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Beirut Madinati se restructure et se prépare pour les législatives

Beirut Madinati se restructure et se prépare pour les législatives

Lors d’un débat organisé dans le centre-ville de Beyrouth par Beyrouth Madinati, quand la révolution battait encore son plein. Marwan Assaf/Photo d’archives

Pour faire face aux défis de demain, le parti issu de la société civile Beirut Madinati s’est restructuré. La formation était précédemment dotée de trois organes constituants : l’assemblée générale qui votait les décisions pour le mouvement, le conseil exécutif chargé de mettre en œuvre la politique du parti et le corps de volontaires soumettant des projets et des programmes à l’assemblée générale. Les participants étaient des membres à part entière, ou bien des membres associés qui prenaient part aux activités du parti mais sans droit de vote, ou enfin des volontaires. À l’issue de la réorganisation, l’assemblée des citoyens, qui remplace l’assemblée générale, regroupe désormais tous les membres qui jouissent du droit de vote. Ils sont aujourd’hui près de cinquante. Pour être membre, la procédure est simplifiée (hormis le fait de payer une cotisation annuelle de 200 000 LL par an), il suffit d’adhérer aux principes-clés de l’organisation : être anticonfessionnel, respecter l’environnement, se reconnaître dans la vision du parti et ne pas avoir d’autre affiliation politique au Liban. Selon Nada Sehnaoui, coordinatrice du conseil des citoyens, « cette restructuration implique une plus grande ouverture. Nous appelons toutes les personnes intéressées à nous rejoindre pour continuer le combat ». Par ce filtrage au niveau des valeurs, Beirut Madinati espère ne pas se laisser phagocyter par des éléments qui ne partagent pas le même projet politique.

Le conseil des citoyens est désormais l’organe exécutif et représentatif de l’organisation, en charge de donner une direction aux actions politiques. Il est renouvelé tous les deux ans. Il est composé de quatre membres : Nada Sehnaoui, chargée de l’adhésion (plasticienne de profession), Leon Telvizian pour les affaires municipales (architecte urbaniste), Tariq Ammar pour les régions (gérant d’une société de statistique) et Ihab Hammoud pour la communication (producteur de contenu vidéographique). Pierre angulaire de leur stratégie politique, des cercles communautaires sont organisés pour favoriser le débat entre citoyens. Ces sessions, très populaires durant le soulèvement de 2019, sont encadrées par des membres du parti. Ces cercles comptent aujourd’hui près de 200 membres actifs. Cependant les adhérents n’ont pas nécessairement droit au vote sur la stratégie et la politique du parti. Un comité éthique est également chargé de réviser les demandes de nouveaux membres et s’assurer de leur consentement idéologique à l’organisation. Cet organe a aussi la responsabilité de régler les conflits qui pourraient émerger entre ses membres.

En effet, l’organisation se doit aujourd’hui de consolider l’assise idéologique avec laquelle elle espère créer un mouvement de masse. La pente la plus glissante pour les partis d’opposition restant les querelles byzantines qui ont la capacité de diviser les partisans et donner un coup fatal aux mouvements. Souvent critiqué pour être une initiative strictement beyrouthine, sans vocation nationale, Beirut Madinati se projette dans une large coalition afin de remporter les élections législatives de 2022.

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« Nous devrons collaborer avec toutes les composantes de la révolution qui partagent nos valeurs pour triompher », estime Nada Sehnaoui. Nombreux sont les défis dans un Liban qui manque cruellement de structure politique d’opposition afin de catalyser les fruits de la révolution et pouvoir transformer l’essai lors des scrutins à venir. Pour l’organisation, la bataille se situe dans toutes les composantes de la société, dans les facultés, les syndicats et pendant les échéances électorales. Dans un Liban touché par un « anti-partisme » aigu, clairement en rupture avec son modèle de représentativité démocratique, des alternatives commencent peu à peu à émerger. Beirut Madinati possède le double avantage de la nouveauté et de l’expérience positive lors des élections municipales de 2016 à Beyrouth, où il avait obtenu 40 % des suffrages face à une coalition de partis traditionnels.

Lutte contre la corruption, réappropriation de l’espace public, modernisation, environnement, anticonfessionnalisme, parité homme/femme, justice sociale constituent les principes fondamentaux du projet politique de Beirut Madinati. Unique dans son fonctionnement et son mode de financement, via des campagnes participatives, la formation a été fondée par des activistes politiques et des professeurs issus principalement de l’AUB. Certains ont depuis fait défection comme Jad Chaabane, qui était responsable de campagne en 2016 et qui a lancé depuis une nouvelle initiative politique indépendante, Takaddom.


Pour faire face aux défis de demain, le parti issu de la société civile Beirut Madinati s’est restructuré. La formation était précédemment dotée de trois organes constituants : l’assemblée générale qui votait les décisions pour le mouvement, le conseil exécutif chargé de mettre en œuvre la politique du parti et le corps de volontaires soumettant des projets et des...

commentaires (2)

Préparons-nous à avoir une centaine de partis d'indépendants au lieu de s'unir pour faire face à un système de milices et de mafias. Avec ce genre d'attitude, la partie est perdue d'avance.

Salim Naufal

12 h 10, le 08 janvier 2021

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Commentaires (2)

  • Préparons-nous à avoir une centaine de partis d'indépendants au lieu de s'unir pour faire face à un système de milices et de mafias. Avec ce genre d'attitude, la partie est perdue d'avance.

    Salim Naufal

    12 h 10, le 08 janvier 2021

  • C'est bien d'avoir de nouveaux partis mais celui ci n'aura plus jamais 40% des votes, je lui souhaite de pouvoir en avoir 10 aux prochaines législatives. Idem pour Takaddom qui semble pourtant être plus réaliste quand a la situation du pays. Pour que ces nouveaux venus sur la scène politique puisse changer les choses sur le terrain il faut a tout prix qu'au prochaines élections ils puissent phagocyter une part de l’électorat qui soutient le Hezbollah. Sans cela ils n'auront qu’affaibli les souverainistes et offert le pays au parti Iranien parce qu'il n'auront pas les moyens de leur politique autrement qu'en affaiblissant la présence parlementaire des sbires du Hezbollah ... Matière a réflexion

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 43, le 08 janvier 2021

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