Combien de courage, d’énergie, de patience, d’espoir, d’amour du savoir, de passion de la lecture et de foi en l’avenir lui a-t-il fallu pour soigner, réparer, guérir un livre, des milliers de livres blessés !
Hommage à celui qui, durant 15 ans, a pansé les blessures de la Bibliothèque nationale du Liban. Celui qui a ravivé les métiers du livre, rassemblé les talents, instruit des artisans et forgé des experts. Celui qui a veillé à ranimer le corps et le cœur de la BNL, à en édifier les bases et en bâtir le capital humain.
Résistance d’un activiste culturel au service du théâtre et de la BNL, mû par la conviction d’une nécessité : celle de déligoter la pensée, dégarroter les esprits, délier la parole, libérer par le livre. Affranchir une société enchaînée par le verbe creux.
Issu de trois cultures, l’arménienne (celle de son origine), l’arabe (celle de son pays) et la française (celle de son éducation), Gérard Khatcherian fut homme de dialogue et de jonction. Jonction entre ces trois cultures et jonction entre les différents acteurs de la scène culturelle libanaise. Sans relâche, aux niveaux national et international, il a participé au développement harmonieux du célèbre essor culturel du Beyrouth des années 1960 et n’a cessé d’œuvrer pour l’ouverture, l’échange et l’interaction entre les différentes composantes de ce pays.
Loin de toute ostentation, des projecteurs et des manchettes de la presse, Gérard Khatcherian est de ces hommes sans lesquels un pan de l’histoire culturelle du Liban n’aurait pas été le même. Son combat au service du savoir, de l’art, du dialogue et de la coexistence est le cadeau qu’il a offert au Liban tout au long de sa vie.
Il y a un an, il emportait avec lui son rêve d’un Liban pacifié, unifié et tolérant. Ceux qui l’ont connu et aimé gardent le souvenir de son généreux passage parmi nous.
Sur le corps, le cœur et l’âme de ce pays s’acharnent d’innombrables prédateurs. Mais il y a tout autant d’hommes et de femmes de bonne volonté qui lui donnent sans compter et partent sans rien demander. Fasse le destin qu’il ne dilapide pas tous les cadeaux qu’il a reçus.
Hommage à celui qui, durant 15 ans, a pansé les blessures de la Bibliothèque nationale du Liban. Celui qui a ravivé les métiers du livre, rassemblé les talents, instruit des artisans et forgé des experts. Celui qui a veillé à ranimer le corps et le cœur de la BNL, à en édifier les bases et en bâtir le capital humain.
Résistance d’un activiste culturel au service du théâtre et de la BNL, mû par la conviction d’une nécessité : celle de déligoter la pensée, dégarroter les esprits, délier la parole, libérer par le livre. Affranchir une société enchaînée par le verbe creux.
Issu de...

