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Société - Enseignement supérieur

Nouveaux frais univeristaires : grève des étudiants de l’AUB et de la LAUv

« Je pense qu’il y aura à nouveau recours à la rue après le confinement », estime un étudiant de l’Université américaine de Beyrouth.

Nouveaux frais univeristaires : grève des étudiants de l’AUB et de la LAUv

Des étudiants en colère massés devant une des entrées de l’AUB, lors d’une manifestation le 29 décembre 2020. Mohamed Azakir/Reuters

Le bras de fer se poursuit entre les étudiants de l’Université américaine de Beyrouth (AUB) et de la Lebanese American University (LAU) avec les administrations de leurs établissements respectifs. Les comités estudiantins de ces deux universités ont lancé il y a quelques jours, sur les réseaux sociaux, un mouvement de grève à l’approche du second semestre d’études. Ils refusent catégoriquement de payer les frais universitaires indexés au taux de 3 900 livres libanaises pour un dollar, alors que le taux officiel est toujours de 1 500 livres libanaises et que de nombreuses universités privées, dont l’Université Saint-Joseph (USJ), ont gelé l’augmentation de leurs frais.

« Nous sentons la colère des étudiants monter de plus en plus. Ils estiment que leurs droits sont violés », indique Tamara Nasr, étudiante en 2e année d’architecture à la LAU. « L’argument de l’université est qu’elle accuse de nombreuses pertes et qu’elle essaie de réduire ses dépenses depuis le soulèvement populaire (du 17 octobre 2019). Sauf que les coûts des études universitaires sont en augmentation constante depuis 2013 et le profit net que la LAU engrange est déjà assez élevé. Nous ne sommes pas convaincus par leurs arguments », poursuit-elle. « Le recteur de l’université semble ouvert aux discussions et prêt à nous écouter, souligne Tamara. Nous sommes tenus de payer les frais du prochain semestre, au nouveau taux, avant début février, mais si rien ne change d’ici là, je pense que nous nous dirigeons vers un défaut de paiement », souligne la jeune femme, qui ajoute que « certains envisagent même de recourir à la justice ».

Pour mémoire

« Nous voulons que l’université nous écoute, pas qu’elle demande aux FSI de nous attaquer »

Contactée par L’Orient-Le Jour, Nada Torbey, directrice des relations publiques à la LAU, justifie la nouvelle indexation au taux de 3 900 LL pour un dollar par le fait que l’université n’arrive plus à suivre avec la crise économique. « Nous ne pourrons pas continuer à travailler si nous nous maintenons au taux de 1 500 LL pour un dollar. Nous avons beaucoup de pertes et de nombreuses dépenses à couvrir. Il nous importe de maintenir la qualité académique, sauf que de nombreux enseignants partent travailler à l’étranger à cause de la situation », explique-t-elle.

« Nous avons certes haussé le taux d’indexation au dollar, mais nous n’avons pas augmenté les montants, avance Mme Torbey. D’ailleurs, nos calculs ont toujours été effectués en dollars. En même temps, nous offrons plus d’aides aux étudiants. Nos aides sont passées de 50 millions de dollars à 80 millions dernièrement », ajoute-t-elle.

Jad Hani, étudiant en 3e année d’économie à l’AUB, estime pour sa part que « le confinement a été une arme à double tranchant » pour les étudiants. « Nous ne pouvons plus faire pression dans la rue, mais maintenant que les banques sont fermées, même ceux qui voulaient payer ne peuvent plus le faire », lance ce jeune homme qui soutient la campagne en ligne des universitaires qui refusent de s’acquitter de coûts plus élevés. « Je pense qu’il y aura à nouveau recours à la rue après le confinement, car nombreux sont ceux qui ne peuvent pas payer et qui sont de plus en plus remontés », explique-t-il. Les étudiants de l’AUB et de la LAU avaient organisé deux manifestations en décembre pour demander le maintien du taux de 1 500 LL pour un dollar, sans succès. L’administration de l’AUB n’était pas disponible hier pour commenter.

L’USJ mise sur la solidarité

Face à la grogne des étudiants, l’Université Saint-Joseph a décidé pour sa part de faire preuve de solidarité, pour ne pas risquer des défauts de paiement, voire des départs parmi ses étudiants. Elle a donc maintenu le calcul de ses coûts au taux de 1 500 LL pour un dollar. Plusieurs autres universités privées ont également pris la même décision, dont la Lebanese International University (LIU), l’Université de Balamand, l’Université arabe de Beyrouth (BAU) ou encore l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK).

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Le père Salim Daccache, recteur de l’USJ, explique que l’établissement n’a pas augmenté ses frais « au vu de la situation sociale et financière des familles, et ce malgré un déficit de plus de 32 milliards de livres libanaises ». « Nous ne voulons pas provoquer de départs précipités parmi nos étudiants. Il fallait quand même que le bon sens et surtout la solidarité commandent notre politique », explique-t-il. « Nous espérons pouvoir récupérer des aides qui nous permettront d’octroyer des bourses à 200 ou 300 étudiants. Si nous augmentons nos frais, nous aurons sûrement davantage de demandes de bourses. Nous voulons éviter cela », ajoute le père Daccache. « Les montants que nous touchons aujourd’hui nous permettent de payer les salaires des enseignants et des employés. Nous avons préféré geler toute augmentation des coûts et maintenir ce rythme, pour ne pas risquer de défauts de paiement et en espérant que le déficit sera comblé lorsque la situation s’améliorera », ajoute le recteur. « Nous sentions la crise venir depuis 2011. À partir de cette année-là, le nombre de demandeurs de bourses a commencé à augmenter », poursuit le recteur, qui révèle que les inscriptions en master et doctorat sont en baisse à cause de la situation.

Myrna Gannagé, doyenne de la faculté des lettres et des sciences humaines de l’USJ, explique que la décision du rectorat a « rassuré et sécurisé les étudiants ».

« Nous avons toujours été proches de nos étudiants. Nous sommes au courant des problèmes financiers des familles. Nous estimons que la qualité de l’enseignement est primordiale, mais il est d’autant plus important que nos étudiants puissent rester à l’université », souligne-t-elle.


Le bras de fer se poursuit entre les étudiants de l’Université américaine de Beyrouth (AUB) et de la Lebanese American University (LAU) avec les administrations de leurs établissements respectifs. Les comités estudiantins de ces deux universités ont lancé il y a quelques jours, sur les réseaux sociaux, un mouvement de grève à l’approche du second semestre d’études. Ils refusent...

commentaires (2)

Et dire que les écoles et universités au Liban étaient parmi les meilleurs......

Eleni Caridopoulou

16 h 01, le 23 janvier 2021

Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • Et dire que les écoles et universités au Liban étaient parmi les meilleurs......

    Eleni Caridopoulou

    16 h 01, le 23 janvier 2021

  • c'est toujours la meme chose. on trouve l'element le plus facile / le plus faible et HARO SUR LE BAUDET ... au lieu de manifester leur colere devant le palais de baabda, le parlement,le grand serail et les residences de tous ces irresponsables malnommes.

    gaby sioufi

    11 h 53, le 23 janvier 2021

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