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La poupée qui a dit non à Thomas Edison

C’était un brillant scientifique, un visionnaire qui compte à son palmarès de nombreuses inventions réussies, parmi lesquelles l’ampoule électrique. Et un grand échec : la poupée parlante.
La poupée qui a dit non à Thomas Edison

La poupée parlante de Thomas Edison de face et de dos, avec son mécanisme apparent. Photo The Smithsonian Institution

Après avoir signé une multitude d’inventions brevetées, du télégraphe au phonographe en passant par la lampe à incandescence, entre autres, Thomas Edison avait voulu faire un merveilleux cadeau aux petites filles : une poupée qui parle. Cette histoire est actuellement revisitée sur Instagram par le National Museum of American History (NMAH), relevant de la Smithsonian Institution. Après son invention du phonographe en 1877, Edison pensait que ce nouveau procédé pouvait faire plus que de préserver des paroles ou de la musique et, par exemple, pouvait donner plus de vie à des jouets. C’est ainsi qu’il s’attelle à la création d’une poupée qui parle. Il avait installé des mini-phonographes dans le torse percé de trous des poupées. Sur la surface d’enregistrement, il avait gravé des chansons enfantines, dont Mary Had a Little Lamb, Jack and Jill et Hickory Dickory Dock. En activant une manette, placée dans le dos de la poupée, l’enfant pouvait enclencher le refrain. Ce jouet, créé en 1890, mesurait 55 centimètres de haut et pesait deux kilos, avec une tête en porcelaine, des membres en bois et un mécanisme intérieur. La presse avait applaudi « ce magnifique jouet que M. Edison est en train de réaliser pour les gentilles petites filles »! C’était là, explique la curatrice du National Museum of American History, Carlene Stephens, « une étape majeure dans l’expansion de la reproduction du son à des fins commerciales ».

Une poupée qui chante « pour les gentilles petites filles ». Photo National Museum of American History

Idée brillante mais faillite commerciale

Mais, à peine lancée sur le marché, la poupée magique commençait à montrer des signes de défaillance, et les plaintes se succédèrent : la manette n’était pas stable, le disque faible et le son pauvre. Voyant que de nombreux spécimens lui étaient réexpédiés, Thomas Edison avait lui-même retiré de la vente plus de 2 000 de ses poupées. 500 ont tout de même été conservées par leurs acheteurs. On estime actuellement qu’une poupée Edison est un rare trésor...

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Deux ans après cette innovation, la presse écrivait : « Ces poupées qui parlent seraient plus divertissantes si l’on pouvait comprendre ce qu’elles disent ! » Edison, qui adorait plus que tout solutionner des problèmes compliqués, a dû se résoudre à baisser les bras devant sa figurine non aboutie. Son savoir-faire et sa détermination n’ont guère suffi à satisfaire les lois du marché, le prix des poupées allant de 10 dollars (nues) à 20 dollars (habillées), ce qui équivaudrait aujourd’hui à 237 et 574 dollars. L’inventeur savait mieux traiter avec la technique qu’avec les produits de consommation. « C’est pour cette raison, affirme une experte en technologie, que ces poupées étaient une idée brillante mais un échec commercial. » Cette réalisation avait besoin d’être affinée, mais dans le monde des affaires où le temps, c’est de l’argent, l’attente n’était pas une option. Pourtant, il faudra justement attendre plusieurs années pour que cette poupée (re)trouve sa voix grâce à un fabricant français, Émile Jumeau, qui avait remarqué la création d’Edison au stand des phonographes de l’Exposition universelle de Paris en 1889. Il réussira à produire des poupées parlantes plus perfectionnées. Suivront des poupées qui rient, d’autres qui pleurent et même qui... gazouillent.

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Le Smithsonian Institution qui chapeaute les plus grands musées américains n’a pas voulu laisser l’œuvre de Thomas Edison sombrer dans le silence. À sa demande, le Baker National Laboratory, en collaboration avec la librairie du Congrès, a restauré la poupée du célèbre inventeur pour lui redonner une bonne et belle voix, capable de gentiment fredonner Twingle, Twinkle Little Star. Alors même qu’Edison en personne l’avait qualifiée de « petit monstre », à cause de ses résultats décevants. À l’époque, cette invention aurait pu lancer une science plus ludique et révolutionner le domaine. Une poupée-compagne avec laquelle bavarder, un rêve de petite fille, c’était totalement inédit. Néanmoins, comme dans la chanson du Français Michel Polnareff, la poupée avait dit « non, non » à son créateur, tout célèbre inventeur qu’il était.


Après avoir signé une multitude d’inventions brevetées, du télégraphe au phonographe en passant par la lampe à incandescence, entre autres, Thomas Edison avait voulu faire un merveilleux cadeau aux petites filles : une poupée qui parle. Cette histoire est actuellement revisitée sur Instagram par le National Museum of American History (NMAH), relevant de la Smithsonian Institution....

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