La Confédération générale des travailleurs libanais (CGTL) a appelé hier à une grève générale, sur l’ensemble du territoire, le mercredi 16 décembre, afin de « rejeter toute levée des subventions » sur les produits de première nécessité. Les autorités libanaises enchaînent les réunions depuis lundi pour discuter d’une éventuelle « rationalisation » des subventions, alors que les réserves en devises de la Banque du Liban (BDL) ont atteint un niveau critique – 17,9 milliards de dollars, dont seuls 900 millions sont utilisables, selon l’agence Reuters. Le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, avait également déclaré la semaine dernière que la BDL ne pourra pas continuer à financer ces subventions pendant plus de « deux mois », semant la panique au sein d’une population dont le pouvoir d’achat a déjà drastiquement baissé depuis plus d’un an, le Liban traversant une grave crise économique et financière.
« Tous les ouvriers et les Libanais sont appelés à une grève nationale générale, sur tout le territoire libanais, le mercredi 16 décembre », a déclaré hier le président de la CGTL, Béchara el-Asmar, dans un communiqué. Le regroupement syndical a souligné « rejeter toute levée des subventions, sous n’importe quelle appellation ». Cette action qui se veut de grande envergure sera « le début d’un vaste mouvement de grèves, de sit-in et de manifestations, jusqu’à ce que les responsables mettent un terme à leurs politiques destructrices et meurtrières » en matière de gestion de la crise actuelle. La CGTL a par ailleurs réitéré sa volonté qu’un « gouvernement efficace soit immédiatement formé », afin de commencer à trouver des solutions à la crise. Hier encore, des réunions se sont tenues au Grand Sérail, entre des responsables de la BDL et ceux des secteurs concernés, sans qu’aucune information ne filtre pour autant.
Mis en place pour faire face à la dépréciation de la livre libanaise, qui a perdu près de 80 % de sa valeur en un an, le financement des importations par les réserves de la BDL bénéficie aux importateurs de carburant, de blé, de médicaments, d’équipements médicaux et de matières premières destinées à l’industrie pharmaceutique. Une partie des mécanismes en place leur permet d’acheter à la BDL et au taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar une portion des montants réclamés par leurs fournisseurs, à condition de fournir eux-mêmes la fraction restante. La proportion est de 85 ou 90 % de dollars subventionnés pour 15 ou 10 % de dollars « frais » (en espèces ou transférés de l’étranger). Quant au dispositif mis en place pour les biens de première nécessité – une liste d’environ 200 biens de consommation –, il permet aux importateurs concernés d’acheter tous leurs dollars au taux de 3 900 livres. Le taux dollar/livre, qui a commencé à s’effondrer au début de la crise, gravite depuis plusieurs jours autour de 8 000 livres le dollar sur le marché noir.


LA CGTL DITES VOUS ? C 'EST QUOI CA ? ELLE ETAIT OU CETTE CGTL LORS DE LA REVOLUTION D'OCTOBRE 2019? BIEN CALFEUTREE CHEZ SES SPONSORS & PATRONS POLITICIENS ?
09 h 17, le 10 décembre 2020