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Société - Communautés

La neutralité au cœur d’un entretien « fructueux » entre le pape et Raï

Le souverain pontife et le chef de l’Église maronite se sont entretenus samedi pendant une heure.

La neutralité au cœur d’un entretien  « fructueux » entre le pape et Raï

Le pape François recevant Béchara Raï au Vatican. Photo ANI

Le patriarche maronite Béchara Raï plaide sans relâche, depuis juillet dernier, pour que soit consacrée la neutralité du Liban par rapport aux conflits des axes régionaux. Il s’y montre d’ailleurs de plus en plus attaché, et surtout déterminé à mener cette bataille jusqu’au bout. Il semble même être passé à la vitesse supérieure, en évoquant la question avec le pape François, qui l’a reçu samedi au Vatican.

Selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), « le chef de l’Église maronite, en visite au Vatican à l’occasion de la nomination de treize nouveaux cardinaux au sein de l’Église catholique, a expliqué devant le souverain pontife que la neutralité permettrait de rétablir la stabilité politique du Liban, de raviver son économie et d’assurer son ouverture vers l’Occident autant que l’Orient » .

La discussion a également porté sur les « dangers et défis » auxquels doit faire face le pays, notamment pour ce qui est de la formation d’un nouveau gouvernement. Sur ce plan, Mgr Raï a déploré le fait qu’après la catastrophe du 4 août, les autorités libanaises n’aient fait preuve « ni de responsabilité ni de solidarité », et qu’en un an, trois Premiers ministres ont été désignés (Hassane Diab désormais démissionnaire, Moustapha Adib et Saad Hariri) et qu’un seul avait réussi à former un cabinet (Hassane Diab), mais qu’il s’était heurté à un « rejet intérieur et extérieur ». « Cela a provoqué une crise économique amère, qui a augmenté le taux de pauvreté et provoqué l’exode de la population », a-t-il ajouté.

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S’il a stigmatisé « l’irresponsabilité dont ont fait preuve les autorités » après la catastrophe du 4 août, le patriarche maronite a salué le « grand travail » effectué par « les bénévoles, les jeunes, les ingénieurs, médecins et hommes d’affaires qui ont aidé les familles sinistrées ». Et Béchara Raï de renouveler son invitation faite au pape pour une visite au pays du Cèdre.

De son côté, le pape François a assuré le dignitaire maronite de la solidarité du Vatican avec le Liban et son peuple.

À l’issue de l’entretien, Mgr Raï a affirmé à la presse que sa visite au Saint-Siège avait été « fructueuse » et que le pape s’était montré intéressé par une éventuelle visite au Liban.

Trois axes

Bien au-delà de son long entretien d’une heure avec le souverain pontife, le déplacement du patriarche maronite au Vatican est sans doute porteur de plusieurs messages à caractère politique à l’adresse du Liban. Un homme politique proche du prélat maronite confie à L’Orient-Le Jour que le rendez-vous entre le pape et Mgr Raï a été fixé dans un délai de 48 heures. « Cela prouve que le Liban est au centre des intérêts du Saint-Siège », estime-t-il rappelant que Béchara Raï entendait présenter un dossier complet concernant le Liban depuis l’été dernier. Sauf que la pandémie du coronavirus et la double explosion au port de Beyrouth l’en ont empêché.

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« Exposé devant le pape lors de l’entretien tenu samedi, le dossier du Liban aborde trois axes principaux : les relations entre Bkerké et le Saint-Siège, la conjoncture économique et politique du pays à l’heure actuelle, et des propositions de solutions, notamment la neutralité positive et active, telle que prônée par Mgr Raï », ajoute ce proche du patriarche maronite. Béchara Raï aurait également demandé au pape François d’évoquer la question du Liban avec ses visiteurs internationaux, surtout à l’heure où le pays passe par une série de crises existentielles à même de menacer son identité et sa spécificité en tant que modèle du vivre-ensemble islamo-chrétien.

Le patriarche maronite Béchara Raï plaide sans relâche, depuis juillet dernier, pour que soit consacrée la neutralité du Liban par rapport aux conflits des axes régionaux. Il s’y montre d’ailleurs de plus en plus attaché, et surtout déterminé à mener cette bataille jusqu’au bout. Il semble même être passé à la vitesse supérieure, en évoquant la question avec le pape...
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