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Société

À Kahalé, des villageois solidaires livrent médicaments et respirateurs aux malades

Une trentaine d’habitants de la localité, dont le président de la municipalité, sont mobilisés pour venir en aide aux personnes infectées par le Covid-19.

À Kahalé, des villageois solidaires livrent médicaments et respirateurs aux malades

Plusieurs hommes du village font des allers-retours chez les malades. Photo DR

Depuis plusieurs semaines, une trentaine de volontaires de Kahalé (caza de Aley) sillonnent la localité sans relâche pour livrer médicaments, oxymètres et respirateurs aux malades du Covid-19 en quarantaine. À l’heure où les hôpitaux et le personnel de santé sont débordés, ces citoyens solidaires estiment que le meilleur moyen de surmonter la pandémie est de se serrer les coudes, en attendant la fin de la tempête. « Je reçois un appel d’une personne infectée par le Covid-19 en quête d’aide environ toutes les cinq minutes », raconte Amal Bejjani, l’une des volontaires. Sa maison s’est transformée en centre d’appel d’urgence. « On fournit aux malades tout ce dont ils ont besoin, de l’oxygène au paracétamol », ajoute-t-elle. Alors qu’elle s’occupait au départ d’un comité d’organisation de festivals dans le village, Amal s’est retrouvée, du jour au lendemain, à organiser le groupe « Quaranteam », un comité de soutien pour ceux qui sont en quarantaine à Kahalé.

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« Malheureusement, il n’y a plus de place dans les hôpitaux et il faut s’entraider pour faire face à la situation. Nous avons donc décidé d’apporter notre soutien aux habitants du village infectés par le coronavirus », dit-elle, en indiquant avoir fait livrer 12 boîtes de médicaments hier matin. Sur le terrain, ce sont plusieurs hommes du village qui se chargent de livrer des médicaments ou de faire tourner les quatre respirateurs et neuf oxymètres offerts à la municipalité par de généreux donateurs, tout en prenant les précautions nécessaires. Chadi, 45 ans, fait partie de ces livreurs volontaires. Cet employé dans un bureau d’ingénierie a décidé de mettre à profit son temps libre lors du confinement pour assister les malades. « Je viens de faire parvenir un respirateur à un habitant, dit-il. Mes journées commencent très tôt le matin, avec les premiers appels de la municipalité. Parfois, je livre jusque tard le soir. Nous n’avons pas le choix, il faut s’entraider. » « Nous nous relayons. Nous avons toujours été très soudés ici, explique Chadi. Les habitants du village sont tous parents en quelque sorte et tout le monde se connaît. »

Tous les jours, l’équipe fait tourner les respirateurs et les oxymètres auprès des personnes atteintes du coronavirus. Photo DR

« Nous avons toujours été très soudés »

Pour Jean Bejjani, président de la municipalité, ce mouvement solidaire est plus que nécessaire pour surmonter la pandémie, à l’heure où les autorités sont dépassées par la situation. « L’État est absent et si nous ne nous soutenons pas, nous n’en sortirons pas », lance-t-il, expliquant passer le plus clair de son temps à tenter de venir en aide à la centaine de personnes infectées dans cette bourgade de 7 000 habitants. « En ce moment, nous avons 5 à 6 personnes qui ont besoin d’oxygène. Je viens de livrer un respirateur à un malade », dit Jean Bejjani. « Certains ne peuvent pas sortir de chez eux car ils sont en quarantaine, et parfois c’est toute une famille qui est infectée. Il est donc normal de leur faire parvenir ce dont ils ont besoin. Quand nous contactons ces personnes, nous leur offrons à la fois un réconfort moral et matériel », souligne-t-il.

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Les habitants de Kahalé ont également créé des groupes sur les réseaux sociaux pour se procurer les médicaments dont ils ont besoin, alors que de nombreux produits pharmaceutiques sont devenus introuvables sur le marché. « Ceux qui sont contaminés ne peuvent aller nulle part et il n’y a aucune aide sociale dans ce pays. Or, beaucoup ont stocké des médicaments chez eux. Nous procédons donc à des échanges pour qu’aucun malade ne manque de rien », indique Amal Bejjani, qui assure que les malades sont suivis par plusieurs médecins. « Tout ce qui nous importe, c’est de préserver les habitants du village en ces temps difficiles », lance-t-elle.


Depuis plusieurs semaines, une trentaine de volontaires de Kahalé (caza de Aley) sillonnent la localité sans relâche pour livrer médicaments, oxymètres et respirateurs aux malades du Covid-19 en quarantaine. À l’heure où les hôpitaux et le personnel de santé sont débordés, ces citoyens solidaires estiment que le meilleur moyen de surmonter la pandémie est de se serrer les coudes,...

commentaires (1)

Bravo! Mais comment - ici comme dans de multiples domaines - de simples particuliers réussissent-ils à faire ce dont l'Etat se montre incapable? Notre ministre de la Santé devrait mourir de honte.

Yves Prevost

06 h 46, le 19 janvier 2021

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Commentaires (1)

  • Bravo! Mais comment - ici comme dans de multiples domaines - de simples particuliers réussissent-ils à faire ce dont l'Etat se montre incapable? Notre ministre de la Santé devrait mourir de honte.

    Yves Prevost

    06 h 46, le 19 janvier 2021

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