Un homme compte des dollars à côté de liasses de livres libanaises, le 1er octobre 2020 à Beyrouth. Photo REUTERS/Mohamed Azakir
La livre libanaise a de nouveau chuté hier face au dollar vendredi. Vendredi midi, le dollar s'échangeait autour de 7 300 livres, selon les applications qui rapportent le taux de change sur le marché noir. Jeudi, le dollar tournait autour de 7 150 livres.
Les raisons de cette chute ne sont pas claires. Mais elle intervient alors que l'administration du président américain Donald Trump s'apprêterait à sanctionner le chef du Courant patriotique libre, le député Gebran Bassil, pour son soutien au Hezbollah. Une décision qui pourrait compromettre la formation du gouvernement de Saad Hariri, dont le processus piétinait déjà dans un Liban en crise.
La livre a commencé à décrocher par rapport au dollar à partir du moment où la Banque du Liban a cessé, dès l’été 2019, d’injecter des dollars sur le marché pour soutenir la parité officielle de 1.507.5 livres pour un dollar en vigueur depuis 1997. Une mesure prise pour tenter de ralentir l’érosion de ses réserves de devises mais qui a déclenché une crise de liquidités qui couvait depuis des mois. Si la Banque du Liban (BDL) publie chaque jour le taux imposé aux agents de change agréés – à 3.900 livres le dollar depuis des mois – c’est bien le taux de change flottant adopté par les revendeurs illégaux qui fait office de métronome pour les agents économiques, lesquels adaptent leurs prix en fonction de son évolution.
Vendredi matin, le Wall Street Journal a publié des informations selon lesquelles M. Bassil serait sanctionné par les Etats-unis au cours de la journée. Ce serait la première fois qu'un leader politique chrétien libanais serait alors la cible de sanctions américaines.
Une dizaine de pays, avec à leur tête les États-Unis, considèrent le Hezbollah comme un groupe terroriste. Le 22 octobre, le Trésor américain avait sanctionné deux hauts responsables du parti pro-iranien, Nabil Kaouk et Hassan Baghdadi. En septembre, les États-Unis avaient annoncé des sanctions visant en particulier deux sociétés basées au Liban et un individu pour leurs liens avec le parti chiite. Quelques jours auparavant, ils avaient imposé pour la première fois des sanctions contre des responsables appartenant à des formations politiques alliées au Hezbollah. Ces sanctions avaient frappé les anciens ministres libanais des Travaux publics Youssef Fenianos, et des Finances Ali Hassan Khalil, pour "corruption" et soutien au Hezbollah. L'administration Trump envisage depuis des mois des sanctions contre Gebran Bassil mais aucune action concrète n'a encore été prise sur ce plan, faute de consensus parmi les responsables américains.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine