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Environnement

L’écosystème marin, victime de l’incendie du pipeline dans le Akkar

La marée noire provoquée par la fuite du pétrole en mer affecte l’écosystème et la biodiversité du milieu marin.


L’écosystème marin, victime de l’incendie du pipeline dans le Akkar

L’incendie déclenché au niveau du pipeline samedi : la mer, toute proche, a été affectée par une fuite d’hydrocarbures. Capture d’écran d’une vidéo tournée par un amateur

S’il est vrai que l’incendie qui s’est déclaré samedi dans un oléoduc à Abdeh, dans le Akkar (Liban-Nord), n’a fait ni victimes ni blessés parmi les habitants, il n’en demeure pas moins que ses dégâts sur l’environnement marin sont importants, assurent témoins et experts.

Le sinistre, maîtrisé samedi en fin de matinée par les équipes de la Défense civile, s’était déclaré peu après ce qui semble être un acte de sabotage commis par des inconnus dans la nuit de vendredi à samedi, selon les premiers éléments de l’enquête rapportés par l’Agence nationale d’information. L’oléoduc, reliant la ville de Kirkouk en Irak à la raffinerie de Tripoli, est à l’arrêt depuis la guerre civile libanaise de 1975-1990. Cependant, des résidus d’hydrocarbures se trouvent visiblement toujours dans ce pipeline, d’où les épaisses colonnes de fumée noire observées suite à l’incendie.

En plus des colonnes de fumées, l’incendie a provoqué une fuite pétrolière importante, qui s’est muée en marée noire, dans les eaux de Abdeh, une ville portuaire située à l’extrême nord du pays. « Sur une étendue d’environ 500 mètres, la mer a changé de couleur dès que l’incendie a éclaté », raconte à L’OLJ Mahmoud Hammoud, un pêcheur de la région, qui se trouvait sur les lieux au moment du déclenchement du sinistre. « Une vision affreuse, poursuit-il. La mer a pris une couleur noire verdâtre dégoûtante, et il s’en dégageait une odeur asphyxiante de pétrole qui remplissait l’air ». Selon les observations de M. Hammoud, la marée noire, qui n’a apparemment fait l’objet d’aucun traitement sur place, a fini par contaminer la plage.

Rochers à risque

Interrogé par L’Orient-Le Jour au sujet des risques encourus du fait de cette marée noire, Manal Nader, directeur de l’Institut des études environnementales à l’Université de Balamand, Koura (Nord), affirme d’emblée que la fuite pétrolière provoquée par l’incendie affecte la biodiversité du littoral touché. « Avant de pouvoir estimer avec exactitude l’ampleur des dégâts, un rapport devrait être élaboré par les autorités concernées à la suite d’une inspection des lieux par des spécialistes », précise M. Nader. Les dégâts sur l’environnement résultant de l’incendie ne sauraient être mesurés, note-t-il, indépendamment de l’ampleur de la marée noire, de sa profondeur et de son entrée ou non en contact avec la plage et les roches.

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Selon l’expert, une plage de sable affectée par une marée noire finira par se nettoyer d’elle-même grâce au mouvement incessant des vagues. « Mais le grand danger réside dans le contact entre la nappe de pétrole et les rochers parce que ces derniers servent d’habitat à des espèces pour lesquelles ils représentent un véritable refuge », explique-t-il. « La reproduction chez ces espèces n’est pas un processus rapide ni facile, d’où la gravité de la situation au cas où elles se trouveraient affectées par un phénomène pareil », ajoute-t-il.

Non seulement la faune aquatique et marine risque d’être mise en péril par les fuites de pétrole, explique M. Nader, mais également les oiseaux migrateurs qui pourraient, en cette saison, atterrir sur les lieux. « En ce qui concerne la faune aquatique, les poissons ont le réflexe de s’éloigner des substances huileuses, tandis que les crustacés s’y accrochent », explique-t-il. La marée noire, note-t-il, est ainsi moins dangereuse si elle demeure à la surface de l’eau sans s’infiltrer dans les profondeurs. Jusque-là, l’incendie du week-end dernier ne semble pas mobiliser les instances officielles qui n’ont publié aucun communiqué sur le sujet, malgré sa gravité et son impact durable, dans une région déjà négligée par l’État et dont la pêche est l’une des activités économiques prédominantes.



S’il est vrai que l’incendie qui s’est déclaré samedi dans un oléoduc à Abdeh, dans le Akkar (Liban-Nord), n’a fait ni victimes ni blessés parmi les habitants, il n’en demeure pas moins que ses dégâts sur l’environnement marin sont importants, assurent témoins et experts.

Le sinistre, maîtrisé samedi en fin de matinée par les équipes de la Défense civile,...

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Les habitants de Zouk Mikhael ont ça tous les jours. A plus petite dose il est vrai, mais ça dure depuis 60 ans...

Gros Gnon

02 h 59, le 17 novembre 2020

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Commentaires (1)

  • Les habitants de Zouk Mikhael ont ça tous les jours. A plus petite dose il est vrai, mais ça dure depuis 60 ans...

    Gros Gnon

    02 h 59, le 17 novembre 2020