Le président libanais, Michel Aoun (c), s'entretenant avec une délégation du Conseil supérieur de la magsitrature, le 8 décembre 2020 au palais de Baabda. Photo Twitter/Présidence libanaise
Le président libanais, Michel Aoun, qui s'est entretenu mardi avec une délégation du Conseil supérieur de la magistrature dirigée par le juge Souheil Abboud, a demandé à ce que "ceux qui lancent des accusations contre les responsables soient entendus par la justice, "au moins à titre de témoin", au moment où la classe politique est conspuée par la rue.
"Les accusations lancées contre les responsables ne doivent pas échapper au suivi, et il faut entendre ceux qui lancent ces accusations, au moins à titre de témoin, afin de connaître les preuves en leur possession", a plaidé le chef de l'Etat devant les magistrats.
Dans un pays englué dans une grave crise économique et politique, sur fond d'accusations de corruption, le chef de l'Etat, ainsi que toute la classe politique au pouvoir, sont régulièrement conspués par les Libanais qui se revendiquent du mouvement de contestation déclenché le 17 octobre 2019. Plusieurs militants ont déjà été convoqués par la justice depuis le début de cette révolte populaire, alors que le Liban a été épinglé récemment par un collectif de plusieurs ONG pour atteintes à la liberté d'expression.
En outre, le président Aoun a appelé les magistrats à "améliorer le travail judiciaire et à accélérer l'examen des affaires en suspens devant les tribunaux", alors que la lenteur de la justice libanaise est souvent dénoncée. Le chef de l'Etat a enfin appelé les juges à "ne pas se laisser affecter par les campagnes politiques et médiatiques qui les visent", dans une allusion aux propos du ministre sortant de l'Intérieur qui avait provoqué une polémique récemment en affirmant que "95% des juges sont corrompus".
Le président Aoun a également reçu à Baabda le président du Conseil constitutionnel, le juge Tannous Mechleb.


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