Le siège de la Banque du Liban (BDL) à Beyrouth, le 23 avril 2020. Photo REUTERS/Mohamed Azakir
La Banque du Liban (BDL) a annoncé mercredi avoir transmis toutes les informations concernant ses propres comptes au ministère des Finances, afin qu'il les remette à son tour au cabinet Alvarez & Marsal chargé de mener l'audit juricomptable des comptes de la banque centrale, invitant l'Etat à effectuer une demande de "relevé détaillé" de ses comptes ouverts à la BDL, qui sont également réclamés par l'entreprise d'audit.
Cette annonce a été faite alors que, quelques heures plus tôt, le ministre des Finances, Ghazi Wazni, s'est entretenu avec le directeur d'Alvarez & Marsal, James Daniell, du sort de l'audit que doit mener ce cabinet, afin qu'une décision soit prise à ce sujet "d'ici 24 heures".
Réagissant aux appels du gouvernement à fournir tous les documents et informations requis par le cabinet d'audit pour mener à bien sa mission, la BDL a souligné dans un communiqué avoir "remis au ministre des Finances tous les documents relatifs aux comptes de la Banque" centrale. Concernant les comptes de l'Etat, la banque centrale indique que l'Etat peut demander un relevé détaillé de tous ses comptes, afin de le fournir ensuite à d'autres parties. "Cela permettrait à la BDL d'éviter de violer la loi sur le secret bancaire, qui est contraignante, et donc d'être soumise à des conséquences pénales", précise l'institution.
En début de semaine, la ministre sortante de la Justice, Marie-Claude Najm, avait estimé que la loi sur le secret bancaire, utilisée par la BDL pour justifier la non-transmission d'une partie des documents réclamés, ne s'appliquait pas aux comptes de l'Etat et de la BDL. Cette prise de position de Mme Najm avait été suivie d'un communiqué acerbe du Premier ministre démissionnaire Hassane Diab, qui exhortait la Banque à envoyer les documents et dénonçait une "tentative de sabotage" de l'audit.
Dans son texte, la BDL estime "désolantes" les fuites dans la presse et sur les réseaux sociaux concernant les dossiers transmis à Alvarez & Marsal par l'intermédiaire du ministère des Finances, soulignant que cela constitue une violation de la loi ainsi que des termes du contrat conclu entre l'Etat et le cabinet d'audit. Au cours du week-end, des documents liés à l'audit juricomptable avaient fuités par le magazine américain Forbes.
La banque centrale a par ailleurs rappelé avoir fourni aux cabinets KPMG et Olivier Weyman, chargés de l'aspect purement comptable de l'audit, "tous les documents demandés".


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