Il me demandait des rimes
Aux périodes des solstices
Pour nos réunions intimes
Dans sa demeure fédératrice.
On y allait avec grande joie,
On se retrouvait comme chez soi,
Rien de plus accueillant,
On retrouvait nos âmes d’enfants.
Ces véritables agapes
Auxquelles il nous conviait
Et pour lesquelles on nous enviait,
Les voilà qui nous échappent.
Je le dis avec émoi :
C’était hier, c’était autrefois.
Peut-on oublier
Son accueil singulier,
Sa générosité rarissime,
Son âme magnanime ?
Comment oublier sa fière allure,
Sa taille, son envergure,
Ses sourcils en devanture,
Son sourire beau et pur,
Son sens de la dérision
Et la tonalité de son expression ?
Je le dis avec effroi,
C’était lui, c’était autrefois.
Le mal qui nous assiège
Et contre lequel rien ne protège
Nous empêche, quel malheur,
Nous, amis du Collège,
D’accompagner son cortège,
De lui porter quelques fleurs.
J’ai arrêté les rimes
Que rien désormais n’anime.
Marie Betsy, nous partageons ta douleur et celle de vos enfants. Que Dieu vous garde, nous sommes à vos côtés. Il nous reste l’olivier, permets-nous par des temps plus cléments d’aller nous y recueillir et de l’arroser de nos larmes.
Adieu Youssef,
Tu étais notre chef.
Tu auras deviné
Qui a ci-haut griffonné.


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