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Politique - Sanctions

Les visées présidentielles du chef du CPL plus que jamais compromises

Le député de Batroun devrait s’exprimer demain à midi.

Les visées présidentielles du chef du CPL plus que jamais compromises

Michel Aoun et Gebran Bassil.Photo tirée du compte Twitter de M. Bassil @gebranbassil

Une véritable secousse politique, surtout au niveau chrétien. C’est cet effet qu’ont eu les sanctions américaines infligées hier au leader du Courant patriotique, Gebran Bassil, candidat naturel à la présidence de la République, de laquelle il semble plus que jamais éloigné. Ce dernier, ex-ministre des Affaires étrangères et principal allié chrétien du Hezbollah, n’est pas la première personnalité de cette communauté à se voir visé par les sanctions américaines (l’ancien ministre Youssef Fenianos a été la cible de sanctions US en septembre). Mais il reste que cette décision est d’une importance politique non négligeable. Elle laissera donc certainement ses incidences sur la scène locale.

L'édito de Issa GORAIEB

Échecs et maths

Car Gebran Bassil n’est pas simplement le tout premier leader chrétien de grande envergure qui se retrouve ainsi dans le collimateur de l’administration américaine. C’est aussi le chef du plus grand bloc parlementaire chrétien et un homme qui se dit « candidat naturel » à la présidence de la République. Il est aussi et surtout le bras droit du chef de l’État, Michel Aoun, dont il est par ailleurs le gendre. Cette multitude de statuts fait du leader du CPL un des principaux protagonistes politiques, et un grand négociateur des ententes élargies conclues aux niveaux national et partisan. Les sanctions américaines d’hier sont donc certainement porteuses de plusieurs messages politiques en sa direction, notamment pour ce qui est de la présidentielle. Largement décrié par le mouvement de contestation du 17 octobre et adversaire de plusieurs partis politiques, M. Bassil, accusé de mener des calculs présidentiels prématurés, semble avoir plus que jamais compromis ses chances d’accéder à la magistrature suprême. « Gebran Bassil a perdu son opportunité d’accéder à la présidence », affirme à L’Orient-Le Jour Makram Rabah, analyste politique et professeur universitaire. Il est rejoint sur ce point par Farès Souhaid, président du Rassemblement de Saydet el-Jabal, et farouche opposant au mandat Aoun et à Gebran Bassil. « Il lui sera difficile de remporter la présidentielle, même s’il venait à bénéficier de l’appui de l’Iran et du Hezbollah », souligne M. Souhaid à L’OLJ. « Les sanctions américaines sont un moyen pour rappeler aux dirigeants libanais que le rapprochement avec l’Iran ne fait que les brûler », dit-il encore.

Hariri au pied du mur

Le mandat Aoun est lui aussi touché par les mesures sévères prises à l’encontre de M. Bassil, perçu comme l’homme fort du sexennat. Plusieurs observateurs considèrent d’ailleurs que quand cet ex-ministre des Affaires étrangères prend part à des négociations politiques, il y représente le président Aoun. Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, principal adversaire chrétien de M. Bassil, avait tenu des propos significatifs allant dans ce sens en août 2019. Dans une interview accordée à la chaîne MTV, il avait alors fait savoir qu’à chaque fois qu’il visitait Baabda, Michel Aoun l’appelait à s’entendre avec Gebran Bassil (et non pas avec lui).

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Cette forte corrélation entre MM. Aoun et Bassil fait dire à Joseph Bahout, directeur de l’Institut Issam Farès pour les politiques publiques et les affaires internationales à l’Université américaine de Beyrouth, que le mandat vient de subir « sa plus forte secousse ». Il estime que « c’est surtout le Premier ministre désigné, Saad Hariri, qui se trouve dans une position critique, dans la mesure où il lui sera difficile de conclure une entente autour de la prochaine équipe ministérielle avec un homme politique accusé de corruption de la part des États-Unis ». « L’équipe ministérielle risque donc de tarder à voir le jour, surtout si le tandem Baabda-CPL opte pour la surenchère en guise de réaction aux sanctions », explique M. Bahout.

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Quoi qu’il en soit, Gebran Bassil doit s’exprimer demain à midi à ce sujet. « Les sanctions ne m’effraient pas. Je ne me retournerai contre aucun Libanais et je ne sauverai pas ma personne au détriment du Liban. Je me suis habitué à l’injustice : nous sommes condamnés dans cet Orient à porter notre croix tous les jours... pour rester », s’est-il contenté de dire hier sur son compte Twitter en guise de réaction.

Une véritable secousse politique, surtout au niveau chrétien. C’est cet effet qu’ont eu les sanctions américaines infligées hier au leader du Courant patriotique, Gebran Bassil, candidat naturel à la présidence de la République, de laquelle il semble plus que jamais éloigné. Ce dernier, ex-ministre des Affaires étrangères et principal allié chrétien du Hezbollah, n’est pas la première personnalité de cette communauté à se voir visé par les sanctions américaines (l’ancien ministre Youssef Fenianos a été la cible de sanctions US en septembre). Mais il reste que cette décision est d’une importance politique non négligeable. Elle laissera donc certainement ses incidences sur la scène locale. L'édito de Issa GORAIEB Échecs et maths Car Gebran Bassil n’est pas simplement le tout premier leader...
commentaires (7)

"Les visées présidentielles du chef du CPL plus que jamais compromises". Pas sûr! Ce serait vrai dans n'importe wuel pays démocratique, mais pas nécessairement au Liban. Nous avons vu dans le passé le responsable de l'assassinât de 12 personnes devenir président de la république.

Yves Prevost

07 h 48, le 08 novembre 2020

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Commentaires (7)

  • "Les visées présidentielles du chef du CPL plus que jamais compromises". Pas sûr! Ce serait vrai dans n'importe wuel pays démocratique, mais pas nécessairement au Liban. Nous avons vu dans le passé le responsable de l'assassinât de 12 personnes devenir président de la république.

    Yves Prevost

    07 h 48, le 08 novembre 2020

  • Géniale la photo, il a l'air franc comme un cheval qui recule.

    Avette

    15 h 23, le 07 novembre 2020

  • Ne psychotez pas pour celui qui détient plus grand bloc parlementaire dans l'Assemblée . Parmi les deux ou trois personnalités qui briguent la présidence c'est lui ,Bassil qui a le plus de chance d'y accéder .

    Hitti arlette

    13 h 11, le 07 novembre 2020

  • C’est qu’il continue de nier le bougre et fidèle à sa ligne politique, il prétend donner une coloration confessionnelle anti-chrétienne à ces sanctions. La justice libanaise va-t-elle enfin se saisir du dossier pour enquêter sur ce personnage ainsi que sur ses acolytes politico-financiers.parce qu’il a raison sur un seul point: il y a bien injustice s’il est seul à tomber.

    Marionet

    09 h 35, le 07 novembre 2020

  • C’est une bombe aussi lourde à l’échelle du Liban que celle qu’a reçu l’Iran avec la liquidation de kassem Souleimani. La liquidation n’est certes pas physique mais la sanction qu’elle soit sur le plan politique, juridique et surtout morale est fatale. Mais pour que cela soit juste et constructif pour le Liban, il faut que toute la liste tombe.....

    Haddad aimé

    09 h 15, le 07 novembre 2020

  • "...je suis habitué à l'injustice...nous sommes condamnés dans cet Orient à porter notre croix tous les jours..." Réaction typique d'un enfant gâté= se poser en victime...! - Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 15, le 07 novembre 2020

  • Ma grand mère défunte a plus de chance de rêver à la présidence

    Robert Moumdjian

    04 h 26, le 07 novembre 2020

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