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Coronavirus au Liban

"Hausse progressive du niveau de préparation des hôpitaux", 1.709 nouveaux cas en 24h

Les FSI ont dressé près de 20.000 procès-verbaux depuis le début du reconfinement.

Une équipe médicale au chevet d'un patient atteint du coronavirus, le 13 novembre dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth. Photo AFP / JOSEPH EID

Au septième jour du reconfinement du Liban, le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, a affirmé vendredi qu'une "hausse progressive du niveau de préparation des hôpitaux" était en cours, alors que le pays est presque totalement bouclé jusqu'au 30 novembre pour tenter de lutter contre la propagation du coronavirus et donner un répit aux hôpitaux au bord de la saturation. Mais les contaminations quotidiennes sont toujours élevées. Ainsi, ces dernières 24 heures, 1.709 cas et seize décès ont été recensés, selon le rapport quotidien du ministère de la Santé publié vendredi. Ces chiffres font grimper à 113.614 le nombre cumulé des contaminations depuis l'apparition du virus dans le pays en février, au nombre desquels 884 décès et 64.695 guérisons. Parmi les personnes actuellement contaminées, 865 sont hospitalisées, dont 325 aux soins intensifs.

Cinq décès au sein d'une même famille
Le virus a provoqué cinq décès au sein d'une même famille à Bakhaoun, au Liban-Nord... Un jeune homme est ainsi décédé vendredi alors qu'il était soigné depuis plus d'un mois à l'hôpital gouvernemental de Tripoli. En octobre dernier, son père, sa mère et deux de ses frères étaient décédés après avoir été contaminés par le virus. Sa sœur, également positive, est à l'hôpital depuis près d'un mois.

Par ailleurs, les Forces de sécurité intérieure ont annoncé que, depuis l'apparition du premier cas dans les prisons du pays, 563 contaminations ont été détectées à Roumieh, dont 503 ont guéri, et 30 détenus ont été testés positifs dans les cellules du palais de justice de Beyrouth, dont un est actuellement hospitalisé. Dans la prison de Batroun, quatre personnes incarcérées sont encore positives tandis que 17 autres ont entièrement guéri.

"Nous nous dirigeons à bon port"
Sur le terrain, le ministre sortant de la Santé s'est rendu à l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, à l'occasion de l'ouverture d'une nouvelle aile dédiée au coronavirus. "Nous nous dirigeons à bon port et nous continuons à élever de manière progressive le niveau de préparation des hôpitaux. Il n'y a pas de cafouillage parce que nous suivons un plan en coordination avec le secteur privé", a affirmé M. Hassan lors de sa tournée.

"Il y a des droits qui doivent être assurés à tous les soignants des hôpitaux gouvernementaux", a encore affirmé le ministre, alors que l'État doit des milliards de livres libanaises d'impayés aux hôpitaux privés et publics."Le secteur sanitaire doit être indépendant car il n’est pas acceptable que la santé des citoyens soit hypothéquée par l'humeur de certains établissements médicaux", a aussi plaidé le ministre. Alors que certains hôpitaux privés du pays rechignent encore à ouvrir des unités dédiées au traitement du coronavirus étant donné que l'État leur doit des milliards d'impayés, M. Hassan a décidé de relever le prix de traitement du coronavirus, afin d'aider les établissements à accueillir autant de malades que possible.

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La stratégie post-bouclage du gouvernement reste floue

Pour sa part, le directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri, Firas Abiad, s'est montré nettement moins optimiste. "Aujourd'hui, l'hôpital Rafic Hariri ouvre de nouvelles unités Covid-19, dont dix lits de soins intensifs pour personnes âgées et plusieurs unités de soins intensifs pour les nourrissons et pour la maternité. Cependant, l'heure n'est pas à la célébration. Ceci indique que la pandémie s'aggrave. De nombreux patients atteints de coronavirus pris en charge risquent de ne pas se rétablir. La politique du zéro corona reste meilleure que toute autre politique", a martelé M. Abiad.

Si le reconfinement du Liban est bien accueilli dans les milieux hospitaliers, il est en revanche très critiqué par le secteur économique dans un pays en grave crise financière.  Le bouclage est assorti d'un couvre-feu, de 17h à 5h, ainsi que d'une circulation alternée des véhicules en semaine et d'une interdiction totale de circuler les dimanches. Les FSI, déployées sur tout le territoire pour contrôler le respect de ces mesures, ont annoncé vendredi avoir dressé 19.245 procès-verbaux depuis le début du reconfinement, le 14 novembre.

Pas de Remdesivir, préconise l'OMS
Sur le plan mondial, l'OMS a recommandé de ne pas administrer de Remdesivir aux malades du Covid-19 hospitalisés. "Le médicament antiviral Remdesivir n'est pas conseillé pour les patients admis à l'hôpital pour le Covid-19, quel que soit le degré de gravité de leur maladie, car il n'y a actuellement pas de preuve qu'il améliore la survie ni qu'il permette d'éviter d'être placé sous ventilation artificielle", a déclaré l'OMS dans un communiqué. Les experts soulignent "la possibilité d'importants effets secondaires" de ce médicament, de même que "son coût relativement important et ses implications logistiques", puisqu'"il doit être administré par intraveineuse".
Le Liban a réceptionné des quantités de cet antiviral qu'il compte distribuer aux hôpitaux du pays.


Au septième jour du reconfinement du Liban, le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, a affirmé vendredi qu'une "hausse progressive du niveau de préparation des hôpitaux" était en cours, alors que le pays est presque totalement bouclé jusqu'au 30 novembre pour tenter de lutter contre la propagation du coronavirus et donner un répit aux hôpitaux au bord de la saturation. Mais...

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