Capture d'écran/Twitter/@lucienbourjeily
Une poignée de manifestants anti-pouvoir ont interpellé lundi soir dans un restaurant de Beyrouth l'épouse du gouverneur de la Banque centrale Riad Salamé, ce dernier étant l'une des personnalités les plus conspuées par la contestation populaire qui l'accuse de corruption dans un pays englué dans une grave crise.
La scène filmée par les manifestants, et relayée sur les réseaux sociaux, notamment par l'activiste et metteur en scène Lucien Bou Rjeily, montre l'épouse du gouverneur de la BDL, en compagnie d'autres femmes, notamment l'épouse de l'ancien ministre des Travaux publics Ghazi Zeaïter, selon les protestataires. Celles-ci sont attablées au restaurant de l'hôtel Albergo, situé dans la capitale. L'une d'entre elles se cache le visage avec une serviette, alors qu'elle est filmée par les protestataires en colère.
الليلة: اقتحام عشاء لزوجة #رياض_سلامة في مطعم داخل اوتيل "albergo”
— lucien bourjeily (@lucienbourjeily) December 7, 2020
وقمة الوقاحة انو اتهمت المتظاهرين بإنو "قابضين" ليعلموا هالتحرك. زوجة حاكم مصرف لبنان مفكرة المتظاهرين (يلي عم يطالبوا بابسط حقوقهم) هن من نفس طينة زوجها واصدقائه النصابين يلي بالحكم #كلن_يعني_كلن#لبنان_ينتفض❤️✊ pic.twitter.com/G8Mgty70Sd
"Il y a des étudiants à l'étranger à qui leurs parents ne peuvent envoyer de l'argent. Vous acceptez cela ?", demande une manifestante à l'épouse de M. Salamé, qui reste silencieuse. "Vous acceptez que votre époux se moque des gens en leur disant que leurs dépôts se trouvent dans les banques ?", poursuit-elle, alors que les Libanais sont victimes depuis un an de sévères restrictions bancaires illégales.
L'épouse du gouverneur accuse alors les protestataires d'être "payés", déclenchant la colère de ceux-ci qui lui renvoient la balle. "Honte à vous", lui lance alors une manifestante. "Restez chez vous", ajoute-t-elle à l'épouse de M. Salamé.
Quelques heures plus tôt, des manifestants s'étaient rassemblés près du domicile du ministre sortant de l'Economie, Raoul Nehmé, à Achrafieh. Ce regain dans la mobilisation de la rue intervient alors que les subventions des biens de première nécessité par la BDL devraient être revues à la baisse, ce qui provoque la colère de la population.
Jeudi soir, un autre groupe de manifestants avait également pris à partie l'ancien ministre de l'Économie et président du conseil d'administration de la Fransabank Adnane Kassar, qui se trouvait dans un café à la rue Badaro. Ce genre d'actions a commencé avec la révolte populaire du 17 octobre 2019 qui fustige la classe politique et financière accusée de corruption et d'incompétence.


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