Des poubelles débordant de déchets dans la ville de Saïda (Liban-sud), le 17 novembre 2020. Photo fournie par Mountasser Abdallah
Les ouvriers de l'usine de tri des déchets solides de Sinik, dans la périphérie de Saïda, au Liban-Sud, ont poursuivi mardi leur grève pour le deuxième jour consécutif, alors que dans la rue les ordures commençaient à s'accumuler. Les protestataires réclament une amélioration de leurs salaires grignotés par l'inflation, alors que le Liban connaît une grave crise économique, marquée notamment par une dévaluation de la monnaie locale. Les déchets ont commencé à s'accumuler dans les rues de la ville en attendant leur transfert vers l'usine de tri, ce qui fait craindre une nouvelle crise des déchets, selon notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah.
"Nous ne reculerons pas, nous continuerons notre grève ouverte et nous ne laisserons pas entrer un seul camion-poubelle tant que nos demandes ne seront pas satisfaites, à savoir le versement de notre paie au taux en vigueur dans les banques - 3.900 livres libanaises pour un dollar", a déclaré un porte-parole du mouvement, Khaled Akra. Depuis le début de la crise, le taux de change, qui est officiellement de 1.507,5 livres pour un dollar, s'est effondré sur le marché noir, et s'échangeait au cours du week-end écoulé autour de 7.500 livres sur le marché parallèle. Face à cette dévaluation, les banques observent pour certaines transactions un taux de 3.900 livres pour un dollar.
"Nous avons entendu un flot de promesses et de paroles mais nous n'avons rien touché. Nous ne valons pas moins que les travailleurs dans les hôpitaux (...). Nos vies sont en danger, si nous tombons malades, qui s'occupera de nous ?", s'est interrogé Khaled Akra, en référence aux paroles du directeur de l'entreprise IBC qui gère l'usine, Nabil Zantout, lequel a dit comprendre lundi soir les revendications des ouvriers, et leur a promis l’augmentation de salaires réclamée dès que l'entreprise elle-même pourra facturer ses services sur la base d’un dollar conformément au taux de change des banques, à savoir 3 900 livres. Il a assuré avoir demandé des rendez-vous au ministre sortant des Finances, Ghazi Wazni, et au gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé.