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Monde - Birmanie

La mobilisation contre le coup d’État se poursuit, Biden annonce des sanctions

La mobilisation contre le coup d’État se poursuit, Biden annonce des sanctions

Des manifestants protestent contre le coup d’État militaire et demandent la libération de la dirigeante élue Aung San Suu Kyi, hier à Rangoun. Stringer/Reuters

Les Birmans ont manifesté hier pour une sixième journée consécutive contre le coup d’État militaire qui a renversé Aung San Suu Kyi malgré l’interdiction des rassemblements et une nouvelle vague d’arrestations, au lendemain de l’annonce par Washington de sanctions contre la junte. À la tête de celle-ci, le général Min Aung Hlaing a lancé hier soir un nouvel avertissement aux manifestants, cette fois aux fonctionnaires qui ont rejoint le mouvement en masse, les appelant à reprendre le travail. « Incités par des personnes peu scrupuleuses, certains membres du personnel de la fonction publique n’ont pas rempli leurs fonctions », a-t-il écrit dans un communiqué, avertissant que « des actions efficaces seront prises ».La peur de représailles était dans tous les esprits, deux jours après l’usage de la force par la police qui a fait plusieurs blessés, dont deux dans un état grave. Une jeune femme a reçu une balle dans la tête et son état est critique. Plus de 200 personnes – des membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi et des militants – ont été interpellées depuis le putsch du 1er février, d’après une ONG d’aide aux prisonniers politiques. Le président de la commission électorale et deux de ses membres ont été interpellés hier. Malgré cela, les manifestants ont continué à descendre dans la rue hier pour exiger la libération des personnes détenues, la fin de la dictature et l’abolition de la Constitution de 2008, très favorable à l’armée. « N’allez pas au bureau ! » ont scandé des protestataires devant la banque centrale à Rangoun, la capitale économique, répondant aux appels à « la désobéissance civile » lancés dès les premières heures qui ont suivi le coup d’État. « Nous manifesterons jusqu’à ce qu’Aung San Suu Kyi (ex-chef de facto du gouvernement civil) et Win Myint (ex-président de la République) soient libérés », a déclaré à l’AFP un employé de la banque. Des membres des ethnies karen, rakhine ou kachin, en habit traditionnel, ont rejoint la contestation. Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs régions du pays. Dans l’État Shan (Est), des manifestants en costume traditionnel ont porté leur message anti-coup d’État sur l’eau à bord de bateaux de pêche sur le célèbre lac Inle.

Condamnations internationales

L’escalade de la violence contre les manifestants a été condamnée à l’international. Le président américain Joe Biden a annoncé mercredi que son administration réduisait l’accès des généraux birmans à 1 milliard de dollars de fonds aux États-Unis et allait dévoiler de nouvelles sanctions dans la semaine. « Un signal fort », pour l’analyste politique basé en Birmanie Richard Horsey. « J’appelle une nouvelle fois l’armée à libérer immédiatement tous les dirigeants politiques élus démocratiquement et les activistes », a ajouté Joe Biden, dont la Birmanie est le premier dossier diplomatique majeur depuis son élection. Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont aussi brandi la menace de sanctions. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU va tenir aujourd’hui une session extraordinaire sur les événements. La position de Pékin et de Moscou, soutiens traditionnels de l’armée birmane aux Nations unies, sera scrutée de près.

Nouvelles arrestations

Le pays a déjà vécu près de 50 ans sous le joug des militaires depuis son indépendance en 1948. Le rapporteur spécial des Nations unies pour la Birmanie, Tom Andrews, a condamné l’usage de la force. « Ils ne peuvent pas voler l’espoir et la détermination d’un peuple », a-t-il écrit. Une coalition des principaux acteurs d’internet en Asie – dont Facebook, Google et Twitter – a dénoncé hier un projet de loi sur la cybersécurité qualifié de « régression », qui permettrait à l’armée d’interdire des sites web et d’obliger les réseaux sociaux à transmettre des métadonnées d’utilisateurs. « Nous exhortons les chefs militaires à prendre en compte les conséquences potentiellement dévastatrices de ces propositions de loi sur le peuple et l’économie », selon le directeur général de l’Asia Internet Coalition, Jeff Paine.La junte conteste la régularité des législatives de novembre, remportées massivement par la LND. En réalité, les généraux craignaient de voir leur influence diminuer après la victoire d’Aung San Suu Kyi, qui aurait pu vouloir modifier la Constitution. Très critiquée il y a encore peu par la communauté internationale pour sa passivité lors des exactions contre les Rohingyas, la Prix Nobel de la paix, en résidence surveillée pendant 15 ans pour son opposition à la junte, reste adulée dans son pays. Elle serait « en bonne santé », assignée à résidence à Naypyidaw, d’après son parti.

Source : AFP

Les Birmans ont manifesté hier pour une sixième journée consécutive contre le coup d’État militaire qui a renversé Aung San Suu Kyi malgré l’interdiction des rassemblements et une nouvelle vague d’arrestations, au lendemain de l’annonce par Washington de sanctions contre la junte. À la tête de celle-ci, le général Min Aung Hlaing a lancé hier soir un nouvel avertissement aux manifestants, cette fois aux fonctionnaires qui ont rejoint le mouvement en masse, les appelant à reprendre le travail. « Incités par des personnes peu scrupuleuses, certains membres du personnel de la fonction publique n’ont pas rempli leurs fonctions », a-t-il écrit dans un communiqué, avertissant que « des actions efficaces seront prises ».La peur de représailles était dans tous les esprits, deux jours après...
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