temporairement mis à l’arrêt à cause des intempéries. Résultat, le prix du brut a récemment atteint 64,4 dollars, soit un bond mensuel de 17,7 % sur les marchés internationaux, tandis que le prix de l’essence a lui augmenté de 15 % sur peu ou prou la même période aux États-Unis.
Alors qu’un message circulait ces derniers jours sur les réseaux sociaux concernant une pénurie d’essence 98 octane dans les stations-service de Beyrouth et du Mont-Liban, plusieurs sources ont confirmé à L’Orient-Le Jour que certains importateurs avaient arrêté d’en commander pour des questions de coûts dans un contexte de crise de liquidités en dollars.
Cette même crise de liquidités, qui fait partie des facteurs qui ont déclenché la grave crise dans laquelle le pays patauge depuis un an et demi, a été à l’origine de la mise en place de plusieurs mécanismes de subventions du taux livre/dollar au bénéfice de certains importateurs, dont ceux de carburant. Ces derniers peuvent ainsi échanger leurs livres contre des dollars puisés dans les réserves de devises de la Banque du Liban au taux officiel de 1 507,5 livres, à condition de fournir eux-mêmes la fraction restante. Fraction qu’ils auront obtenue soit auprès de leurs clients, soit auprès des agents de change au taux du marché parallèle, qui flirte depuis plusieurs jours avec la barre des 9 000 livres, le taux de 3 900 livres imposé aux agents agréés n’étant pas respecté par une écrasante majorité de la filière.
La proportion est de 85 % ou 90 % de dollars subventionnés pour 15 ou 10 % de dollars « frais », ce qui ne rend pas les prix des carburants complètement hermétiques aux variations du taux de change sur le marché parallèle.


Il faut faire un bon systeme de transport en commun. Cet usage intempesif de la voiture nest pas normal dans un pays pauvre comme le Liban
09 h 40, le 18 février 2021